Camerounactuel

Cameroun : flambée des cas de choléra, déjà 80 morts dans le Sud-Ouest

La région la plus meurtrie par l’épidémie enregistre à nouveau une explosion de malades, amplifiée par les problèmes d’accès à l’eau gui demeurent malgré les promesses du gouvernement.

Le choléra rôde toujours dans le Sud-Ouest, région du Cameroun la plus touchée et la plus meurtrie par l’épidémie en cours. Ces dernières semaines, les cas sont repartis à la hausse après une légère accalmie. « Le choléra est revenu en force ces derniers jours », informe un médecin épidémiologiste en service dans cette région. La flambée des cas a entraîné une réouverture de l’unité de traitement agréée du district de santé de Buea. De même, l’Hôpital régional de Buea a été mis à contribution.

Eau et assainissement

La chaîne de contaminations reste entretenue par les problèmes d’hygiène, mais surtout par l’indisponibilité d’eau potable dans les ménages. Les instructions du gouvernement n’ont à ce jour pas été respectées. Ce, malgré les promesses de la société en charge de la distribution d’eau.

En effet, face à la montée vertigineuse des cas dans cette partie du pays, le gouverneur de la région du Sud-Ouest avait convoqué une réunion le 23 mars 2022 pour rechercher les pistes de sortie de crise. Rencontre au cours de laquelle Bernard Okalia Bilai va instruire l’entreprise en charge de la distribution d’eau d’améliorer l’accès des populations à ce précieux liquide.

Instruction motivée par le fait que « la plupart des zones gravement touchées […] ne sont pas couvertes par le réseau de la Cameroon Water Utilities Corporation (CAMWATER), et celles qui le sont se raccordent à d’autres réseaux d’eau tels que les systèmes d’eau communautaires de Limbe, Buea, Tiko etc. », a reconnu le délégué régional de CAMWATER pour le Sud-Ouest, David Ebot Eballe, dans son communiqué signé un jour après la réunion présidée par le gouverneur, soit le 24 mars.

Dans ce document, ce dernier promettait alors que l’entreprise s’exécuterait dans les brefs délais. Comme solution provisoire, David Ebot Eballe avait promis un ravitaillement des populations par camions citernes en attendant des solutions plus durables.

Plus de deux mois après, les récipients de différents ménages des foyers actifs attendent toujours d’être remplis. « Même à l’hôpital, nous avons les problèmes d’eau. Comment s’attendre à une riposte efficace quand la clé de la prévention c’est l’hygiène ? », s’interroge-t-on. Face à ces difficultés, les populations locales qui s’étaient réjoui à l’annonce d’un approvisionnement imminent en eau il y a plusieurs semaines n’ont eu de choix que de se retourner vers les anciennes habitudes.

« Il y a certains quartiers de Buea où des gens n’ont pas de toilettes et pas d’eau. Les gens défèquent dans le seul cours d’eau qui traverse le quartier. Et c’est dans ce même cours d’eau que les gens se lavent, font la vaisselle et puisent de l’eau pour boire. Bref ils font tout dans cette eau. Ici à Buea, on a une explosion de la population mais il n’y a pas d’eau potable. On dit tous les jours qu’il.faut se laver les mains à l’eau coulante mais où va-t- on trouver cette eau coulante ? », s’indigne un médecin qui se dit tout aussi exposé à la contamination.

Vaccination

Malgré la menace imminente d’une contamination, certaines,po- pulations locales qui attendent toujours d’être ravitailler eau devraient également patienter davantage pour voir venir la deuxième dose de vaccin. « Deux doses doivent être administrées pour une protection complète », indique l’Organisation mondiale de la santé (Oms). Après avoir reçu la première dose en mars dernier, la deuxième n’a toujours pas été administrée. Des vaccins qui ne sont d’ailleurs pas disponibles pour le moment. En principe, « les deux doses doivent être administrées dans un intervalle de sept jours minimum et six semaines au maximum», précise l’Oms.

140 morts

Depuis le début de l’épidémie en cours en octobre 2021, le Cameroun a notifié un cumul de 7287 cas dont 140 décès, avec un taux de létalité de 1,98 %. A elle seule, la région du Sud-Ouest totalise 4979 cas notifiés pour 80 décès. Ces données officielles contenues dans le rapport de situation du 13 mai 2022 peuvent bien être revues à la hausse. A ce jour, six régions sur 10 ont été contaminées (le Centre, Littoral, Sud, Sud-Ouest, Nord et l’Extrême- Nord) pour un total de 30 districts touchés. Trois régions restent actives : le Littoral, le Nord et le Sud-Ouest.

Le choléra est une maladie diarrhéique à transmission oro-fécale. Cette maladie est causée par un germe appelé vibrion cholérique. Si elle n’est pas immédiatement prise en charge, la maladie peut rapidement évoluer vers la mort en quelques heures. D’autres complications toutes aussi importantes sont à signaler si le patient n’est pas pris en soins assez tôt.

« On peut avoir des signes de choc hypovolémies (c’est-à-dire qu’un patient peut être dans le coma) ; les ischémies au niveau du rein sont peu fréquentes », liste un médecin épidémiologiste. La prévention du choléra est pourtant simple. Elle passe essentiellement par une hygiène corporelle, environnementale et alimentaire.

Mutations

Partager

Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on whatsapp
Share on telegram
Share on email

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Dernières nouvelles