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Albert Dzongang : « Dakolé était celui qu’on a voulu rouler et il a fini par rouler les rouleurs »

Dans un témoignage consacré à l’homme politique décédé le 9 Août 2022, l’ancien député du RDPC donne une autre version de la transaction ayant abouti à l’alliance entre son parti de l’époque et celui du défunt.

Au lendemain de son décès, les témoignages concernant le président national du Mouvement pour la Défense de la République (MDR) Dakolé Daissala, fusent. Nombre d’entre eux reviennent sur son parcours politique. Ainsi d’Albert Dzongang, un des conseillers de Maurice Kamto, le président national du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC).

« Dakolé est quelqu’un qui a souffert dans sa chair, qui a traversé des périodes difficiles. Cela nous rappelle les tristes événements de 1984 où il a été appréhendé alors qu’il était directeur général de la SOTUC. Quand la SOTUC était encore SOTUC. Cela me rappelle également cet ancien prisonnier devenu homme politique iconoclaste et qui a défrayé la chronique. Parce que les hommes que nous sommes, nous contentons de ce qui est visible et ne regardons pas ce qui est en dessous de ce qui est visible », a témoigné l’ancien député du RDPC sur Radio Balafon ce 10 Août 2022 ;.

L’ancien député du RDPC s’est employé au cours de son intervention à blanchir le défunt. Alors que celui-ci avait été accusé de trahison après avoir passé un accord avec le parti au pouvoir en minorité à l’Assemblée Nationale en 1992, Dzongang expose une version des faits qui tend à dédouaner le fondateur du MDR.

« Je sais que beaucoup parlent de Dakolé comme du traître qui a fait que le RDPC auquel j’appartenais en 1992 ait réussi à avoir les trois députés qu’il lui fallait pour avoir la majorité (à l’Assemblée Nationale, ndlr). Je voudrais restituer la vérité et rétablir le mémoire de ce vaillant camerounais. Dakolé est entré en jeu en 1992 juste parce qu’il se faisait rouler.

Donc, après les élections, l’UPC, l’UNDP et le MDR formaient une majorité à l’Assemblée Nationale, pendant que nous au RDPC tremblions pour savoir comment on va faire pour sortir de cette affaire, il leur suffisait de s’entendre pour voter un président de l’Assemblée Nationale, contrôler le gouvernement et imposer une cohabitation comme on dit en français.

Nous avons été surpris de voir que l’UNDP et l’UPC s’étaient rapprochés de nous chacun voulant négocier ce qu’il est. Mais comme ils avaient de la surenchère, on m’a chargé de transmettre la nouvelle à monsieur Dakolé qui était dans son coin, rebelle, prêt à en découdre avec le pouvoir qui l’avait mis en prison.

Mais quand il a su que les autres étaient en train de négocier dans son dos, lui qui avait six députés alors que nous n’en avions que trois, il a accepté de nous donner les trois à un prix inférieur à ce que les concurrents demandaient.

Et par la suite, ses concurrents sont venus et ils n’ont plus été aussi exigeants qu’on le croit. Dakolé était incapable de trahir. C’était celui qu’on a voulu rouler et il a fini par rouler les rouleurs », conclut Albert Dzongang.

CIN

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