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Musique : qui était Christian Nguini, l’arrangeur des stars ?

L’ingénieur de son devenu producteur de plusieurs célébrités de la musique bikutsi mois aussi d’artistes d’autres registres, est décédé le mardi 7 juin 2022 à Yaoundé des suites de maladie, а l’âge de 62 ans.

Son nom est indissociable de plusieurs albums de stars du bikutsi. A révocation des morceaux « Le ventre », « Trahison » tirés des premiers opus de Lady Ponce, le nom de Christian Nguini surgit à la mémoire. Cet arrangeur de génie, faiseur de tubes, a quitté la scène artistique hier, succombant à une longue maladie à l’Hôpital Général de Yaoundé.

Son domicile situé au cœur du marché Mvog-Mbi a accueilli famille, amis et proches, dans une ambiance forte en émotions. Le portail de la chefferie de troisième degré de Mfoundassi I est resté ouvert une bonne partie de la journée. Le chef est mort, laissant « orphelins » les autochtones de ce quartier populaire de la capitale.

C’est dans ces locaux de la chefferie que se trouvait également le célèbre studio « Fel- Fess » de Christian Nguini, qui a vu passer une belle brochette de vedettes de la musique bikutsi, comme K-Tino, Ange Ebogo Emerent, Majoie Ayi, Coco Argentée et Mani Bella, Gibraltar Drakus. Sans oublier le regretté Nkodo Si Tony, pour qui il avait arrangé le tube «Ngoan Ezoum ».

« Des artistes camerounais faisant dans d’autres registres comme Bachou Sylla, et même des artistes venus du Gabon et de la Guinée équatoriale, ont souvent fait le déplacement pour travailler avec lui », se souvient Tino Atangana, pianiste, ami et collaborateur de Christian Nguini.

Cet après-midi du 7 juin 2022, la porte du studio « Fel-Fess » (l’éclair en ewondo) est fermée. L’heure est à la détresse pour Sandrine Nguini, l’épouse éplorée, et les visiteurs qui se succèdent dans l’enceinte du domicile de l’arrangeur, producteur et instrumentiste (il affectionnait particulièrement la guitare), disparu à l’âge de 62 ans – il est né en 1960 d’après ses proches.

Au début des années 90, à son retour d’Allemagne, où il est allé se façonner à l’ingénierie du son, Christian Nguini ouvre son «temple », alors à l’époque un ensemble de deux chambres. Deux décennies plus tard, le studio s’est agrandi et s’est imposé comme «the place to be » pour créer de la musique à Yaoundé. Il n’était ja mais à la traîne en matière de technologie comme le précise Tino Atangana.

« Des ordinateurs de marque Atari aux appareils ultra modernes utilisés dans les studios actuels, Christian était toujours à la pointe », déclare le musicien. Le temps et les NTIC n’ont pas eu raison de son esprit novateur. Au contraire, ils l’ont nourri et élargi. Ses prouesses en matière d’arrangements, Christian Nguini ne les garde pas pour lui tout seul, mais les transmet à une génération de jeunes artistes parmi lesquels se comptent Tino Atangana, mais aussi Francis Mbe.

« C’est lui qui m’a tout appris dans les métiers du son. Il m’a encadré. C’était un grand instrumentiste qui touchait à tout avec perfection. La qualité du son de titres qu’il a enregistrés dans les années 90 est toujours d’actualité aujourd’hui », rappelle Francis Mbe, ingénieur du son et musicien, mais aussi « disciple » de Christian Nguini. Infatigable comme le décrivent ses proches, il travaillait sur plusieurs opus au moment de son décès, ceci malgré la maladie, et sur un projet personnel.

Cameroon Tribune

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