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Politique agricole : Louis Paul Motaze sert un menu réchauffé aux députés

Cette offre constitue l’une des mes de de la transformation structurelle de l’économie consignée dans le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2023-2025.

Malgré le boycott du débat d’orientation budgétaire par les députés de l’opposition hier mardi, le ministre des Finances (Minfi) a finalement pu présenter le Document de programmation économique^ budgétaire à moyen terme 2023-2025. Du moins, le résumé. « Débat sans vote », selon l’expression du président de l’Assemblée nationale, Louis Paul Motaze, le Minfi, a fait un monologue sur les grandes orientations des politiques publiques pour cette période triennale, puisqu’il n’y pas eu de questions.

L’une de ces orientations porte prioritairement sur « la transformation structurelle de l’économie ». Une voie déjà tracée par la Stratégie nationale de développement 2020- 2030 (Snd30).

Au moment où les Camerounais font face à la hausse généralisée et continue des prix des produits de grandes consommation, aggravée par la guerre russo-ukrainienne, le gouvernement mise sur « l’amélioration de l’efficacité et de l’efficience des actions de soutien aux exploitants agricoles, en vue de la modernisation des facteurs de production dans le secteur rural et agricole. Un accent particulier sera accordé à la production des biens qui grèvent le plus la balance commerciale, tels que le riz, le maïs, le blé, le poisson et le lait ciblés par la politique d’import substitution», indique le Minfi.

Comice agro-pastoral d’Ebolowa

À la vérité, cette politique agricole n’est pas nouvelle. Louis Paul Motaze exhume là un vœu du président de la République, exprimé en 2011 lors du comice agro-pastoral d’Ebolowa. Dans son discours d’ouverture, Paul Biya faisait déjà remarquer à son gouvernement d’alors que « l’insuffisance de certaines productions, comme le riz, le maïs, le sucre, le poisson nous oblige à en importer d’importantes quantités, ce qui déséquilibre gravement notre commerce extérieur. Or, nous pourrions sans difficultés produire davantage de ces denrées ou leur substituer des produits locaux, comme le plantain, le manioc ou d’autres tubercules».

Par ce discours réaliste d’il y a 11 ans, le chef de l’État plaçait tous ses espoirs en l’agriculture, au-dessus de toutes les autres ressources dont dispose le Cameroun. « Depuis une vingtaine d’années, je ne cesse de répéter que l’agriculture, au sens le plus large -c’est-à-dire complétée par l’élevage et la pêche est la véritable richesse de notre pays et que les recettes minières et du pétrole, aussi utiles qu’elles soient, ne peuvent être la seule base de notre développement », avait-il soutenu.

Les raisons de ce culte voué à la terre sont premièrement que l’agriculture « doit nourrir notre population ou, en d’autres termes, assurer notre autosuffisance alimentaire (…). Deuxièmement, dans un pays comme le nôtre où 60 % de la population vit de l’agriculture, celle-ci devrait être le premier pourvoyeur d’emplois », justifiait le président de la République, non sans relever pour le déplorer que «la capacité de production de notre agriculture reste fortement sous-exploitée, ce qui ne lui permet pas d’avoir dans notre économie la place qui lui revient et, par voie de conséquence, de contribuer au relèvement du niveau de vie des populations concernées».

Patriotisme économique

Toujours en vitrine de la transformation structurelle présentée à la représentation nationale, le Minfi intègre « la mise en service des grands projets afin que ces derniers contribuent efficacement au renforcement de l’appareil productif (barrage de Lom Pangar, barrage hydroélectrique de Memve’ele, barrage hydroélectrique de Natchigal, etc.) ; la maintenance et l’entretien des ouvrages publics afin d’améliorer la fonctionnalité et la disponibilité de ces derniers ; la poursuite de la mise en œuvre de la politique de l’import substitution, afin réduire la dépendance économique de notre pays vis-à-vis de l’extérieur et de favoriser sa résilience face aux chocs externes».

La promotion du « made in Cameroon et du patriotisme économique dans des filières prioritaires telles que l’agro-industrie, le bois, le textile, les mines et la métallurgie, l’industrie pharmaceutique et biomédicale » est aussi réaffirmée à travers « la mise en œuvre du Programme d’impulsion initiale (P21) qui identifie divers projets industriels déclencheurs de la transformation structurelle de notre économie ».

Mutations

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