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Scandale financier au Chantier Naval : un expatrier abattu en plein vol

A la fois conseiller technique, directeur commercial et d’exploitation de cette structure : des responsabilités aux antipodes qui lui permettraient d’être juge et partie, Jean Alain Dorier qui bénéficie déjà, selon certaines sources, d’un traitement salarial mensuel étonnant pour une entreprise qui s’enlise, est pointé du doigt par les employés comme chef d’orchestre des manœuvres dolosives qui y ont fait leur lit depuis plusieurs années. Déballage !

Des dénonciations fusent de partout depuis quelque temps sur la gestion sujette à caution du Chantier naval industriel du Cameroun (CNIC), laquelle serait à l’origine de sa santé financière qui va de mal en pis au fil des années. Parmi les personnes à qui les employés de cette entreprise font porter le chapeau de cette situation pernicieuse, vient en tête de peloton Jean Alain Dorier.

Un expatrié qui occupe cumulativement les postes de conseiller technique et de directeur commercial et d’exploitation. Suffisant déjà pour.mettre en grogne, comme on peut le voir dans des documents parvenus à notre Rédaction, une grande frange du personnel qui explique les diminutions successives du chiffre d’affaires du CNIC par cet état des choses.

Une conjoncture dans laquelle, il devient pratiquement impossible à son top management de le dépêtrer, toutes les mesures prises jusqu’à présent, à l’exemple des plans de sa restructuration en série, n’ayant produit aucun effet escompté.

Selon nos sources . « Depuis quelques années, le top management du CNIC ayant constaté la diminution annuelle de son chiffre d’affaires qui passait de 3,7 en 2016 à 2,5 milliards de Fcfa en 2019, a opté pour des plans de restructuration successifs qui, à ce jour, ne donnent aucun résultat. Cette société poursuit inexorablement « son naufrage » qui la conduit à « une mort certaine » ».

Et d’ajouter « Ces différents plans de restructuration avaient pour objectif la réduction des charges de l’entreprise. C’est ainsi qu’il a été mis sur pieds un plan social qui a, à terme, permis à l’entreprise de se séparer de 310 de ses travailleurs, C’était donc dans l’optique de réaliser une économie substantielle d’environ 200 millions de Fcfa par mois, soit plus de 02 milliards annuellement. Malheureusement, les résultats escomptés n ont pas été à la hauteur des espérances. »

Preuves à l’appui

Quel reproche fait-on donc à Jean Alain Dorier ? On est en droit de se poser cette question, qui trouverait sa réponse dans les dénonciations qui font de l’ancien directeur de la production, l’un des principaux fossoyeurs de cette entreprise qui serait transformée aujourd’hui en leur mamelle financière.

« Preuves à l’appui, cet homme est l’auteur et chef d’orchestre de la plupart « des coups » graves perpétrés contre le CNIC (et par ricochet ses employés et l’Etat du Cameroun). Des forfaits ayant entraîné des pertes financières et biens matériels importants, au détriment de la société. Mais le plus surprenant, c’est l’absence totale de prise de sanctions par les dirigeants contre cet employé, malgré les faits délictueux ou compromettants observés à mettre à son passif », pestent certaines sources.

Déjà, pour certaines personnes, il est concevable, comme c’est malheureusement le cas de cet expatrié de 70 ans et plus, qu’un travailleur du CNIC occupe à la fois les postes de directeur commercial et directeur d’exploitation, ce qui est, selon elles, une incongruité. Car, ce sont des responsabilités aux antipodes qui font de lui juge et partie. Toutes choses qui contribueraient de façon notable aux mauvaises performances de cette entreprise.

« En plus, et en dépit des décrets de juin 2019 mettant en apport, entre autres nouveautés, le traitement salarial des Dg, Dga et Pca des entreprises publiques et assimilées, adossé aux performances financières de celles-ci, le traitement du conseiller technique/di- recteur commercial et d’exploitation est resté idem. Il reçoit un salaire net mensuel de 6.500.000 Fcfa, soit un brut d’environ 09 millions de Fcfa, sans compter les autres avantages en nature (véhicule de fonction avec chauffeur logement avec prise en clmrge par l’employeur de l’eau, électricité, gardiennage, frais de voyage pour congés annuels, sa famille et lui couverture en assurance) et une prime de rendement en fonction des résultats financiers de l’entreprise. Finalement, ses revenus représentent une charge de près de 12 millions de Fcfa par mois », s’insurgent d’autres sources.

Baisse drastique

Pour celles-ci, ce traitement de faveur ne trouve aucune explication, ce d’autant plus que cette entreprise ne cesse de s’enliser du fait que les activités commerciales faisant partie du champ de ses missions et responsabilités, sont en berne. Résultat des courses la baisse drastique du chiffre d’affaires débouchant sur la dégringolade progressive de celle-ci d’année en année depuis plus de cinq ans.

« Dans ces conditions, point n est besoin de s’interroger sur la prune de rendement qui n’aurait pas dû figurer parmi les éléments de traitement concédés à cet expatrié qui bénéficie déjà d’un niveau de rémunération si confortable assuré avec ou sans résultat, et en dépit de la santé financière de l’entreprise », soutient une autre source. D’ailleurs selon elle, il était plus équitable si un montant fixe était réservé à ce dernier en plus des commissions sur les projets apportés au CNIC, sur la base de la révision de son contrat.

Dans le registre des plaintes formulées contre ce haut cadre du CNIC, le fait de n’avoir jamais produit le diplôme d’ingénieur dont il se prévaut. Il faut dire que cet état des choses est comparable, toutes choses étant égales d’ailleurs, à l’inertie et à l’incurie des principaux responsables de cette entreprise.

Et pourtant, sous d’autres cieux, cet étranger du fait d’être incapable de brandir le parchemin qui aurait été son cheval de Troie pour son entrée dans cette entreprise, devrait être en butte à des sanctions conformément, comme déclarent certaines personnes, à la législation en vigueur Celles-ci se désolent d’ailleurs que cela ne soit pas le cas, ceci au grand dam des Camerounais hautement qualifiés pour cet emploi qui végètent dans les quartiers.

Encore plus, pour des raisons similaires plusieurs travailleurs du CNIC avaient été bottés en touche, toutes choses qui viennent confirmer la politique de deux poids deux mesures mise en œuvre dans cette structure où les mesures sont à géométrie variable. C’est d’ailleurs pourquoi, comme indiquent quelques sources « le constat malheureux est que, du fait de ce défaut de qualification académique, cet expatrié entretient des relations très tendues avec les ingénieurs camerounais talentueux dont il a poussé une partie à la démission ».

Technique de sauvetage

Renseigne-t-on, les relations conflictuelles entretenues entre ce Blanc et les techniciens de haut vol locaux dont les solutions techniques de sauvetage, par ce dernier rejetées, après le coulage du dok de 10.000 T en février 2015 et sans une autre proposition, ont été à l’origine d’un quasi échec des travaux. C’est après 18 mois passés sous l’eau que cet équipement a connu un renflouement grâce au travail d’un ancien ingénieur du CNIC.

« 18 mois d’immobilisation d’un outil de production critique représente un manque à gagner de 3 milliards de Fcfa, à cause du mauvais esprit de ce responsable », précise une source.

Dans la même veine des griefs contre le conseiller technique, des cas de fraudes et de détournements dont il serait prétentieux de chercher à égrener le long chapelet. Des faits qui seraient contenus dans les rapports du commissaire aux comptes et détenus par les services du Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe).

Il s’agit donc entre autres de « projet Saipem Tad une perte d’environ 1,5 milliard de Fcfa projet Hercule (travaux de remise à niveau) une perte d’environ 0,5 milliard de Fcfa projet Muelhan une perte d’environ 100 millions de Fcfa travaux d’assainissement du site de Limbe travaux pour 303 millions de Fcfa indûment ordonnés par ses soins et violation des textes du Code des marchés publics, barge Taskforce D606 coulée à Limbe dans une opération clandestine, cette barge rapportait environ 2000 euros par jour au CNIC barge achetée auprès de la Sepbc disparue et jamais arrivée au CNIC, achat suscité par cet expatrié et mise à sa disposition du prix d’acquisition barge non identifiée introduite au CNIC par cet expatrié en question avec un numéro d’immatriculation manuel posé par ses soins ». La liste se poursuit. Affaire à suivre.

Le Zénith

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