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Ce que Ngoh Ngoh pense du mandat d’amener contre lui

Selon les informations de Jeune Afrique, le parquet du tribunal criminel spécial, à émis un mandat d’amener contre le tout-puissant secrétaire général de la présidence camerounaise.

Le ministre d’État, qui a refusé de se présenter devant les juges le 18 octobre peut-il être arrêté ? Explications.

Ferdinand Ngoh Ngoh avait été convoqué “physiquement” le 18 octobre dernier par les enquêteurs, afin d’y être auditionné dans le cadre du “Covidgate”, un scandale consécutif à plusieurs cas de détournement de deniers publics et de surfacturation documentés par un rapport de la Cour des comptes. Contacté par Jeune Afrique, l’un des proches du secrétaire général de la présidence (SGPR), estime que cette procédure s’apparente à un “harcèlement” visant à affaiblir le principal collaborateur de Paul Biya dans le but de pousser le président à le “lâcher”.

Toujours selon son entourage, Ngoh Ngoh a refusé d’aller se faire auditionner car aucun indice sérieux ne justifie qu’il soit visé dans le cadre de cette procédure et donc, entendu. D’après ses partisans, les détournements et autres irrégularités dénoncés par le rapport de la Chambre des Comptes de la Cour Suprême sont antérieurs à la création au sein de la présidence, de la fameuse task force à laquelle le gouvernement avait délégué la gestion de la riposte anti-Covid.

Perte de 14 milliards de F CFA

Courrier portant création de la Task force chargée de la gestion de la lutte anti-Covid au Cameroun. Selon eux, tout commence avec un décret signé le 22 juillet 2020 qui répartit à 24 administrations sectorielles, un budget de 180 milliards de francs CFA; essentiellement constitué de financements provenant du budget de l’État (137 milliards de francs CFA) et de fonds de concours (43 milliards de francs Cfa), sous forme de dons divers des partenaires techniques et financiers.

Les fonds ainsi mobilisés ont été logés dans un compte d’affectation spéciale (CAS-Covid) ouvert au trésor public, afin d’assurer une gestion transparente des ressources affectées à la gestion de la crise sanitaire. À l’initiative de la présidence, la Chambre des Comptes à audité la gestion de l’argent et, le 10 mars 2021, elle a adressé un rapport d’étape au ministre des Finances.

Ce document dénonçait de nombreux dysfonctionnements dans le quasi-monopole accordé à l’entreprise Mediline Medical Cameroun S.A de l’homme d’affaires Mohamadou DABO, qui a notamment délivré les tests de dépistage pour un montant de 24,5 milliards de francs CFA. Dans le détail, cette entreprise a facturé à l’Etat, 1 400 000 tests de dépistage à 17500 Fcfa l’unité, alors que le coût unitaire pratiqué par le fabricant à savoir SD BIOSENSOR, se situait à 7084 francs Cfa, soit un différentiel de plus de 10000 francs CFA par test, entraînant ainsi une perte sèche de plus de 14 milliards de francs CFA pour l’État.

Courrier annonçant au ministre camerounais l’ouverture d’une enquête judiciaire pour malversation dans le cadre de la gestion des fonds dédiés à la lutte anti-covid. Le 16 mars 2021, Louis-Paul Motaze, le ministre des Finances en a informé le président Paul Biya, qui a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire, et décidé de dessaisir le gouvernement de la gestion de la riposte contre le covid 19 au profit de la présidence.

Arguant de ce que la mise sur pied de la Task Force, le 31 mars 2021, est postérieure et consécutive au scandale du “Covidgate” survenu à la faveur de la publication du rapport de la Chambre des Comptes le 10 mars 2021, Ferdinand Ngoh Ngoh ne s’est pas présenté au tribunal criminel spécial. Face à Laurent EssoCe dernier peut-il être arrêté ? En tenant compte du précédent Cyrus Ngoo, – le Directeur général du Port autonome de Douala avait fait l’objet d’un mandat d’amener mais n’a jamais été interpellé- il est peu probable qu’un policier se présente pour arrêter le ministre d’État, secrétaire général à la présidence.

Selon un enseignant de l’université de Yaoundé 2, ” techniquement le justiciable étant un haut commis de l’administration, qui plus est possédant le titre de ministre d’État , seul son supérieur hiérarchique c’est à dire le président de la République peut lui donner instruction de répondre à la convocation du juge en vertu de la séparation des pouvoirs. Le président peut aussi arrêter la procédure puisque chez nous le Chef de l’État est aussi le Président du conseil supérieur de la Magistrature et donc le patron des magistrats instructeurs”.

En conclusion, seul le président Paul BIYA peut arrêter la procédure. Et mettre fin à cette escale opposant Ferdinand Ngoh Ngoh au ministre de la Justice Laurent ESSO, son prédécesseur au secrétariat général de la Présidence.

Jeune Afrique

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