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Armand Okol : « détestez le chef de l’Etat, pas l’homme Biya »

Cette image illustrant l’audience accordée hier par le Président de la République du Cameroun à l’ambassadeur de France est assurément la plus virale de ces 24 heures dans notre pays.

Chacun y est allé de son commentaire.  Et soyons honnête de le reconnaître, la côte de popularité du locataire d’Étourdi s’est accrue, du moins pour quelques jours.

Non pas forcément parce qu’il est subitement devenu plus sympathique qu’il ne l’était par le passé, mais bien plus du fait de l’effet boomerang des attaques abjectes de ses ennemis qui depuis un mois environ avaient fait circuler toutes sortes de fantasmes qu’il n’apparaîtrait plus sur ses deux jambes, dans ce monde en tous cas.

Certains parmi ces roublards s’étaient même déjà découvert des talents de scénaristes arguant détenir des preuves irréfutables de sa disparition.  Normal donc que les gens se soient arraché la photo comme de petits bouts de pains. La preuve béton de ce qu’il est encore parmi nous, en chair et en os.

Paul BIYA, (l’homme aux sept vies) en bon sphinx n’a pas manqué lors de cette apparition de snober ses nombreux détracteurs. En pleine crise du Covid-19, il ne s’est pas encombré du masque comme l’a fait son visiteur (ce qui aurait assurément encore fait jaser dans les chaumières), il s’est présenté comme qui dirait à visage découvert.

Les stratèges et autres experts qui œuvrent à soigner son image ont certainement voulu montrer à l’opinion nationale et même internationale que non seulement c’est bel et bien lui, mais qu’il est en super forme, et surtout que le fameux virus qui sévit en ce moment ne l’a pas atteint. Finie la rumeur.  Essai non concluant.  Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, il faudra encore faire avec lui.

Les rêveries autour d’une éventuelle vacance à la tête du pouvoir sont ainsi stoppées nettes. Les copies renvoyées à leurs auteurs, avec immanquablement mais suffisamment en exergue écrit dessus constatation chimérique. Et avec un peu de sarcasme le correcteur a rajouté au bic rouge la mention hors sujet.

Au-delà d’une simple apparition de « l’homme Lion » donc, une véritable interpellation à l’endroit de ces con-patriotes qui ont fait de l’éventualité de la mort d’un individu un projet de vie.  Quelle absurdité! Quelle stupidité! Quelle bêtise!

Quel plaisir un être humain équilibré, détenant l’entièreté de ses sens pourrait bien avoir à faire des incantations pour souhaiter voire disparaître un de ses semblables! Qui plus est, dans notre contexte des peuples Bantous où atteindre le troisième âge devrait davantage être considéré comme une grâce!

En raisonnant même par l’absurde, c’est à se demander comment certaines gens peuvent un seul instant imaginer qu’il suffira juste que le Président de la République ne soit plus là (nul n’est immortel) pour que leurs vies deviennent rose du jour au lendemain.  Vraiment nul et insipide un tel raisonnement tiré par les cheveux.  Certes en tant que Chef de l’État il gère mal le pays, et celui-ci va mal, disons même très mal.

C’est vrai, la misère, la pauvreté, la corruption, les détournements nous asphyxient au quotidien. Oui, la souffrance du peuple est galopante. Et la liste des récriminations est loin d’être exhaustive.  Mais est-ce pour autant et suffisant pour nourrir en permanence contre sa personne le vœu de le voir partir de ce monde?

Quid de sa famille constituée à bien des égards d’innocentes personnes qui pour la plupart ne sont logiquement pas forcément comptables de sa mauvaise gestion de la République et dont la présence sur cette terre est nécessaire? Le Président BIYA peut être critiqué à volonté, voué aux gémonies, traîné dans la boue, vilipendé au besoin.

Mais l’homme BIYA, créature de Dieu au même titre que nous se doit d’être épargné par ces innombrables invocations mortifères. Nous avons obligation de savoir faire la part des choses.  Car la vie est sacrée. Elle appartient à Dieu. C’est de son ressort exclusif.  D’ailleurs la mort d’un homme, fut-il Président de la République et Chef de l’État ne saurait être considérée comme un projet de société.  Alors sachons raison garder.

Point final!

 

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