Cameroun Actuel

« On m’a interdit de convoquer Samuel Eto’o et Alexandre Song » : la révélation choc de Volker Finke

L’ancien sélectionneur national, Volker Finke, a rouvert une plaie béante dans le football camerounais. Dans une déclaration fracassante cette semaine, Finke affirme avoir subi des pressions répétées de la part des instances dirigeantes pour modifier ses sélections.

Selon lui, sur les 23 joueurs qu’il a présentés pour une campagne de Coupe du monde 2014, seuls 12 étaient de son propre choix. Les autres places lui auraient été attribuées par de puissants sponsors.

Plus frappant encore, Volker Finke (sélectionneur du Cameroun entre 2013 et 2015), affirme que la FECAFOOT lui a interdit de convoquer deux des plus grandes icônes du Cameroun : Samuel Eto’o et Alexandre Song.

« J’ai demandé le retour de Song pour la Coupe d’Afrique des Nations, mais on m’a clairement fait comprendre que je devais oublier ça », a déclaré Finke.

Le récit de Finke dresse le portrait d’une sélection nationale dont la composition n’était pas guidée par une logique sportive, mais par des influences obscures : des changements opérés en coulisses, des « parrains » qui font entrer des joueurs et la mise à l’écart de figures historiques majeures.

L’ancien sélectionneur avoue qu’en présence d’une telle ingérence systémique, il a choisi le silence pour éviter de « créer des problèmes ». Ce silence en dit long.

Lire aussi >  Tribu des Bafaw : le Nfon Mukete abdique et cède le trône à son fils cadet Ekoko Mukete

Ces révélations surviennent à un moment particulièrement délicat. La FECAFOOT est désormais engagée dans un bras de fer intense avec le gouvernement, incarné par le ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi.

Les deux institutions s’affrontent publiquement sur les questions de gouvernance, d’élections et d’influence sur la gestion de l’équipe nationale.

Le gouvernement a accusé à plusieurs reprises la FECAFOOT de mauvaise gestion de son règlement intérieur et, en novembre 2025, Mouelle Kombi a même suspendu le processus électoral de la fédération, invoquant de graves irrégularités, notamment des suspensions arbitraires de membres, l’exclusion de clubs et des modifications unilatérales des statuts.

De son côté, la FECAFOOT, dirigée par Samuel Eto’o, a poursuivi le processus électoral avec détermination, dénonçant ce qu’elle qualifie d’ingérence gouvernementale abusive dans des processus qui devraient être autonomes et autogérés.

Le témoignage de Finke relance la question fondamentale qui hante le football camerounais : selon quelle logique opère l’équipe nationale ? Celle du sport ou celle de la politique et du clientélisme ?

Si un entraîneur étranger respecté n’a pas été autorisé à sélectionner les joueurs, et si des légendes comme Eto’o et Alexandre Song ont pu être empêchées de conclure des accords de dernière minute, alors l’histoire des « Lions Indomptables » se résume moins à une histoire de football qu’à une lutte de pouvoir.

Le moment choisi est plus que symbolique. Alors que la FECAFOOT et le ministère des Sports sont déjà engagés dans une lutte d’influence publique à l’approche d’élections cruciales et des compétitions continentales, les révélations de Finke risquent d’aggraver les divisions et de provoquer une prise de conscience au sein de la communauté du football.

Lire aussi >  Inédit : la Fécafoot dévoile le montant des primes de qualification des Lions Indomptables au mondial 2022

Pour les supporters, les joueurs et les parties prenantes qui rêvent d’une équipe nationale fondée sur le mérite et l’unité, cela pourrait être un tournant.

Cameroun Actuel
Me suivre

Laisser un commentaire

Dernières nouvelles

Suivez-nous !

Lire aussi

Activer les Notifications OK Non Merci