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Au Cameroun, les « franckistes » au nom du père et du fils

Les partisans de Franck Biya militent pour que le fils de Paul Biya soit candidat en 2025 à la présidentielle camerounaise. Mais c’est au palais que va se décider la succession…

Voilà des mois qu’ils militent pour une « transition générationnelle » au sommet de l’État camerounais. Il faudra, « le moment venu », disent-ils, trouver un successeur à Paul Biya. Et pour eux, il est tout trouvé. Les « franckistes » et les « fébistes » ne cachet pas leur soutien envers Franck Biya. Ce dernier est l’héritier désgién de la fortune familiale. Mais il est aujourd’hui question de politique. Et après un premier échec en 2018, Franck Biya espère bien un jour prendre le pouvoir. Pour ce faire, il compte sur des groupes de soutien bien organisés.

Le premier, le Mouvement citoyen franckiste pour la paix et l’unité (MCFPU), a été créé en 2013. A sa tête, Moubarak Foundikou, un enseignant-doctorant de Yaoundé. Le mouvement fébiste, le MCE-FEB, est lui plus jeune puisqu’il a été créé en début d’année. Son fondateur, le communicant Arsène Nathan Abomo, milite lui aussi pour l’investiture de Franck Biya à la présidentielle.

Jauger l’opinion publique

Officiellement, le fils Biya n’y serait pour rien dans ces créations de mouvements. Mais comme le précise Philippe Nnanga, coordinateur de l’ONG Un Monde Avenir, à RFI, « personne n’est dupe. Ce sont des ballons d’essai et c’est bien compris comme cela. On est habitués à cela. Ça se fait même dans la vie publique au niveau des quartiers. Quelqu’un qui veut se présenter à une élection dans une association fait crier son nom par d’autres personnes à gauche et à droite ». Autrement dit, le fils Biya teste sa popularité avant de s’engager.

Ce 24 septembre, le MCFPU a avancé un peu plus ses pions, avec un appel officiel à « l’union sacrée des cœurs » autour de Franck Biya et de la nécessité de maintenir « la flamme de la paix et de l’unité allumée ». Un texte écrit par l’un des fondateurs du mouvement, Mohamed Rahim Noumeu.

L’été dernier, alors qu’il était interrogé sur sa volonté de rempiler, le président camerounais avait rétorqué à une journaliste : « Le Cameroun est dirigé conformément à sa constitution. Selon cette constitution, le mandat que je mène à une durée de sept ans. Alors essayez de faire la soustraction et vous verrez combien de temps il me reste…. Mais autrement, quand ce mandat arrivera à expiration, vous serez informé si je reste ou si je rentre au village ». Paul Biya hésiterait-il ?

Chantal Biya à la manœuvre

En tout cas, Franck Biya est sur les starting-blocks. Jeune Afrique assure que les deux mouvements en sa faveur sont le fait du directeur du cabinet civil de la présidence, Samuel Mvondo Ayolo, du neveu de Paul Biya, Bonaventure Mvondo Assam, et du principal intéressé.

Mais avant de convaincre le peuple, il faut convaincre l’épouse de Paul Biya, Chantal Vigouroux, très influente au sein du palais. La Première dame manœuvre en coulisse et tient les clés de la succession. A l’horizon 2025, c’est elle qui prendra la décision d’avancer l’un des deux clans qui s’oppose : celui de Franck Biya, le fils unique de Jeanne-Irène, décédée en 1992, ou celui du ministre des Finances Louis-Paul Motaze, neveu du président et qui se verrait bien prendre la présidence de la République.

En juillet dernier, alors qu’Emmanuel Macron était en visite au Cameroun, c’est Franck Biya qui avait été officiellement présenté au président français. Le tout sous la houlette de la Première dame ? En tout cas, cet épisode devrait ravir les membres du Mouvement citoyen des franckistes pour la paix et l’unité du Cameroun. Mais 2025 est encore bien loin…

Le Journal de l’Afrique

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