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Naufrage de Makak : entre incompréhension et indignation

Deux jours après un énième naufrage dans le fleuve Nyong qui a coûté la vie à 7 périt sonnes dont 6 appartenant à une même lignée familiale, des interrogations subsistent encore sur le peu d’intérêt que suscitent les souffrances des populations de Malombo.

Une «tragédie». C’est le mot qui qualifie le mieux ce qui s’est produit mardi dernier, 7 juin 2022 dans une localité arrosée par le Nyong dans l’arrondissement de Makak, département du Nyong et Kellé, région du Centre. Une douzaine de personnes qui tentaient ta traversée du fleuve Nyong à bord d’une pirogue de fortune au lieu-dit Malombo, entre Minka et le canton Longue, ont fait naufrage.

Parmi eux, se trouvaient 5 membres d’une même lignée familiale, notamment une femme, ses enfants et petits-enfants qui se rendaient d’un deuil de l’autre côté de la rive» a indiqué l’une des rescapées. Les deux autres étaient des élèves dont une candidate au baccalauréat 2022.

A l’évidence, on aurait pu, éviter ce drame si tes autorités locales et gouvernementales avaient mis, un tant soit peu, l’humain au centre Be leur préoccupation ; car la dangerosité de ta traversée du fleuve au niveau de Malombo est connue de tous.

L’endroit ayant été à plusieurs reprises le théâtre de plusieurs naufrages qui se sont plus ou moins soldés par des pertes en vies humaines. La dernière en date, on espérait qu’il avait définitivement mis tout le monde d’accord sur la nécessité de prendre des mesures adéquates, avait été la noyade à la fin de l’année 2020 de deux femmes dans ce fleuve qui ne pâtit pas de sa gourmandise.

Dans ce commerce demotions, un parti politique, en l’occurrence le Pcrn avait lancé dès janvier 2021 une vaste opération de levée de fonds pour l’achat de deux pirogues à moteur au profit des populations de la localité. Cette opération qui s’est finalement achevée par la mise en eau d’une pirogue le 7 mai 2021 a permis de renforcer le dispositif déjà mis en place par le gouvernement pour améliorer une traversée sécurisée à ces populations très préoccupées par « le commerce, les études et ravitaillement ».

En effet, le ministère des travaux publics avaient déjà mis à la disposition des riverains du Nyong quelques années auparavant une pirogue de type hors-bord pour les besoins de la cause. En théorie, les deux pirogues devaient baigner de manière permanente dans les eaux du Nyong pour assurer la mobilité des personnes et des biens entre les deux rives du fleuve.

Selon l’honorable Cabrai Libii qui s’est immédiatement exprimé sur la page Facebook, son parti avait pris soin, pour éviter tout désagrément, de former de manière professionnelle les transporteurs qui avaient été choisis pour la manœuvre desdites pirogues.

Gilets de sauvetage Comment expliquer donc que 14 personnes et une moto aient pris les eaux affamées et gloutonnes du Nyong à bord d’une pirogue de fortune tenue par des mains inexpérimentées? Selon les premières informations, les naufragés effectuaient la traversée à bord d’une pirogue de fortune.

La pirogue offerte par le Pcrn, transmise et réceptionnée par une résolution du Conseil municipal de Makak, pour sa gestion, et toujours en état parfait de circulation, n’a pas été sollicitée à l’occasion » a renseigné l’homme politique. Plus grave, comment expliquer qu’il ait manqué du carburant dans les réservoirs de deux embarcations officiellement dédiées à la traversée en toute sécurité des populations ?

« Le Mintp avait aussi offert une pirogue pour cette traversée. Apparemment elle non plus n’avait pas de carburant ». Comment expliquer l’empressement avec lequel Jean Jacques Mbogol III et Essapa Jim Essapa, respectivement maire et sous-préfet de Makak se soient précipités pour mettre à disposition une embarcation à moteur et des gilets de sauvetage après le drame ?

Et pourtant l’on apprend que « quelques naufragés malheureusement ne portaient pas les gilets de sauvetage. Malgré le fait que plusieurs dizaines de gilets de sauvetage aient déjà été offerts par plusieurs donateurs, pour la traversée de toute personne, quel que soit le type de pirogue empruntée » a regretté le président du Pcrn.

Au-delà de ces questions qui restent jusqu’à présent sans réponses, tes populations de Malombo continuent à s’interroger sur tes raisons de leur abandon par le gouvernement de Yaoundé.

« Le ministre des Travaux Publics a envoyé son représentant pour mettre le moteur dans le bac. Cela a pris plusieurs années. Une équipe du Mintp est venue faire des évaluations concernant ta construction d’un pont à ce niveau. A ce jour, aucun projet y afférent n’a été inscrit dans le budget de l’Etat, encore moins une ligne dotée pour l’entretien dudit bac » nous indique un riverain sous anonymat.

En attendant qu’une solution pérenne soit enfin trouvée par te gouvernement à cet épineux problème, les larmes des populations de celles localité continuent de couler vers ce fleuve qui demeurera encore, pour beaucoup d’entre eux, leur seul et unique cimetière.

Le Messager

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