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Parti-Etat : le cri d’alarme d’Olivier Bilé

Enseignant des Universités, homme politique et président du Mouvement « Les Libérateurs », il vient d’écrire au Conseil constitutionnel, sur les dangers qui guettent le Cameroun, de laisser le pays sombrer dans une léthargie institutionnelle qui conduit tout droit vers le chaos.

Dans un contexte où l’opinion cri à-tue- tête que l’égoïsme de certains opposants plombe l’alternance politique au Cameroun, tandis que le pouvoir s’obstine à ne plus laisser se tenir les réunions et les manifestations des partis politiques à l’idéologie et stratégie diamétralement opposée aux siennes, le Professeur Olivier développe plusieurs arguments fondés sur la constitution et sur les faits.

De prime abord les constats faits sur la vie politique au Cameroun sont effroyables et alarmants : « le projet politique de démocratisation globale du Cameroun a été profondément dévoyé et corrompu par le système institutionnel du part-Etat qui continue de prévaloir malgré le passage du parti unique au multipartisme depuis plus de 30 ans déjà ».

Selon le Professeur, il existe au Cameroun « un régime autocratique voire une monarchie déguisée » qui prévaut. Cette situation « gangrène la démocratisation et, paradoxalement, maintient le pays dans un régime de monolithisme poli- tique de facto ». Olivier Bilé révèle pêle-mêle les fraudes diverses, les pratiques électorales douteuses, le marchandage de vote, toute chose qui empêche « qu’une dynamique d’alternance claire, équilibrée et vertueuse puisse voir le jour ».

Quelque morceau choisi du courrier adressé à la Haute Attention de Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel de la République du Cameroun : « Remarquons que le jeu politique camerounais est enlisé dans une logique clientéliste, corruptrice, opportuniste et d’achats des consciences à ciel ouvert sur le budget de l’Etat. Un tel jeu politique est, assurément, improductif et dangereux pour le pays.

Ce phénomène se révèle désormais encore plus périlleux dans la mesure où il a fini par générer d’autres phénomènes tels que le tribalisme et le replis identitaire, menaçant par là-même les bases d’unité et d’intégration nationales, toutes choses qui, comme vous pouvez le constater, menacent de mener le pays vers le chaos ».

Et Olivier Bilé de conclure sur le chapitre des constats : « Observons que depuis 1992, toutes les institutions et ressources humaines, financières et matérielles de l’Etat, sont au service d’une même chapelle politique, celle du Rdpc au pouvoir ».

Facteur d’immobilisme

Conséquemment, Olivier Bilé demande au Conseil constitutionnel de s’auto saisir en vertu de l’article 3-1 de la loi N° 2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du Conseil constitutionnel, sur la « Non-conformité constitutionnelle du système institutionnel, politique et électoral entretenu par le part-Etat Rdpc depuis 1992, dûment constatée par la Haute instance constitutionnelle » ; le président du mouvement des « Libérateurs » exige, au nom de tous les membres, « le démantèlement de l’ordre institutionnel éminemment frauduleux du part-Etat qui, de surcroît est devenu, en dépit des apparences de stabilité, facteur d’immobilisme, motif de blocage du jeu politique et démocratique, cause de résurgence alarmante du tribalisme et de la haine sociale, menace de précipitation du pays vers la guerre civile et le chaos » ; sollicite qu’une législation et une réglementation idoine déconstruise et mette fin à l’ensemble des mécanismes de collusion entre le parti au pouvoir et l’Etat.

Pour s’en convaincre de la qualité et de la capacité à saisir le Conseil Constitutionnel, Olivier Bilé évoque deux arguments : tout d’abord le Conseil Constitutionnel en sa qualité d’arbitre de l’ordre institutionnel national et d’organe régulateur de fonctionnement des institutions, sur la base de l’article 46 de la Constitution, entre autres ; ensuite Olivier Bilé évoque son expérience pour avoir participé à la présidentielle de 2011 en tant que candidat, les municipales de 2013 qui furent couronnées par une victoire providentielle dans la Commune de Yabassi, et enfin les législatives et municipales de 2020 auxquelles son parti politique l’UFP avait également participées.

Aux dernières nouvelles, le Conseil constitutionnel a déjà accusé réception du courrier et la date de l’audience est d’ailleurs fixée au jeudi 28 avril 2022 à 11 heures 30 minutes, dans la salle d’audience du conseil constitutionnel sis au hall du palais des congrès de Yaoundé.

Le Messager

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