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Cameroun : les maires dénoncent les abus perpétrés par la Cnps dans le cadre des recouvrements des cotisations sociales

Vendredi dernier. Augustin Tamba, le président des Communes et villes du Cameroun (Cvuc) et non moins maire de la commune d’arrondissement de Yaoundé 7, a organisé une conférence de presse dans le but d’édifier les médias nationaux sur sa dernière tournée européenne. Ceci, dans le cadre du prolongement des Journées économiques internationales des Communes (Jeicom21) tenues du 3 au 5 décembre 2021 au Palais polyvalent des Sports de Yaoundé.

Un évènement placé sous le très haut patronage du chef de l’Etat. Seulement, les journalistes n’ont pas manqué d’évoquer lors des échanges, les scellés apposés par les agents de la Cnps dans certains bureaux de la commune d’arrondissement de Yaoundé 7.

Si en guise de réponse, Augustin Tamba va plutôt parler d’un malentendu entre la Cnps et sa mairie, il n’échappe nullement à la sagacité de certains observateurs que, une mise au point des services de la communication de la mairie de Yaoundé 7 avait tenté de tordre le cou à une campagne médiatique malveillante organisée par quelques lobbies.

On pouvait y lire : « Contrairement à ce qui se raconte dans les réseaux sociaux concernant une quelconque scellée des bureaux de la mairie de Yaoundé 7, il est à rappeler qu’il n’en est rien du tout. Certes quelques bureaux des adjoints au maire de la commune ont été scellés pour une dette envers la Cnps, mais les services de la mairie restent opérationnels. Les usagers sont servis comme cela est de coutume.

Par ailleurs, la situation sera résolue dans les 24heures qui suivent. Ce à quoi on assiste n’est qu’un coup politique pour ternir l’image du maire de cette commune, ainsi que les projets salutaires qu’il ne fait qu’apporter dans cet arrondissement. Avant de poursuivre, puisqu’à titre de rappel, cette dette date de 2008 à 2013, alors que l’actuel maire n’avait pas encore été élu.

La dette principale était de 56 millions de Fcfa, plus 50 millions de Fcfa de pénalités. Ce qui renvoie à un total de 106 111 107 Fcfa. Les ennemis du développement et des grandes ambitions, fidèles aux coups bas veulent donc profiter de l’occasion pour régler les comptes du dynamique et travailleur, maire de cette commune. La dernière née des communes du Mfoundi, mais qui s’il- lustre déjà par des projets porteurs d’emplois et de développement« .

Réagissant à la question du journaliste, Augustin Tamba ne semble pas dire autre chose lorsqu’il parle dans son propos d’une volonté de nuire de quelques mains tapies dans l’ombre. Car selon lui, la commune de Yaoundé 7 devrait plutôt être citée en exemple. Du coup, estiment certains maires approchés, il n’y a pas que Yaoundé 7 qui doit des arriérés de cotisations sociales à la Cnps.

Pour eux, au moins une trentaine de mairies de la région du Centre ont subi ce que d’aucuns désignent comme étant un«abus de la Cnps». Selon certains observateurs avertis, cette situation est issue d’une triple responsabilité : les maires, l’Etat et la Cnps elle-même.

Dans de nombreux cas apprend-on, les dettes datent de plus de 20 ans. Ce qui voudrait dire que l’Etat et la Cnps n’ont pas voulu régler ce problème. Lorsque par exemple Eneo vient présenter des arriérés qui datent de 20 ans, soutient un maire, l’on entend sou- vent dire que cela n’est possible que si les agents d’Eneo prennent l’argent pour leurs poches, sans interrompre la fourniture du courant.

Pour ce maire, ce serait la même chose avec la Cnps. Par ailleurs estiment un maire du Nyong et Mfoumou, « il est malveillant de venir bloquer le fonctionnement d’une Collectivité territoriale décentralisée 20 ans après le passage de plu- sieurs exécutifs. Que faisaient l’Etat et la Cnps tout ce temps ? Alors même qu’il il y a des maires de bonne foi qui font l’effort de s’acquitter de leurs dettes ? », se demande-t-il. Avant de renchérir, « pourquoi les agences de la Cnps ne prennent-elles pas ces paiements en compte lorsqu’ils saisissent illégalement et sans distinction, les comptes des mairies qui sont de bonne foi»?

Tribunal administratif

Pour de nombreux maires, le principe d’une approche contradictoire devrait être de mise. Ceci permettrait d’arrêter les
dettes, au lieu d’une évaluation unilatérale par la Cnps qui devient ipso facto juge et partie. Selon certains observateurs pointilleux, il ne devrait aucunement échapper aux responsables de la Cnps que les mairies sont des émanations de l’Etat et qu’à ce titre, il est tout de même étonnant qu’un établissement public bloque le fonctionnement de l’Etat. Une situation qui pousserait aujourd’hui plusieurs maires à saisir le Tribunal administratif.

Dans la même foulée, certaines informations glanées dans quelques foras font état de ce qu’au moins une trentaine de mairies de la région du Centre ont subi ces abus de la Cnps. Alors question : quid du problème de la gestion des Centimes additionnels communaux (Cac) qui se présentent comme une bouée de sauvetage des mairies ?

Pour certains élus locaux, le problème de fond est que lesdits Cac sont insuffisants pour supporter le fonctionnement d’une mairie. Les 15% au moins des recettes propres de l’Etat à transférer aux Ctd demeurent juste un rêve. De quoi se demander à la fin pour qui roule la Cnps au moment où le contexte social est marqué au Cameroun par ces mouvements d’humeur dénommés « Ots » ? Qui a intérêt à ouvrir un nouveau front contre le gouvernement ? Qui a parlé de coup d’Etat scientifique ?

La Nouvelle

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