Routes, énergie, développement : Me Simon Serge Kack Kack réclame le retour aux Plans Quinquennaux

Cameroun Actuel
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Face aux difficultés persistantes dans les infrastructures routières et le secteur de l’énergie, l’Association panafricaniste Juristes d’Afrique pour la Bonne Gouvernance plaide pour un retour à une planification quinquennale du développement au Cameroun.

Dans une tribune consacrée à l’histoire des politiques de développement du pays, son coordonnateur exécutif, Me Simon Serge Kack Kack, propose de renouer avec le modèle des Plans Quinquennaux mis en œuvre après l’indépendance.

« Nous proposons fermement la mise en place et l’implémentation d’une gouvernance programmative et planifiée matérialisée par un retour pur et simple aux Plans Quinquennaux des années 60 », écrit-il.

Cette proposition intervient alors que le Cameroun continue de faire face à des défis importants en matière d’infrastructures et d’accès à l’électricité. L’association estime que la planification à moyen terme pourrait permettre de mieux hiérarchiser les investissements publics et de fixer des objectifs précis par secteur.

Lire la chronique de Me Simon Serge Kack Kack :

« Bonjour chers compatriotes.

Ne pouvant rester indifférente au délabrement catastrophique des infrastructures routières et au déficit énergétique chronique qui plombe de manière suicidaire, le développement du Cameroun, l’Association Panafricaniste Juristes d’Afrique pour la Bonne Gouvernance dont je préside aux destinées, propose, dans une posture patriotique et républicaine, le retour aux Plans Quinquennaux implémentés de 1960 à 1986 au Cameroun;

Les Plans Quinquennaux ont été les outils de planification économique et sociale mis en place par le Gouvernement de la République du Cameroun de 1960 à 1986 pour orienter le développement du pays;

Il y a eu cinq Plans Quinquennaux qui ont été véritablement mis en oeuvre;
Il s’agit Premier Plan Quinquennal (1960-1965), du Second (1966-1971), Troisième(1972-1976), le Quatrième(1976-1981) et le Cinquième(1981-1986);

Dans l’optique de permettre à l’opinion publique de cerner la pertinence et le bien fondé de notre réclamation, nous nous imposons le devoir de dévoiler le contenu, les objectifs et les réalisations de chacun de ces Plans Quinquennaux qui ont eu le mérite de structurer notre économie et de poser les bases d’un développement durable;

Nous consacrons la présente Publication aux deux premiers Plans Quinquennaux ;

Comme nous l’avons fait observer supra, le Premier Plan Quinquennal du Cameroun couvre la période 1960 -1965;
Il marque le début de la planification économique et sociale du pays juste après son accession à la souveraineté internationale;
L’ardoise financière consacrée à ce Plan Quinquennal était de 53,18 Milliards et les secteurs prioritaires ciblés étaient les infrastructures, le développement rural et l’agriculture;
Les infrastructures représentent la priorité majeure avec 45,8% des investissements prévus pour désenclaver le pays et relier toutes les régions du pays;
Le développement rural et l’agriculture représentent 18,8% des investissements axés sur l’organisation du paysannat et le développement des cultures d’exportation comme le cacao, le coton, l’arachide, le palmier à huile, etc….;

Ce Plan s’inspire directement des Plans du Fonds d’Investissement pour le Développement Economique et Social des Territoires d’Outre- Mer mis en place en 1945 et en 1953;

Il importe de rappeler à toutes fins utiles que ce Plan Quinquennal a été élaboré au niveau local sous la direction de Augustin Frédéric KODOCK, alors Directeur de l’Orientation Economique au Ministère de l’Economie;

Le Deuxième Plan Quinquennal du développement économique et social du Cameroun a couvert la période 1966-1971;

L’enveloppe financière y consacrée par le Gouvernement était de 165,17 Milliards de Francs CFA, soit trois fois le volume financier du Premier Plan Quinquennal;

Considéré comme le  » Plan du Paysan » par ses concepteurs, ses objectifs étaient les suivants:

– Le développement rural avec un accent particulier sur l’augmentation de la production des cultures d’exportation et l’organisation du paysannat pour lutter contre l’exode rural;

Cet objectif a été atteint car c’est pendant cette période que le Gouvernement a créé les Zones de développement intégrées comme l’opération Yabassi- Bafang dénommée SODENKAM et la Zone d’Actions Prioritaires Intégrées de l’Est (ZAPI Est);

– Les infrastructures qui ont bénéficié de 23,86% des investissements prévus dans ce Second Plan Quinquennal;

Cet objectif a également été atteint avec pour principale réalisation le lancement effectif du prolongement de la ligne du chemin de fer Transcamerounais Yaoundé- Ngaoundéré passant par Obala, Batchenga, Mbandjock, Nkoteng, Nanga- Eboko, Belabo et Ngaoundal entre autres;

Cette réalisation a permis d’amorcer le désenclavement de la Province de l’Est à l’époque et de relier Yaoundé à la grande Province du Nord;

– Energie et Industrie: dans le cadre de l’implémentation de ce Plan Quinquennal, les secteurs énergétique et industriel ont enregistré le démarrage des travaux du barrage -réservoir de Mbakaou et l’essor des entreprises agroalimentaires et industrielles telles que la Société Sucrière du Cameroun (SOSUCAM) basée à Mbandjock, la CHOCOCAM à Douala ou le laminoir de la SOCATRAL à Edéa;

– Urbanisme: Adoption en 1968 du Code de la Construction et de l’Habitation ainsi que du Code de l’Urbanisme, suivie du lancement dans la foulée par la Société Immobilière du Cameroun(SIC) de la construction des logements à caractère social et économique.

Dans cette situation, notre Association à travers la présente tribune propose au Président de la République, Chef de l’Etat, le retour aux Plans Quinquennaux, ce paradigme de programmation et de planification du Développement qui a immensément fait ses preuves dans l’histoire économique et sociale du Cameroun;

Ne nous leurrons pas, tous les cadres de référence de la politique économique et sociale implémentés après la mise à l’ecart des Plans Quinquennaux se sont revélés inaptes à impulser l’émergence du pays à l’horizon 2035 telle qu’escomptée à grand renfort de publicité par l’ordre gouvernant 1982;

Il s’agit notamment des Plans ou Programmes d’Ajustement Structurel proposés le Fonds Monétaire International(FMI) à la fin des années 80;

Il en est aussi du Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté(DSRP) lancée en 2003 pour le compte de la décennie 2000-2010 et le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi(DSCE) conçu et mis en oeuvre pendant la période 2010-2020;

Même la Stratégie Nationale du Développement 2030(SND 30) actuellement mis en oeuvre pour la décennie 2020-2030, ne présente guère des perspectives rassurantes d’autant plus que cette Stratégie laisse plutôt transparaître une mal gouvernance multidimensionnelle illustrée par une médiocrité dans la réalisation des travaux d’infrastructure et de manière corollaire des détournements massifs des deniers publics;

De ce qui présente, nous proposons fermement la mise en place et l’implémentation d’une gouvernance programmative et planifiée matérialisée par un retour pur et simple aux Plans Quinquennaux des Années 60;
Nous y reviendrons.

Bonne journée et bonne lecture à tous.

Chronique réalisée par
Me Simon Serge KACK KACK
Coordonnateur Exécutif de l’Association Panafricaniste Juristes d’Afrique pour la Bonne Gouvernance
Téléphone: 00237697063703/ 002376979906018
Email: [email protected]

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