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MRC : passation sans heurts, Mota s’incline et Kamto reprend les rênes

Mamadou Mota, qui avait assuré l’intérim à la tête du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), a remis ses fonctions au professeur Maurice Kamto, qui a réintégré le parti après avoir démissionné pour se présenter à l’élection présidentielle de 2025.

La passation de pouvoir a eu lieu lors du congrès en ligne du parti, le dimanche 21 décembre. Mamadou Mota retrouve ainsi son ancien poste de premier vice-président.

S’adressant aux camarades ce même dimanche, il a affirmé n’avoir subi aucune manipulation et que ses décisions étaient prises en toute indépendance. Selon lui, cette passation de pouvoir était conforme aux statuts du parti.

Maurice Kamto avait quitté le MRC pour rejoindre le parti MANIDEM afin de se présenter à l’élection présidentielle de 2025, pour laquelle il a finalement été disqualifié. Il avait dû rejoindre ce parti car le MRC ne remplissait pas les critères d’éligibilité.

Mota rend hommage aux héros politiques tombés au combat

Outre l’accueil de ses collègues et la passation de pouvoir, Mota a également rendu hommage à Anicet Ekane, président du Manidem, décédé en détention militaire.

« Nous pensons aussi à nos alliés, arrêtés et traduits devant des tribunaux militaires. Certains sont décédés depuis ; “Chaque mort est un assassinat”, comme disait Jean-Paul Sartre. La disparition du leader Anicet Ekane nous interpelle et doit nous inciter à la vigilance. Ce traitement infligé à toute voix dissidente est le reflet de l’oppression qui frappe quiconque ose remettre en question l’ordre établi. Leur courage est notre force », a-t-il déclaré.

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Il a assuré aux membres qu’ils incarnent l’engagement, la résilience et l’espoir qui animent le MRC.

Il a également révélé que le parti MRC avait accueilli de nouveaux membres ces derniers mois. « Grâce à un travail de terrain acharné, nous avons enrôlé de nouveaux militants – des citoyens ordinaires qui ont décidé que l’inaction n’était plus une option. Leur adhésion prouve que notre message trouve un écho et que notre vision d’un Nouveau Cameroun est partagée par un nombre croissant de nos compatriotes », a-t-il déclaré.

La volonté souveraine du peuple bafouée

Réagissant à l’élection présidentielle remportée par Paul Biya malgré de nombreuses allégations de fraude, Mota a affirmé qu’ils ne pouvaient aller de l’avant sans dénoncer l’injustice qui les a tous profondément marqués.

« L’élection présidentielle, qui aurait dû consacrer le choix souverain du peuple, a été entachée. Un pirate informatique infiltré, dont l’identité reste protégée par les plus hautes sphères du pouvoir, a orchestré l’élimination de notre candidat, le professeur Maurice Kamto. Cette prise de pouvoir, un acte d’une lâcheté inouïe, a causé un tort immense non seulement à notre parti, mais aussi à l’idéal démocratique même de notre pays. C’est un acte que l’histoire jugera et que nous n’oublierons jamais », a-t-il déclaré.

Il a réaffirmé que le MRC est et restera un parti républicain. « Nous n’avons jamais agi en dehors du cadre légal défini par la Constitution. Notre bonne foi et notre attachement à la loi ont toujours été notre rempart. Mais face à cette bonne foi, le gouvernement n’a offert que l’oppression et l’ostracisme », a-t-il déclaré.

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Il a appelé à l’unité et au pardon au sein du parti, affirmant que personne ne devait être considéré comme un ennemi. Il a insisté sur la nécessité de résoudre les différends par le dialogue.

« Chers amis, nous faisons le nécessaire ! Nous posons les fondements d’un Cameroun où la justice ne sera plus un vain mot et où le changement ne sera plus une utopie. »

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