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Opinion : Claude Abe à l’époque antérieure et Claude Abe à l’heure actuelle

Je connais Claude Abe depuis 1999. À l’époque, je fus étudiant en 2ème année Sociologie. Mes camarades de promotion sont, entre autres, Alain Amassoka, aujourd’hui chef de la cellule de communication du ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (Mindcaff) ; Serge Edzou, aujourd’hui journaliste chef service des programmes à Magic Fm, une radio urbaine émettant à Yaoundé ; Sainclair Mezing, aujourd’hui journaliste à Cameroon tribune ; etc. La liste est loin d’être exhaustive.

C. Abe fut mon enseignant de Sociologie de la communication en 2ème année Sociologie à l’Université de Yaoundé 1 en 1999. A l’époque, il était était moniteur au département de Sociologie avec un Diplôme d’études approfondies (D.E.A.). Ce que l’on appelle, aujourd’hui, le Master 2. Il préparait, d’ailleurs, sa Thèse de Doctorat Ph D en Sociologie politique sous la direction du Pr Valentin Nga Ndongo, alors chef de département de Sociologie.

Lorsque C. Abe a fini de boucler sa Thèse de Doctorat Ph, il avait eu des soucis avec cet ancien chef de département de Sociologie si bien qu’il eût préféré jeter le dévolu sur feu Séverin Cécile Abega, Anthropologue culturel, et enseignant à l’Université catholique d’Afrique centrale (Ucac). C’est finalement le Prof S.C. Abega qui est devenu, par un autre mécanisme académique, le directeur des travaux de thèse du doctorant de l’époque, Abe.

Abe s’était donc envolé pour la France avec son néo directeur de thèse pour soutenir sa thèse de Doctorat Ph d. Il avait obtenu la mention Très honorable. De retour au Cameroun, il avait déposé son dossier de recrutement à l’Université catholique d’Afrique centrale (Ucac), où il avait été alors retenu comme enseignant titulaire. Il avait alors tourné son dos à la mère des universités d’État du Cameroun, qui l’a socialisé, formé et, par corollaire, moulé. À cause de l’ancien chef de département de Sociologie ? Allez donc le savoir!

Honnêtement, parmi des aînés qui nous avaient marqué au département de Sociologie, il y avait Claude Abe (promotion 93); Armand Félix Leka Essomba (promotion 95); qui est l’actuel chef de département; Honoré Mimche (promotion 93); Njoya Mama Mohammed (promotion 94); Christian Bios Nelem (promotion 94); feu Yves Alexandre Chouala, (promotion 93); etc.

Abe avait même, en tant que jeune chercheur, contribué, à travers ses articles scientifiques, à meubler les travaux d’études du Graps (Groupe de recherches administratives et politiques et sociales) dirigé par le Pr Luc Sindjoun, aujourd’hui conseiller spécial du président de la république du Cameroun. Faisaient partie du Graps: Mathias Eric Owona Nguini ; Claude Abe; Hélène Laure Menthong devenue, quelques années plus tard, Hélène Laure Owona Nguini ; Yves Alexandre Chouala de regrettée mémoire ; Henriette Batibonack; etc

Lorsque je fus, en 2005-2007, directeur de l’animation scientifique et de la recherche au Cercle Philo-Psycho-Socio-Anthropo, un cercle qui réunit les étudiants dûment inscrits de tous les niveaux d’études (1, 2, 3, 4 et 5), une bibliothèque qui existe depuis 1977 grâce aux aînés comme Basseck Ba Kobhio, feu Jean Mfoulou, Jacqueline Moutome Ekambi, etc, ce sont les jeunes Sociologues, Philosophes, Anthropologues, Psychologues, etc. que j’invitais régulièrement dans ce cercle pour entretenir la démographie estudiantine.

C’est même grâce à ces débats éminemment scientifiques que j’eus créé, en octobre 2006, l’émission « Sapientia », qui fut un espace où croisaient le verbe des chercheurs issus de disciplines scientifiques diverses. Professeurs de rang magistral, enseignants Maîtres de conférences, chargés de cours, assistants, etc furent les intervenants de ce programme diffusé alors tous les dimanches de 9 à 10h à la Rts (Radio Tiemeni Siantou).

Les Professeurs Gervais Mendo Ze, Hubert Mono Ndzana, Jacques Philippe Tsala Tsala, Armand Félix Leka Essomba, Véronique Penlap, Rodrigue Ngamaleu, Gustave Georges Mboe, Claude Abe, Cyrille David Atangana Kouna, etc y étaient passés.

Maintenant, entre Claude Abe (ancienne technologie) des années 1999-2000 très apprécié dans le champ académique, et Prof Claude Abe (Nouvelle technologie) de ces dernières années, très controversé aujourd’hui, il y a un décalage dans le jeu de prise des positions dans le débat public. Scientifiquement, C.Abe est un universitaire respectable et respecté de par ses publications connues dans le monde scientifique depuis des années.

Mais ces dernières années, ses propos tenus dans le débat public sont, parfois, empreints d’ethnocentrisme et de communautarisme. Toute chose qui offusque plus d’un et charrie l’attention de plus de bien de catégories sociales au point où il est criblé de balles et voué aux gémonies.

Même les non-savants tirent à boulets rouges sur Abe le traitant de tous les noms d’oiseaux et le collant toutes formes d’étiquettes stéréotypées. Faut-il, aujourd’hui, contester ses diplômes, récuser sa posture scientifique vu ses positions polémistes ? Que nenni! L’on peut battre en brèche ses prises de position actuelles (l’unanimité n’est pas de ce monde), mais l’on ne saurait jeter l’opprobre ou le discrédit sur sa qualité d’homme de sciences.

Les jeux de prises de position des universitaires et intellectuels inclinent, aujourd’hui, à s’interroger sur le rôle de l’intelligentsia dans le débat public. A l’époque, j’avais publié la tribune libre intitulée : « Les intellectuels de la rue publique par opposition aux intellectuels de la république« . Il était, fondamentalement, question de questionner, de manière épistémologique, les prises de position des universitaires et intellectuels d’ici, qui sont tantôt des intellectuels organiques pro régime tantôt des intellectuels organiques anti-régime.

Mais nullement, il ne s’agissait pas d’attaquer la qualité scientifique de ces derniers. La preuve en avons-nous la Sapientia, la Sciencia ou encore la Bene Di Scientia? Ce qu’il est convenu de constater, c’est que les intellectuels et universitaires ayant montré leur inconstance, leur incohérence, bref leur retournement de veste après avoir été des fervents critiques du régime en place sont, aujourd’hui, roués de coups et battus en brèche.

Owona Nguini, Abe, Aboya Manasse, Sindjoun, Fouda, Touna Mama, qui étaient des critiques invétérés et patentés du système gouvernant en place ont, ces dernières années, opéré une volte-face, une rétractation au point d’épouser l’idéologie de l’ordre gouvernant. Or, ayant il y a des intellectuels organiques de gauche, autant il y a des intellectuels de droite. A chacun ses paradigmes, ses théories, ses courants de pensée, son idéologie, son appartenance politique, ses convictions religieuses, sa trajectoire sociale, etc.

Serge Aimé Bikoi

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