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Bertoua: le Covid-19 limite les mouvements des réfugiés

Wahid Ben Amor, chef de la Sous-délégation HCR Bertoua.

La gestion de la crise sanitaire liée au coronavirus impacte-t-elle vos opérations dans la gestion des camps de réfugiés de la région de l’Est?

La plupart de nos services continuent d’être délivrés, bien que nous ayons dû nous adapter à la situation, en procédant par exemple à des enregistrements de réfugiés par téléphone, le télétravail pour certains staffs, la sensibilisation en respectant les distanciations.

Certaines activités ont également dû être temporairement suspendues telles les formations professionnelles, les opérations de rapatriement volontaire qui ont été lancées fin 2019, année au cours de laquelle plus de 1700 réfugiés ont pu rentrer chez eux. La pandémie de COVID-19 a pour le moment contraint le HCR et ses partenaires à mettre en pause ces opérations qui reprendront dès que la situation le permettra.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face dans le cadre de la mise en œuvre des prescriptions du gouvernement, notamment pour ce qui est des gestes-barrières ?

Pour la distribution de l’assistance alimentaire, on a pu mettre en place en collaboration avec nos partenaires un mécanisme qui permet d’éviter les grands rassemblements. Par ailleurs, le rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains a été suspendu pour les mêmes raisons. Suite aux limitations des déplacements urbains et interurbains, les mouvements des réfugiés ont été limités.

Comment le HCR arrive-t-il à faire face au défi de la distanciation sociale dans les camps de réfugiés de l’Est ?

Du fait de la promiscuité qui règne sur les sites d’accueil de réfugiés, les gestes barrières peuvent être difficiles à mettre en oeuvre. Toutefois les opérations de sensibilisation que nous menons avec les partenaires sont prises au sérieux par la communauté réfugiée qui est très réceptive à nos messages et fait de son mieux pour appliquer les consignes.

La gestion de cette crise sanitaire ne fait-elle pas craindre davantage que la question de la prise en charge des réfugiés centrafricains soit occultée, dans un contexte où les humanitaires évoquaient déjà précédemment une baisse des financements ?

Le manque criard de moyens dédiés à cette opération, en particulier s’agissant des réfugiés centrafricains, n’est pas nouveau. Nous alertons régulièrement sur cette crise oubliée mais force est de reconnaître que nos moyens diminuent d’année en année.

Évidemment, nous réitérons cet appel aux bailleurs de fonds. Mais depuis l’urgence en 2014, la situation a changé : si l’on fait abstraction du Covid-19, qui touche absolument tout le monde, nous sommes passés d’une phase d’urgence à une phase de développement et de résilience.

Un très grand nombre de projets est mis en œuvre afin que les réfugiés puissent subvenir eux-mêmes à leurs besoins et ne dépendent plus de l’aide humanitaire, ce que nous appelons dans notre jargon le « Livelihood ».

L’épisode de Coronavirus aura un début et une fin. Il aura un impact c’est sûr, mais il ne va pas donner un coup d’arrêt à ces activités et nous allons continuer avec le gouvernement camerounais à mettre en œuvre des solutions durables pour ces populations.

Source: Cameroon Tribune

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