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Cameroun Actuel

Région du Sud : le RDPC se déchire dans la Vallée du Ntem

Certains responsables du parti de Paul Biya de ce département ont décidé de fouler aux pieds les orientations de la hiérarchie en violation des textes organiques.

Ce 6 novembre 2023, le chasseur ne s’est même pas caché pour prendre le caillou qui devait achever l’oiseau.

Les faits malheureux

Ignorant complètement les instructions du secrétaire général du Comité central du RDPC, le Vice-premier ministre Jean Nkuété, la clique des autoproclamés « hommes forts d’Ambam », selon eux, ont déporté l’ensemble des militantes et des militants des trois sections RDPC Vallée du Ntem II (Ma’an), III (Olamze) et IV (Kyé-Ossi) et quelques éléments égarés de la section Vallée du Ntelm I (Ambam) sur Olamze pour un meeting commun. Il convient de préciser ici que Olamze est l’arrondissement natal du « fortuné », l’actuel Directeur Général du Budget. « Ceci obéit à un système de rotation institué dans le cas des célébrations des anniversaires du RDPC le 24 mars de chaque année et ce depuis un certain temps déjà, et non pour le 6 novembre », reconnaît un sénateur du coin qui requiert l’anonymat. Ce dernier poursuit d’ailleurs pour expliquer que : « C’est l’information qui m’est parvenue ».

Comme pour dire qu’il n’a pas été associé à ce programme dans sa phase préparatoire. Bien plus, le président de la section RDPC Vallée du Ntem I, Paul Tomo Menye est formel : « Les initiateurs de ce hold-up auraient au moins eu la courtoisie d’informer le chef politique de cette section que je suis. Nous aurions pu trouver une solution alternative, celle de laisser les sections finir leurs meetings et ensuite rallier Olamze pour un bouquet final. Mais ils ont estimé que je ne méritais pas cet égard ».

Imposture

En effet, dans sa circulaire sa Circulaire n° 002/Rdpc/cc/Sg du 25 octobre 2023, relative à la célébration du 41e anniversaire de l’accession à la Magistrature Suprême de son excellence Paul Biya, le secrétaire général, le patron administratif du RDPC est plus que clair ; « (…). Dans la même veine, la célébration s’organisera dans les Sections RDPC, sous la supervision et l’encadrement des Chefs des Délégations Permanentes Départementales du Comité Central ».

Les termes supervision et encadrement sont bien en évidence. Il n’était nulle part dans ce document donné la latitude aux chefs de délégations de délocaliser ou de fusionner les meetings et pour plusieurs raisons. Il s’agit de célébrer les victoires du Renouveau National sous l’impulsion du Président Paul Biya.

Ces victoires qui sont entre autres : • La démocratie camerounaise adossée sur des piliers irréversibles, comme en témoignent le Code Electoral et le Code Général des Collectivités Territoriales Décentralisées ; la mise en place de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés ; la création de la Commission Nationale pour la Promotion du Bilinguisme et du Multiculturalisme. • L’amélioration du climat des affaires et la gestion efficace des affaires publiques ; • Les progrès significatifs réalisés dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la culture et du sport ; • La mise en place d’importants projets de développement dans tous les secteurs de la vie publique pour une économie toujours plus autocentrée ; • Enfin, le renforcement de l’image de notre pays à l’intérieur et à l’extérieur ; tel que les cite la circulaire.

Indiscipline caractérisée

La même circulaire va plus loin en précisant : « A cet effet, les Présidentes et Présidents des Sections RDPC, en collaboration avec les Présidentes et Présidents des Sections OFRDPC, OJRDPC, veilleront à la plus grande mobilisation des militantes, militants, amis, alliés et sympathisants du RDPC, tous rangs, grades et positions confondus au sein du Parti, ainsi qu’auprès de tous nos compatriotes de bonne volonté. Ces célébrations doivent être des temps forts pour raviver la flamme de notre militantisme et renforcer le soutien populaire, derrière notre Président National, Président de la République, Son Excellence Paul BIYA ».

Ça n’a jamais été la responsabilité des chefs de délégations permanentes. Eux qui sont là juste pour encadrer l’organisation des chefs locaux du RDPC. Surtout que ces directives et ces orientations avaient été précisées quelques jours seulement avant la célébration de cet anniversaire, lors de la visite de travail du SG CC/RDPC dans la Région du Sud, à Ebolowa.

Visite de travail couplée au séminaire de formation des formateurs du RDPC sur les enjeux futurs et les défis qui les accompagnent. C’est la raison pour laquelle la circulaire à préciser que les meetings se tiennent dans les sections.

Autoglorification

Dans le reste des trois autres départements de la Région du Sud et même sur l’ensemble des départements du Cameroun, les chefs de délégations permanentes départementales ont désigné des militantes et militants pour les représenter dans les sections. La Vallée du Ntem est-elle audessus de tous ces responsables départementaux ? Il faut tout simplement comprendre par-là que les « Grands » de la Vallée du Ntem n’en ont que foutre des directives de Jean Nkuété et Compagnie.

A rebours de directives du SGCC du parti, le chef de délégation permanente départementale, du Comité central du RDPC pour la Vallée du Ntem, le tout puissant sénateur, Samuel Obam Assam, l’organisateur de cette imposture, ou le « suiveur » du fortuné, a permis à ce que les prises de paroles lors de ce meeting d’Olamze soient essentiellement des chapelets de revendications puériles, infantiles, espiègles et immatures, que leurs auteurs égrenaient allègrement, sans aucune gêne.

Tout ça pour plaire à quelqu’un qui aurait de l’argent et qui peut mettre tout le monde au pas à sa guise. Désolant pour un Parti comme le RDPC qui se veut respectueux de ses propres textes. Pire encore, le dernier intervenant a passé le temps à faire l’éloge et l’apologie de M. Edou Alo’o Cyrill.

Eclipsant ainsi complètement le Président Paul Biya, son Renouveau et ses réalisations que les militants étaient censés mettre en exergue en ce jour spécial. « Les diverses interventions de circonstance doivent refléter l’esprit de la Circulaire, en mettant en exergue les acquis du Renouveau National et les défis de demain, relatifs à la préservation de la cohésion nationale et à la consolidation du statut de parti au pouvoir du RDPC », précise la Circulaire de Jean Nkuété.

Or, la Vallée du Ntem, de par sa position géographique et sociologique, est un champ d’expérimentation de l’exercice de la politique, où même les plus vierges en cette science viennent s’y essayer, en ayant dans leurs bagages que des boniments. Malheureusement, les populations cosmopolites se sont très souvent laissé aller à ce jeu. Au grand dam du RDPC qui s’est parfois vu amoindri. Alors que, les visites de travail que Jean Nkuété vient d’achever dans les dix régions du Cameroun, n’ont de secret pour personne : le RDPC est entré officiellement en campagne pour préparer les futures échéances électorales.

Et ce n’est pas pour les perdre. Le secrétaire général l’a dit et répété à toutes les étapes de son périple national : « (…) en notre qualité de militantes et de militants du Parti du Renouveau National, nous avons l’obligation morale de gagner les prochaines élections dans la transparence et sans bavures. Nous devons donc nous mettre en ordre de bataille, dans la cohésion et la discipline, face à nos adversaires, qui fourbissent déjà leurs armes, et surtout éviter de nous laisser distraire par (…) ».

Par cette décision d’aller festoyer à Olamze, les organisateurs avaient certainement l’intention de semer le trouble dans l’esprit des nombreux fidèles militantes et militants, respectueux des textes et de la hiérarchie du Comité central, eux qui sont restés célébrer comme il ça se doit à Ambam.

Comment peut-on être aussi irrévérencieux pour laisser le chef-lieu du département pour aller chanter des Paul Biya Oyé avec les singes au fin fond d’une brousse ? Alors que l’occasion aurait permis que la grosse concentration se retrouvât dans ce chef-lieu ? Si ce n’est la bêtise, qu’est-ce ? Un acte qui frise la rébellion visà-vis de ses patrons politiques d’Ebolowa et de Yaoundé, constitutif d’acte d’indiscipline qui interpelle au plus haut point le chef de la délégation permanente régionale, le ministre d’Etat, membre du Bureau politique, le Pr. Jacques Fame Ndongo, dont on connaît le scrupuleux respect des textes et de la hiérarchie, et le secrétaire général du Comité central du RDPC, Jean Nkuété. Comme c’est le cas le plus récent avec la suspension pour 36 mois du président de la section RDPC Sanaga Maritime Nord-ouest à Massok Songloulou.

Ils méritent effectivement d’être rappelés à l’ordre avant que la gangrène ne se répande et contamine l’ensemble des militants qui se verraient pousser des cornes à semer un désordre qui s’assimilerait alors à une guerre. On connaît quand elle commence, mais on ne sait pas quand est-ce qu’elle prend fin. Ça fait longtemps que le stratagème couvait comme de la braise sous la cendre. Et on les voyait venir dans cette manœuvre de mettre en porte à faux avec le sommet du parti à Yaoundé un individu qui semble les empêcher de tourner en rond. Tout était mis en œuvre pour fragiliser un responsable de base.

Patron d’une section démocratiquement élu par la grande majorité des militantes et militants qui avaient reconnu en ce candidat d’alors, le porteur de leurs espoirs, dans une Vallée du Ntem en proie à la dislocation, à la merci du premier vendeur d’illusion venu. La dernière en date visant à mettre le président de la section Vallée du Ntem I à Ambam, Paul Tomo Menye, était lors du grand meeting départemental de remerciement au chef de l’Etat pour la nomination des sénateurs, les organisateurs, les mêmes, n’ont pas cru devoir impliquer le président de la section hôte dans les préparatifs.

Ils ont tellement poussé leur cynisme qu’ils n’ont même pas daigné lui donner la parole dans l’ordonnancement du programme. N’eut été la vigilance du ministre d’Etat, Membre du Bureau politique, qui, en sa qualité de chef de la Délégation permanente régionale du Comité central pour le Sud, n’a pas laissé prospérer cette imposture. En gentleman, il l’a restitué dans son droit.

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