Camerounactuel

Enseignements secondaires : cette dangereuse grève silencieuse

Les menaces du Gouvernement en réponse au mot d’ordre de grève des syndicats et organisations d’enseignants, ont poussé certains à adopter des postures qui tuent à petit feu l’éducation dans les lycées du Cameroun.

Le Gouvernement s’en vante. Le 5 septembre dernier, le mouvement d’humeur des enseignants fonctionnaires qui devait démarrer dès le premier jour de classe, n’a plus eu lieu. Cela veut-il cependant dire que les enseignants ont renoncé à leurs revendications? Pas certain. Plusieurs parmi eux, renseignent qu’ils ont simplement changé de stratégie.

«Puisque le Gouvernement pense qu’au lieu de résoudre notre problème, il a va plutôt nous intimider, j’ai décidé de ne plus trop ne casser la tête. Peu à peu, ma conscience professionnelle s’étiole», confie un enseignant.

«Quand j’arrive en classe, je mets le plan de ma leçon sur le tableau et je rentre m’asseoir pour échanger avec les élèves. Puisque le Gouvernement veut nous voir en classe, j’y suis; mais est-ce que j’enseigne? Je ne crois pas», poursuit cet enseignant.

«Puisque ces gens du gouvernement n’ont pas d’enfants dans les lycées, ils s’en foutent. Mais il en sera ainsi jusqu’au jour où le Gouvernement va enfin se décider d’apporter des réponses concrètes à nos revendications au lieu de faire dans le dilatoire ou procéder par des menaces», conclut-il.

Baisse de niveau dans les lycées

Si cet enseignant démotivé fait savoir que c’est depuis l’année scolaire en cours qu’il a adopté cette nouvelle posture, plusieurs de ses collègues moins engagés lors des manifestations, expriment par contre de cette façon leur colère, depuis l’année. L’une des conséquences remarque-t-il, est la baisse globale du niveau d’éducation

dans les établissements scolaires secondaires publics. Les résultats des examens de l’année scolaire 2021-2022, fait-il observer, ont été moins positifs dans les lycées que les collèges privés où les mentions ont été plus nombreuses.

Les lycées de plus en plus désertés

Le climat pas toujours serein dans les lycées débouche déjà à des conséquences négatives dont une des plus frappantes, est la baisse considérable du nombre d’élèves par classe. En raison de cette baisse, beaucoup de lycées ont mis un terme au système de mi-temps après la première semaine de classe cette année scolaire 2022-2023.

Par contre dans les collèges, les effectifs vont grandissants. Redoutant une nouvelle paralysie en pleine année scolaire, des parents ont préféré ne pas prendre de risque.

La Nouvelle Expression

Partager

Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on whatsapp
Share on telegram
Share on email

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Dernières nouvelles

Les plus lus

Lire aussi