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Selon Haman Mana avec le coronavirus, le Cameroun est très mal parti

Dans un éditorial paru ce lundi, dans le Quotidien Le Jour, journal dont il est le directeur de publication, le journaliste jette  une vue panoramique sur la situation du coronavirus au Cameroun.

Haman Mana, le directeur de publication du quotidien Le Jour, n’est pas satisfait de ce qu’il qualifie comme gestion improvisée de la crise sanitaire que traverse le Cameroun en ce moment. Une crise due à la pandémie du coronavirus. Dans son éditorial de ce lundi il est plutôt critique.  « Le directeur de l’hôpital (Jamot de Yaoundé) a été appelé en pleine nuit la semaine dernière par un supérieur hiérarchique, lui demandant d’aménager rapidement de l’espace pour des malades de Coronavirus qui devraient lui être envoyés dans deux heures. Image un peu lamentable, mais révélatrice de toute l’improvisation et l’impréparation qui caractérise la prise en charge de cette maladie grave qui met le monde entier désormais à genoux », révèle le journaliste.

La suite est plutôt anecdotique, « mais ici au Carrefour Jamot, loin s’en faut, on n’est pas à genoux. Il n’est pas midi, mais M. D, la serveuse de bouillon du carrefour a encore son petit bar animé de gaillards qui reviennent du «deux-zéros», le match de foot pour vétérans du week-end, et qui rechargent les batteries avec du bouillon de patte de bœuf bien pimenté arrosé de bière. La conversation n’effleure le «Corona» que pour s’en éloigner et se donner  bonne conscience «N’est-ce pas on a dit que c’est une maladie sui n’attaque que les gens qui vivent au pays des Blancs ?», narre celui-ci.

Sensibilisation

Selon le journaliste, cette banalisation de la maladie est un grave frein à la sensibilisation. La mal est pourtant là en témoigne les sorties du patron de la santé. « L’actualité de cette pandémie autour de nous, ce sont les tweets quotidiens du ministre de la Santé, Malachie Manaouda, qui, depuis un mois, date du dépistage du «malade Zéro» au Cameroun, fait le point quotidien. Une ascension inquiétante, si l’on prête attention à la progression arithmétique des chiffres: 1 puis 3, 7, 13… Une centaine déjà cinq semaines après le dépistage du tout premier cas ».

« Jusqu’à présent, le système de santé semble tenir, si l’on fait foi aux tweets crânement sereins du ministre de la Santé. Mais personne n’est dupe: le Cameroun et sa structure de santé vont être pulvérisés, là où l’Espagne, l’Italie, la France plient. Le nombre de lits de réanimation au Cameroun à ce jour ne dépasse pas la cinquantaine. Installés tous dans les métropoles Yaoundé et Douala. S’il faut maintenir quelques dizaines de malades sous respiration artificielle. Mais la ressource matérielle n’est pas le seul problème. Il faut du personnel », conclut le directeur de publication.

 

 

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