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Grève des enseignants : le gouvernement veut décapiter Ots-Ota

Des initiatives conjuguées, les plus ouvertes pour la décapitation des mouvements grévistes « on a trop supporté (Ots) et on a trop attendu (Ota) » viennent du ministre des Enseignements secondaires (Minesec) et de son collègue de l’Administration territoriale (Minat).

La dernière initiative en date vient de Paul Atanga Nji, le patron de l’Administration camerounaise. Dans une correspondance adressée aux dix gouverneurs des régions le 6 mai dernier, avec pour objet « identification des pseudo- représentants et adhérents des mouvements Ots-Ots », l’homme politique est vent debout contre ces enseignants grévistes qui à ses yeux doivent être combattus avec acharnement.

« Vous voudrez bien procéder dès ce jour, à l’identification systématique et à l’interpellation, le cas échéant, des signataires des « tracts » véhiculés par les mouvements Ots-Ota conformément aux lois et règlements en vigueur », prescrit le ministre de l’intérieur aux gouverneurs des régions.

Bien plus, il leur ordonne de tenir la main ferme contre les enseignants absents à leurs postes sans aucune raison valable. Par ailleurs, il rejoint l’esprit de la sortie du Minesec en date du 28 avril 2022, qui engageait les délégués régionaux de son ministère à travailler avec les gouverneurs.

« J’ai l’honneur de vous engager à bien vouloir acheminer les dossiers des personnels indisciplinés dans les services des gouverneurs de région au plus tard le 5 mai 2022, en vue de l’organisation des conseils de discipline», écrivait in extenso dans sa lettre, Pauline Nalova Lyonga.

Elle demandait en outre à ses collaborateurs de rappeler aux chefs d’établissement et autres supérieurs hiérarchiques « de servir systématiquement des demandes d’explication aux personnels qui se distinguent par des comportements répréhensibles ».

C’est dans cette optique qu’il faut com- prendre l’entrée en scène du Minat d’appliquer en toute rigueur « les sanctions prévues par les textes en vigueur conformément à la lettre du Minsec ».

La politisation de la grève Ots-Ota

Dans sa lettre aux gouverneurs, Paul Atanga Nji jette le pavé dans la mare en indiquant que certains enseignants grévistes des mouvements Ots-Ota, « ont été surpris en pleine réunion avec les responsables de partis politiques et d’Ong », sans toutefois donner l’identité de ces responsables des partis politiques et des Ong. Il laisse comprendre tout simplement que l’objet des échanges n’avait aucun rapport avec les doléances des enseignants, « mais plutôt des projets politiques à caractère insurrectionnel ».

Pour tempérer le choc de la nouvelle, le ministre indique que « les suspects sont actuellement en cours d’exploitation ». Tout ceci présage de toute évidence des lendemains sombres pour les enseignants tentés par le désir de poursuivre avec la grève en dépit des pro- messes gouvernementales qui se matérialisent progressivement de l’avis même du Minat.

Dans le chapelet de détestation d’Ots-Ota, Atanga Nji ajoute une couche en précisant qu’il apparaît qu’à ce jour, ces mouvements disposent d’une centaine de représentants. Ce qui aux yeux du ministre, certainement que ce nombre résiduel comparativement à la masse numérique du corps enseignent, confirme « leur caractère illégal couplé au fait que le gouvernement se trouve confronté à chaque fois à de nouveaux interlocuteurs avec des revendications additionnelles ».

C’est ainsi dire que les gouverneurs sont appelés par le ministre à identifier et à traquer les représentants d’Ots-Ota sur le territoire national. Le gouvernement ne veut donc plus entendre parler de la grève des enseignants venant d’Ots-Ota.

Le Messager

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