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Calixthe Beyala : « le Cameroun est géré en mode Mafia »

L’écrivaine dénonce l’enrichissement illicite des ministres Camerounais au détriment du peuple qui manque au minimum. Lire la sortie de Calixthe Beyala :

« Autrefois, le mal ne se voyait pas ; des grands hommes d’état couvraient les scories et les défaillances de la République. Ils s’en sont allés et aujourd’hui, tous les maux qui minent la société sont exposés aux yeux de tous.

Je ne parle pas ici des prostituées qui ont pignon sur rue ; je ne parle pas ici des délinquants qui sont les meilleurs amis des ministres, mais de ces derniers eux-mêmes !

Oui, des ministres. Ils font des affaires, avec femmes et enfants embarqués dans les détournements des biens publics. Ils achètent des maisons, partout dans le monde, fabriquent des écoles à millions si chères qu’aucun petit camerounais ne pourrait y avoir accès. Ils ont des comptes partout, à Paris comme en Suisse, au Luxembourg comme dans des paradis fiscaux.

Le reste du temps, ils paradent avec leurs prostitués ( au masculin exprès ) et les bandits de grands chemins, leurs meilleurs potes. La République elle-même est gérée en mode Mafia, avec des chefs de gangs et des chefs de territoires, avec leurs hommes fonctionnaires, leurs bras armés, leurs journalistes à la solde. Et le tout à l’avenant. tout y est obscur tandis que l’avenir y est à ce jour aussi noir que minuit.

Pendant ce temps, la masse camerounaise patauge dans la misère, trop couarde pour lever la tête et les quelques rares qui osent se retrouvent en prison. Ou au cimetière.

Et ils sont là, sans eau potable ni électricité ; et ils sont là gobant des mouches qu’on leur sert avec des influenceuses pauvres mais que l’on fait passer pour riches enfin de les faire rêver. Oui, on a tant diminué les rêves de ce peuple là, qu’il tient aujourd’hui dans un mouchoir de poches.

On y rêve plus de faire des affaires, des études, de devenir médecin ou écrivain, mais d’être influenceur, prostitué en deux mots comme en trois. Et la jeunesse admire toute cette purulence mangeuse de merde à Dubaï ou servant d’objet sexuel à nos jouisseurs de la République. Et c’est si triste que des mots restent collés à ma gorge ».

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