À quinze jours du sacre de Louis Din Dika Akwa, prévu le 10 octobre sur les berges du Wouri, un point du programme reste bloqué : l’étape rituelle au sanctuaire de Mbanya, considérée par les chefs du canton comme le passage obligé pour que l’intronisation ait une pleine valeur coutumière. Sans cette onction, disent les traditionnalistes, un roi Akwa ne gouverne pas pleinement.
C’est dans ce contexte que les chefs traditionnels du canton se sont tournés, ces derniers jours, vers les autorités administratives du Littoral pour obtenir un feu vert clair sur l’accès au site. Les réponses obtenues se contredisent frontalement. Le gouverneur du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, a donné son accord pour que le rite se déroule « en paix ». Le préfet du Wouri, Sylyac-Marie Mvogo, a lui affirmé qu’aucune cérémonie sacrée ne pourrait s’y tenir.
Le désaccord n’a rien d’anodin. Il s’enracine dans un contentieux administratif ouvert depuis 2020, année où une chefferie de troisième degré avait été créée sur le site par arrêté préfectoral, avant que le Tribunal administratif du Littoral n’annule cet acte en mai dernier, décision aujourd’hui frappée d’appel.
Le Ngondo, l’assemblée traditionnelle sawa, a tranché de son côté en confirmant, dès août, que le sacre se tiendrait bien à Mbanya. Dix-neuf chefs du canton ont tenté, le 19 septembre, une clarification en distinguant plusieurs parcelles sur le site, sans pour autant réconcilier les positions du gouverneur et du préfet.
À ce climat de confusion administrative s’ajoutent des relations personnelles tendues entre les deux responsables, publiquement affichées en mai dernier. Aucune instruction officielle du ministère de l’Administration territoriale n’est venue trancher, à trois semaines d’une cérémonie déjà annoncée aux invités et aux populations sawa.

