Au cœur d’une affaire devenue virale qui associait ce produit très prisé à des allégations d’« impropriété à la consommation », le LANACOME et la société François Santé SARL ont choisi d’apaiser le débat.
En conférence conjointe, le 12 août 2026 à Yaoundé, les deux parties ont réfuté l’existence d’un rapport officiel condamnant le produit, rappelé un partenariat technique engagé en 2025 et exposé les mesures de mise à niveau en cours. Entre défense de l’image, obligations judiciaires annoncées et promesse d’un « Made in Cameroon » exigeant, l’épisode dessine surtout la fragile frontière entre rumeurs numériques et preuves scientifiques.
La rumeur vient d’être désamorcée par les faits. La conférence de presse organisée dans un hôtel de la capitale répondait d’abord à une tempête sur les réseaux sociaux. En effet, des publications évoquaient une prétendue déclaration du Laboratoire National de Contrôle de Qualité des Médicaments et d’Expertise (LANACOME) qualifiant le Bôme François d’« impropre à la consommation ».
Mais le dossier remis aux médias est sans équivoque : aucun communiqué ni rapport officiel émanant de la direction du LANACOME n’établit une telle affirmation. Le laboratoire et l’industriel ont donc préféré remettre le débat sur le terrain des documents et des procédures, plutôt que sur celui des insinuations.
Un partenariat technique, pas une condamnation
Les intervenants ont souligné l’existence d’une convention d’accompagnement signée en juillet 2025. Il ne s’agit pas d’une mise en cause judiciaire ou sanitaire, mais d’un partenariat technique destiné à renforcer les capacités de François Santé. Selon le PDG, François Ekouma Ananga, des experts du LANACOME ont procédé à une évaluation de l’outil de production et animé des sessions sur les Bonnes Pratiques d’Hygiène et de Fabrication, la démarche HACCP, la méthode 5S et la traçabilité. L’objectif proclamé étant de « produire mieux », au-delà de l’augmentation du volume de la production.
Transparence revendiquée, travail en cours
Le patron de François Santé SARL a reconnu que la mise à niveau n’était pas achevée. Infrastructures, déploiement de procédures, métrologie et audits internes restent à renforcer. Plutôt que d’y voir un aveu de faiblesse, il a présenté cette reconnaissance comme le signe d’une volonté de transparence et d’amélioration continue. Parmi les actions déjà engagées figurent, en bonne place, l’implémentation d’outils de suivi des matières premières et la codification des lots pour améliorer la traçabilité. Ce qui constitue d’ailleurs des mesures concrètes pour répondre aux attentes sanitaires et commerciales.
L’image en jeu et la riposte judiciaire
Au‑delà des aspects techniques, la conférence avait une dimension politique et médiatique évidente. François Santé Sarl a qualifié les publications virales de campagne de dénigrement susceptible de nuire à son activité. Le dossier de presse annonce des poursuites pour diffamation, cybercriminalité et concurrence déloyale. Ce qui marque clairement la volonté de l’entreprise de reconquérir son image par la voie judiciaire si nécessaire. Parallèlement, elle réclame l’application de contrôles homogènes pour tous les produits similaires commercialisés au Cameroun, locaux ou importés, appelant à l’équité réglementaire.
Le « Made in Cameroon » sous condition
Il faut dire que l’affaire se déroule dans un contexte plus large. Il s’agit notamment de la nécessité pour les productions locales de gagner des marchés face à des concurrents souvent mieux structurés. Pour François Santé, le label « Made in Cameroon » ne doit pas rester un slogan marketing, mais s’incarner dans la qualité, la rigueur et la responsabilité. La démonstration passe par des procédures traçables, une formation continue et des contrôles fiables. Autant d’éléments présentés lors de la conférence de presse conjointe.

