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Suspension temporaire du stade d’Olembe : un dommage économique à évaluer

Au lendemain du mouvement de foule ayant coûté la vie à huit personnes au stade d’Olembe quelques minutes avant le match opposant le Cameroun aux Comores, le président de la Confédération africaine de football (Caf), Patrice Motsepe, a annoncé, le 25 janvier 2022, que par respect pour les victimes, le quart de finale prévu dans ce stade est délocalisé. De cette décision, naissent des conséquences économiques pour des opérateurs.

La Can initialement sucrée pour des micro et macro opérateurs économiques est, depuis 72 heures, devenue amère. De petits et grands commerçants, qui avaient installé leurs ingrédients dans différents stands avant l’entame de cette compétition continentale, ont, bon gré mal gré, décidé de libérer le plancher. Question d’aller faire fortune ailleurs. Le village de la Can, qui grouillait de monde 24h/24, est, en l’espace de quelques jours, devenu désert.

Et pour cause: une décision de la Confédération africaine de football (Caf) est tombée sur la ciboule des entrepreneurs économiques tel une épée de Damoclès sur la tête d’un crucifié. Des agents commerciaux, qui ont commencé à faire de bonnes recettes dès le départ, se morfondent, aujourd’hui, en raison des pertes économiques considérables et préjudiciables pour leurs petits et grands commerces.

Les vendeurs de boissons alcoolisées, de denrées alimentaires, vivres frais, les vanniers, les stylistes-modélistes, les petites fabriques des des secteurs primaire et tertiaire, etc s’escrimaient à écouler leurs produits de petite et grande consommation pour le grand bonheur des consommateurs. Que d’économies investies par des opérateurs des différents secteurs d’activités. Mais pour quels bénéfices en retour au demeurant ? Ceux et celles qui avaient fait des prêts d’argent auprès des particuliers et des banques pour louer des stands risquent, sans conteste, de ne plus rentrer dans leurs frais tant ils ont déjà passé trois jours sans commercialiser leurs objets.

Partant de ce que les prix des stands varient entre 200.000 et 400.000 Fcfa en fonction de la taille, l’incidence économique est évaluée, au bas mot, à des centaines de mil, voire à des millions de Fcfa au regard de la configuration des espaces loués et de la démographie galopante qui afflue dans les alentours du stade d’Olembe, creuset de la socialité et de la sociabilité populaires.

Qui va, in fine, payer la note? Des investisseurs locaux et étrangers auront-ils la capacité de se redéployer sur d’autres sites abritant la Can Total Énergies à quelques heures de l’entame des quarts de finale? Ces deux questions restent en veilleuse en attendant la décision de la Caf de réhabiliter le stade d’Olembe pour la suite de la compétition.

D’ailleurs, le point de presse du président du Comité d’organisation de la Can(Cocan) est prévu ce vendredi, 28 janvier 2022 à 20h à Douala. Narcisse Mouelle Kombi va, au cours de cet échange public, faire l’évaluation à mi-parcours du déroulement de la Can Total Énergies 2021.

Serge Aimé Bikoi

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