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Affaire Wazizi, selon Daniel Anicet Noah, les journalistes sont dans une sorte de majorité silencieuse

L’enseignant de journalisme présente la vision qu’il a des péripéties du métier de journaliste aujourd’hui au Cameroun.

Le constat d’une forme de harcèlement sur le métier de journaliste aujourd’hui est-il pertinent ?

Oui absolument, le métier de journaliste est un métier positif et agressif et le journaliste est dans un combat mental contre un certain nombre de puissances pour avoir les informations certainement pour faire avancer la liberté d’expression. Il y a une dichotomie entre les tenants d’un ensemble de pouvoirs et les journalistes. Je dirai même qu’il y a une triangulation avec les populations et l’opinion publique mais à partir de là pour moi, il faut savoir que nous sommes dans une période de guerre.

Je ne sais pas s’il y a des jours où vous n’entendez pas qu’il y a une bombe qui a explosé dans un quartier de Yaoundé. C’est donc un choc de volonté. Les gens qui posent des bombes sont des protagonistes et peuvent être même des belligérants. A partir de là, les journalistes n’ont plus un travail qui est un long fleuve tranquille parce eux-mêmes sont en période d’agression parce qu’ils veulent briser les lignes et il y a un certain nombre de puissances qui veulent soit se défendre soit elles sont en position de protection de l’information.

Je ne suis pas partie prenante de la sorte de dichotomie à laquelle on veut nous concentrer entre les pouvoirs politiques et les journalistes. Les pouvoirs sont divers et les puissances sont diverses et le jeu des journalistes est confronté à cet ensemble de faisceaux de forces.

Peut-on encore parler de liberté de la presse au Cameroun dans ce contexte ?

Je voudrai d’abord me prononcer sur les arrestations parce que je ne sais pas si ce qu’on appelle arrestation et ce qu’on appelle interpellation est conséquent ou bien décrit une sorte d’acte des forces de l’ordre. Lorsque vous me parlez de cela, vous voulez me parler des arrestations des gens que vous considérez comme journalistes. Je ne suis pas d’accord à partir du moment où quelqu’un se fait d’abord arrêter et c’est après qu’il est journaliste.

Mon attitude sur Wazizi est la suivante : je pense qu’on peut être activiste et être présent dans les medias mais je pense que les journalistes camerounais ont un problème pour sécuriser d’abord leur métier. Avec un peu de respect de la déontologie et de la considération de leur propre métier. Je vous poserai la question suivante si vous étiez dans le métier de la gestion du journalisme de savoir si quelqu’un qui travaille dans une radio communautaire est un journaliste ? Partout je vous l’assure vous verrez que c’est non ! Un activiste peut être sur un media ou un autre.

C’est cette confusion-là qui fait que les journalistes se défendent mal et que les vrais journalistes soient parfois dans une sorte de majorité silencieuse. Je ne suis pas d’accord sur ce populisme et cette confusion. Les activistes ont le droit d’être activistes ou bloggeurs, influenceurs ou même autre chose mais pas journalistes. Vous n’êtes pas journalistes. Et là je dis que votre problème va dans un choc civil comme quelqu’un qui a diffamé une autre et puis après vous avez toutes ces corporations qui s’inventent au jour le jour mais moi je n’en suis pas.

Moi je suis un défenseur des journalistes comme je vous l’ai dit dès le départ, je considère qu’il y a un certain nombre de violences actuelles mais je ne suis pas d’accord qu’il y ait des violences sur les journalistes mais il ne faut pas qu’on profite de l’activisme pour emmener des imposteurs et qui finalement ne sont journalistes qué lorsqu’ils ont acheté une carte au dernier moment ou bien on leur invente une carte dans une association d’activités. Cela dilapide les forces des journalistes et cela tue un peu le métier de journaliste.

Cette situation conflictuelle est due à quoi?

Cette situation est due premièrement à ceux qui font véritablement le métier de journaliste et se taisent, ne sécurisent pas leur métier et deuxièmement dans un monde dans lequel le web, le virtuel ou le monde numérique ne nécessite aucune qualification d’écriture ou aucune qualification déontologique. C’est donc ainsi que les activistes mènent leurs activités dont ils ont droit et c’est légitime mais lls se font passer pour des journalistes.

Il y a d’abord cette confusion et je peux donc dire que les puissances qui existent ou bien les pouvoirs qui existent profitent de cette confusion pour malmener l’image du journaliste. On fait appel ici à l’insécurisation du métier pour ceux qui sont dans le métier et peut être qu’ils se sont déjà découragés et deuxièmement c’est dû à la montée en puissance de la liberté d’expression sur le web, sur les sites qui ne nécessitent pas de qualification pour faire de l’activisme.

Quelles peuvent être les conséquences à court et à long terme ?

Les conséquences à court terme et à long terme sont de deux ordres. Pour le journalisme de manière interne dit de la corporation, nous nous acheminons vers la mort du journalisme car l’extrême confusion va faire que le délabrement des entreprises de presse soit grandissant.

Lorsqu’on n’est pas crédible ou qualifié et que vous ayez des gens de cet acabit à l’avant-scène, les entreprises de presse sont en délabrement. Et dans la mêlée, ce sont les journalistes et les vrais qui sont écrasés par cette ambiance créée par la plèbe. Deuxièmement, la conséquence est que la place publique ou l’opinion publique va donc être malmenée par ce qu’on appelle la communication psychologique subliminale, etc.

aujourd’hui à travers le monde, l’opinion publique est malmenée et violée parce qu’il n’y a plus un mainstream du journalisme et il n’y a que des activistes et autres. Le problème commence dans le micromilieu des journalistes qui entraine inexorablement à tuer le journalisme tel que je constate le mouvement au niveau de l’opinion publique, c’est un gâchis total et une destruction de la République.

On va donc fonctionner avec des foules manipulées par des activistes et c’est ce à quoi nous nous acheminons dans les républiques notamment dans les républiques africaines grâce à la tricherie et l’hypocrisie d’un certain nombre de medias qui se passent pour des modèles et qui nous manipulent au jour le jour.

Source: Le Jour

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