La Coalition des organisations de la société civile et des droits de l’homme pour la paix dans les régions anglophones a condamné ce qu’elle a qualifié d’exécution sommaire de Mohfesam Smella, un homme d’affaires populaire et professeur d’école secondaire à Baba 1, département de Ngoketunjia, dans la région agitée du Nord-Ouest.
L’organisation a déclaré qu’il a été tué par des soldats camerounais. Les soldats auraient également pillé son magasin et torturé des civils non armés.
Selon l’organisation de défense des droits de l’homme, Mohfesam Smella a été « brutalement assassiné » le lundi 11 novembre 2024 par des membres des Forces de défense camerounaises à Baba 1, arrondissement de Babessi, département de Ngoketunjia. Il aurait été expulsé de force de sa maison et torturé aux côtés d’autres villageois avant d’être tué.
« Avant d’être tué, lui et d’autres civils ont été soumis à de graves actes de torture et à d’autres traitements inhumains pendant plusieurs heures », a déclaré l’organisation de défense des droits de l’homme.
L’organisation a ajouté : « Mohfesame Smella a ensuite été emmené par l’armée et son corps sans vie a été retrouvé peu après au bord de la route près du lycée public de Vemgang, Baba 1, avec des traces de blessures par balle sur le corps. »
Des sommes d’argent colossales et trois téléphones portables auraient été saisis sur le défunt. « Parmi les téléphones portables saisis se trouvait celui de ses transactions MTN Mobile Money, avec une somme d’argent raisonnable à l’intérieur », a écrit l’organisation. Mohfesam Smella possédait une boutique, un bar et des services de transfert et de retrait MTN Mobile Money.
Condamnant les actes horribles commis par les forces de l’État, l’organisation de défense des droits de l’homme « a appelé à une enquête indépendante et impartiale immédiate par l’autorité compétente pour arrêter et poursuivre les auteurs de leurs crimes ».
Elle a également demandé aux organisations internationales et aux pays amis du Cameroun de persuader le gouvernement de résoudre le conflit armé dans les régions anglophones. En huit ans, le conflit armé continue de causer de graves dommages humains et matériels à la population de ces régions.
Depuis 2017, lors de la crise anglophone au Cameroun, de nombreuses exactions sont commises et attribuées à la fois à l’armée camerounaise, aux groupes armés peuls et aux groupes séparatistes. Ces violences entraînent de nombreuses victimes civiles. Depuis cette date, ce conflit a fait 6 000 morts et plus 700 000 déplacés dont 63 800 personnes qui ont fui de l’autre côté de la frontière, au Nigeria.

