L’affaire des quatre journalistes interpellés pour le vol présumé des lunettes du ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire Alamine Ousmane Mey prend une tournure politique. L’UDC y voit une autre forme d’atteinte à la démocratie.
Dans une déclaration officielle signée de son président national, le maire Hermine Patricia Tomaino Ndam Njoya, l’Union démocratique du Cameroun (UDC) ne mâche pas ses mots. Elle exige clairement la réparation du préjudice subi par les journalistes ainsi que des excuses publiques. Pour le parti du regretté Adamou Ndam Njoya, l’incident survenu les 16 et 17 septembre 2026 en marge des Journées de la Banque islamique de développement au Palais des Congrès est « aussi insolite que fâcheux, car des plus dégradant ».
L’Union démocratique du Cameroun se demande comment on peut comprendre que des journalistes en plein exercice de leur métier soient confondus avec de vulgaires voleurs. Qu’ils soient à la va-vite aussi facilement jetés en cellule et à la vindicte populaire. La formation politique rappelle le fait le plus accablant : selon les déclarations des victimes, les lunettes auraient été retrouvées dès le 17 septembre à l’intérieur même du véhicule du ministre, alors que les journalistes François Essomba, Igor Gwet Bibey, Solange Djuikam et Pierre Mouchili sont restés en garde à vue au commissariat central n°1 jusqu’au 21 septembre, dans des « conditions de tristes renommées ».
Dénonçant un tel traitement, le parti énonce cinq exigences : il rappelle que la presse, Quatrième pouvoir, mérite considération. S’indigne de la « clochardisation de nos Médias » par le régime. Réaffirme son engagement pour une presse fière et libre. Exprime sa désolation aux quatre victimes. Et surtout, demande que réparation soit faite et que des excuses publiques soient présentées.
La position de l’UDC qui rejoint celle du Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication –SPIC- qui, reçu mercredi par le ministre de la Communication René Sadi, avait déjà jugé les excuses publiques « non négociables ». Pourtant, le ministre de l’Economie a fait une déclaration tendant redonner aux professionnels de la presse leur position.
Une déclaration du ministre jugée insuffisante
Sorti de son silence, le ministre Alamine Ousmane Mey a déclaré : « À propos des médias, j’ai une très grande estime pour la profession. J’ai du respect pour les journalistes qui en assument la responsabilité. Rien ne pourra réduire cette estime à la dimension physique d’une paire de lunettes, encore moins à sa valeur vénale. » Une phrase qui se veut apaisante, mais qui pour de nombreux observateurs et pour l’UDC, ne suffit pas.
Car derrière les mots, il reste 5 jours de cellule, une humiliation publique et des journalistes sous observation médicale pendant 21 jours. Pour une paire de lunettes retrouvée dans la voiture du ministre lui-même, les professionnels attendent mieux qu’une formule : ils attendent des actes, une réparation et de vraies excuses publiques.

