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Sébastien Ebala, un fervent militant anti-Biya, révèle des menaces de mort de la part des barons du régime

Quelques semaines après sa sortie de la prison de Yaoundé-Kondengui, Sébastien Ebala s’est peut-être plongé dans plus d’ennuis avec le régime suite à des révélations choquantes qu’il a faites dans une interview à Jean Bruno Tagne, de Naja TV.

La Genèse

Sébastien Ebala a été arrêté en 2020 pour avoir tenté d’organiser une marche de protestation contre le président Paul Biya à Yaoundé.

Sébastien Ebala a fait valoir à l’époque que le président Paul Biya avait perdu la course présidentielle de 2018 au profit du professeur Maurice Kamto du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (CRM), parti et avait donc l’intention d’exercer une pression maximale sur le régime pour qu’il respecte le choix du peuple.

Ebala a ensuite fait une série d’émissions en direct à partir de ses comptes de médias sociaux, appelant la population de Yaoundé à protester massivement contre l’emprise continue du président Biya sur le pouvoir.

Il a ensuite été brutalement appréhendé par un bataillon d’hommes en uniforme entièrement armés de la résidence de son ami avec 2 autres personnes et ils ont été conduits au Secrétariat d’État à la Défense (SED), où ils subiront plus tard des tortures prolongées.

Au centre de détention du SED où il a été brutalement torturé par le colonel Joel Emile Bamkoui, Ebala a déclaré dans son interview qu’ils avaient tenté en vain de lui faire avouer que le président du CRM, le professeur Maurice Kamto, l’avait mis en place pour organiser les manifestations.

« Je peux vous dire en toute confiance que si je n’étais pas un homme, ce qu’on m’a fait subir dans ce centre de torture m’aurait fait succomber, mais j’ai tenu bon parce que je savais que Kamto ne m’avait jamais fait faire quoi que ce soit« , a-t-il dit à Jean Bruno Tagne.

Dans son interview, il a également mentionné que sa torture était méticuleusement supervisée par le responsable de la communication du MINDEF, le colonel Cyril Serge Atomfack, ainsi que le colonel Joël Emile Bamkoui qui ont fait pression pour qu’il implique le professeur Maurice Kamto.

L’activiste a également raconté avoir vu d’autres détenus qui, selon lui, étaient liés à la crise anglophone, brutalement tués en se cassant les genoux, après quoi on lui a dit que la même chose lui serait faite s’il ne parlait pas.

« J’ai dit à Dieu que si c’était sa volonté que je meure, alors je mourrai parce que je ne pouvais pas impliquer le professeur Maurice Kamto. Il ne savait rien de ce que j’avais initié, il n’est même pas mon ami. Ebala a révélé.

Après la torture

Après avoir été torturé jusqu’au seuil de la mort, Ebala dit qu’il a ensuite été transféré à la prison centrale de Kondengui, où il passera plus tard 2 ans derrière les barreaux.

Quelques semaines après sa sortie de prison, Ebala a lancé un autre appel de détresse faisant état de graves menaces contre sa vie. Les menaces sont le résultat de son doublement des allégations qu’il a faites contre le régime dans son interview avec Naja TV.

L’activiste a publié une courte vidéo, dans laquelle il a déclaré « … des menaces ont été proférées sur ma vie par le criminel, le colonel Joël Emile Bamkoui, je me sens en danger, et ce n’est pas par peur, car beaucoup d’entre vous savent ce que je représenter… »

Comme motif, Ebala a déclaré que le colonel Bamkoui avait accusé l’activiste de l’avoir désigné comme l’assassin de l’évêque Jean Benoit Bala.

« Il m’a dit au téléphone que depuis que j’avais recommencé à parler, ce qu’il m’avait fait avant n’était rien comparé à ce qui allait arriver… Il m’a dit hier que je l’accusais d’avoir tué Mgr Jean Benoit Bala, je ne Je ne sais pas quand j’ai dit ça« , a-t-il révélé dans la courte vidéo.

Selon Ebala, le colonel Emile Bamkoui est simplement déterminé à l’éliminer, après sa tentative infructueuse de le faire en 2020. « Je veux que le monde entier sache que s’il m’arrive quelque chose, alors tenez le criminel Joël Emile Bamkoui pour responsable... »

Il y a eu une répression massive contre les militants et les défenseurs des droits humains à travers le Cameroun depuis 2016, lorsque la crise anglophone a commencé et s’est intensifiée en 2018 avec les résultats contestés des élections présidentielles. Le président Biya, qui compte cette année 40 ans au pouvoir, ainsi que son régime ont veillé à ce que toutes les voix dissidentes soient réduites au silence.

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