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Parti politique : le Sdf, un bateau ivre ?

A la faveur de la fête de l’Unité nationale, cette formation a laissé éclater au grand jour, des fractures et des prises de position divergentes masquant à peine, une tempête qui semble vouloir chambouler les fondements de l’un des principaux partis poli- tiques au Cameroun, à la croisée des chemins…

Le 26 mai prochain, le Social democratic front (Sdf) va souffler sur sa 32eme bougie. Contre toute attente, c’est à 32 ans, un âge assimilable à la maturité, que le parti, dirigé depuis sa sortie des fonts baptismaux, par le charismatique Ni John Fru Ndi, étale ses dissensions internes. Du coup, le Sdf apparait à la face du monde, comme un bateau ivre, un navire qui tangue, une embarcation en zone de turbulences, subissant des tempêtes susceptibles de l’engloutir.

La récente célébration du cinquantenaire de l’unité du Cameroun, le 20 mai 2022, avec la reprise des parades et défilés sur l’étendue du territoire, après deux ans d’hibernation pour cause de la pandémie à coronavirus, à laisser poindre des lignes de fractures internes à cette formation politique.

De ce point de vue, l’opinion est fondée à se demander si Fru Ndi tient toujours ferme le gouvernail du parti à défaut d’avoir une maîtrise quasi parfaite de l’ensemble de ses troupes. A la veille du 20 mai, nombre de présidents régionaux du Sdf, notamment ceux du Littoral, avec Jean Michel Nintcheu, du Centre d’Emmanuel Ntonga, de l’Adamaoua avec Aboubakar Siroma et de l’Ouest, Florent Tchangop, ont ouvert une ligne de front en appelant au boycott du défilé civil et militaire dans leurs circonscriptions électorales respectives.

Une posture qui a provoqué la sortie du Chairman, battant en brèche cet appel au boycott appuyé sur une des résolutions du Nec qui décida en son temps, de la non-participation du Sdf aux festivités célébrant l’unité nationale, tant que la crise dans les régions du Nord- ouest et du Sud-ouest, sévit.

Question nationale

Le communiqué du président national du Sdf informait pour ainsi dire, «toutes les structures du parti, capables de mobiliser les militants de participer au défilé civil du 20 mai 2022. Fustigeant au passage les tenants du boycott qui ont inondé les réseaux sociaux d’information

«infondée et injustifiée». Une réaction du Chairman fort opportune, ayant tiré nombre de militants du parti de la Balance de l’embarras et de la gêne provoqués par une aile dure du parti, finalement mise en minorité. Et pour cause, à l’épreuve des faits, selon des échos parvenus au Messager, les militantes et militants du Sdf dans le Littoral, notamment à Douala, Loum, Nkongsamba, dans le Centre, à Yaoundé, à l’Ouest, Bafoussam, Foumban…ont pris une part active aux festivités, en allant battre le pavé dans le cadre de la parade civilo-militaire organisée à cette occasion.

Pour certains militants du Sdf, les postures prises par Jean Michel Nintcheu, Emmanuel Ntonga, Aboubakar Siroma et Florent Tchangop, des responsables des exécutifs régionaux, sur une question nationale, les disqualifient. Et pour cause, la participation ou non à la célébration de la fête de l’unité du Cameroun est un sujet qui relève du champ du bureau national du parti.

En prônant le boycott malgré le rappel à la mobilisation du parti pour le défilé du président national, sonne comme une activité contre le parti. Ce d’autant que Fru Ndi avoue avoir reçu des appels incessants des militants favorables au défilé. Faut-il en conclure que ces présidents régionaux se sont délibérément exposés à l’application des sanctions disciplinaires, notamment le fameux 8.2 ? A voir…

Le Messager

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