Deux policiers ont été grièvement blessés lors d’un échange de coups de feu à Bamenda vendredi 13 décembre 2024. L’affrontement a eu lieu à Council Junction à Mankon, dans l’arrondissement de Bamenda II, où les forces de sécurité se sont affrontées à des combattants séparatistes armés.
Selon certaines informations, les combattants séparatistes ont fait surface pour irruption la population locale et imposer une « ville fantôme » le lendemain, samedi 14 décembre 2024. Les séparatistes ont déclaré la fermeture des lieux de commerce pour pleurer l’un de leurs membres tué quelques semaines plus tôt par les forces de sécurité.
Les Forces de défense d’Ambazonia (ADF), une milice séparatiste active à Bamenda, ont revendiqué la responsabilité de l’attaque.
Des témoins oculaires ont décrit les tirs comme intenses, créant une panique généralisée parmi les habitants. Des balles perdues auraient transpercé des bâtiments voisins. Aucune victime civile n’a été signalée.
Deux policiers ont été blessés et se trouvent dans un état critique, tandis que le nombre de victimes du côté séparatiste reste inconnu. Des images amateur montrant les policiers en train de recevoir des soins pour des blessures par balle dans un établissement de santé à Bamenda ont abondamment été relayées.
Les autorités n’ont pas publié de déclaration officielle sur l’incident, mais les ADF affirment que cinq membres des forces de sécurité ont été tués dans l’attaque – une affirmation que nous n’avons pas vérifiée de manière indépendante. Les premières images ne corroborent cependant pas cette affirmation.
La crise anglophone au Cameroun, aussi appelée la guerre d’Ambazonie, est un conflit armé qui se déroule depuis 2017 dans les deux régions anglophones du Cameroun, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, opposant le gouvernement camerounais à divers groupes séparatistes. Ce conflit est lié à la situation socio-politique spécifique de ces régions depuis fin 2016.
Cette crise, initialement basée sur des revendications corporatistes des avocats et enseignants, bascule progressivement vers des revendications sécessionnistes fortes en raison des réponses jugées insuffisantes du gouvernement, du refus d’ouvrir un débat sur le retour au fédéralisme et de nombreuses violations des droits humains par les forces de sécurité camerounaises.
Plusieurs tentatives sont faites pour résoudre le conflit. En juin 2019, la Suisse joue le rôle de médiateur. En septembre de la même année, le président Paul Biya annonce un « grand dialogue national » sur le conflit à la fin du mois.
En janvier 2023, le Canada annonce qu’un processus de paix est enclenché pour le Cameroun, avant que ce dernier ne démente avoir confié à Ottawa le rôle de médiateur.
En mai 2024, Capo Daniel, l’ancien porte-parole des Forces de défense de l’Ambazonie (FDA), l’un des principaux groupes armés séparatistes dans les régions anglophones, appelle à la fin des hostilités dans l’attente de négociations avec le gouvernement, mais ce dernier lui oppose une fin de non-recevoir. Ces efforts échouent et les violences se poursuivent.
Depuis son déclenchement, le conflit a fait plus de 6 000 morts et a contraint plus d’un millier de personnes à fuir leur domicile.
- Rumeurs balayées : Cavaye Yéguié Djibril aperçu en bonne santé à Mada, aucune évacuation médicale - 20 janvier 2026
- « Menacé et traqué depuis 17 ans » : Jacques Bertrand Mang interpelle Paul Biya - 20 janvier 2026
- La CAN change sa trajectoire : Samuel Kotto rejoint le Stade de Reims - 20 janvier 2026







