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Lutte contre le Covid-19 : « le gouvernement passera dès à présent à la phase coercitive »

La déclaration du ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi.

« Monsieur le Ministre de la Santé Publique;

– Monsieur le Représentant de l’Organi-sation Mondiale de la Santé ;

– Monsieur le Représentant Résident de l’UNICEF ;

– Madame le Directeur Général du Centre Pasteur du Cameroun ;

– Mesdames et Messieurs les Représentants du Centre de Contrôle et de Prévention des Maladies;

– Mesdames et Messieurs les Représentants de toutes les autres Institutions Partenaires du Cameroun ;

– Mesdames et Messieurs les Professionnels des médias ;

– Distingués Invités ;

– Mesdames, Messieurs

Merci à toutes et à tous d’être présents à cette conférence de presse conjointe qui, comme vous le savez, va porter sur l’évolution de la pandémie du coronavirus au Cameroun.

D’emblée, il convient de rappeler que le Gouvernement a, de concert avec les partenaires de la communauté internationale, entrepris d’endiguer la progression du COVID-19 sur le territoire national, dès que cette redoutable maladie a été signalée aux portes du Cameroun.

C’est ainsi que l’Organisation Mondiale de la Santé avait édicté un train de précautions individuelles à observer pour éviter de contracter la maladie ou de la transmettre à autrui.

Pour sa part, le Gouvernement, par la voix du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, rendait publiques en date du 17 mars 2020, treize (13) mesures édictées par Son Excellence Paul BIYA, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, à l’effet de stopper la progression de la pandémie au Cameroun, que je voudrais une fois de plus rappeler ici :

1- La fermeture des frontières terrestres, aériennes et maritimes du Cameroun, avec suspension de tous les vols passagers en provenance de l’étranger, à l’exception des vols cargos et des navires transportant les produits de consommation courante, ainsi que les biens et les matériels essentiels, dont les temps d’escale seront limités et encadrés ; les Camerounais désireux de retourner dans leur pays devront prendre l’attache de nos différentes représentations diplomatiques ;

2- la suspension de la délivrance des visas d’entrée au Cameroun aux différents aéroports ;

3- la fermeture de tous les établissements publics et privés de formation relevant des différents ordres d’enseignement, de la maternelle au supérieur, y compris les Centres de formation professionnelle et les Grandes Ecoles ;

4- l’interdiction des rassemblements de plus de cinquante (50) personnes sur toute l’étendue du territoire national ;

5- le report des compétitions scolaires et universitaires, à l’instar des Jeux FE-NASSCO et des Jeux Universitaires ;

6- la fermeture à partir de 18 heures, des débits de boissons, des restaurants et des lieux de loisirs, sous le contrôle des Autorités administratives ;

7- l’instauration d’un système de régulation des flux des consommateurs dans les marchés et les centres commerciaux ;

8- la limitation des déplacements urbains et interurbains aux seuls cas d’extrême nécessité ;

9- l’invitation des conducteurs de bus, de taxis et de mototaxis à éviter des surcharges dans les transports publics, avec pour corollaire une attention particulière des forces de maintien de l’ordre au strict respect de ladite prescription ;

10- la réquisition en tant que de besoin, à la diligence des autorités compétentes, des formations sanitaires privées, des hôtels et autres lieux d’hébergement, des véhicules ainsi que des équipements spécifiques nécessaires à la mise en œuvre du plan de riposte contre la pandémie du CO-VID-19 au Cameroun ;

11- la préférence à accorder désormais par les administrations publiques aux moyens de communications électroniques et aux outils numériques, pour les réunions susceptibles de regrouper plus de dix (10) personnes ;

12- la suppression des missions à l’étranger pour les membres du Gouvernement et les agents du secteur public et parapublic;

13- l’invitation des populations à observer strictement les mesures d’hygiène recommandées par l’OMS.

S’agissant des recommandations de l’OMS, elles se déclinent en cinq points majeurs:

1. Se laver régulièrement les mains à l’eau propre coulante et au savon pendant au moins 30 secondes, ou avec une solution hydroalcoolique, plusieurs fois par jour;

2. Eternuer ou tousser dans le pli intérieur du bras et de l’avant-bras, ou le cas échéant, dans un mouchoir en papier, et jeter ledit mouchoir dans une poubelle ;

3. Eviter tout contact étroit avec toute personne présentant des symptômes de grippe ;

4. Eviter les contacts étroits avec des animaux sauvages et d’élevage ;

5. Bien cuire la viande et tout autre aliment avant de les consommer.

Nous avons tout lieu, avant toute chose, de saluer toutes ces mesures prises sans tarder, et qui témoignent, sans conteste, d’une réactivité remarquable, d’une anticipation et d’une détermination manifeste du PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, SON EXCELLENCE PAUL BIYA et du Gouvernement, à faire face par tous les moyens à une menace dont la gravité et l’implacabilité sont aujourd’hui avérées.

Ces mesures ne sont pas restées théoriques. Les pouvoirs publics, au premier rang desquels le Ministère de la Santé Publique, sont, depuis lors, à pied d’œuvre, de jour comme de nuit.

Des équipes de toutes les Administrations compétentes sont mobilisées et travaillent sans répit, avec abnégation, dévouement et patriotisme, 24 heures sur 24, à l’instar de ces jeunes médecins, ingénieurs, techniciens et infirmiers du Centre des Opérations des Urgences de Santé Publique, qui, véritablement, méritent le soutien, les encouragements et les félicitations de la Nation.

Bien évidemment, nos encouragements et notre reconnaissance s’adressent à l’ensemble des professionnels de santé et à tous les soignants mobilisés sur l’ensemble du territoire national, pour être les principaux acteurs de la riposte nationale face au coronavirus.

Nous voulons également ici, saluer l’accompagnement précieux et efficace des pays amis et de nos partenaires internationaux dont nous apprécions hautement les conseils et le soutien.

Pour autant, si l’on peut relever d’un côté qu’une bonne frange de la population s’est un tant soit peu conformée au respect de ces prescriptions pour celles qui lui incombe, on constate malheureusement d’un autre côté, qu’un nombre important de nos concitoyens se refusent systématiquement à observer lesdites prescriptions.

Il en est ainsi des rassemblements de plus de cinquante (50) personnes qui continuent d’être organisés sous divers prétextes tels que les rencontres festives ou funéraires, l’organisation des manifestations sportives improvisées et bien d’autres regroupements allant au-delà de la limite autorisée.

De la même façon, de nombreux débits de boissons continuent d’accueillir en leur sein des foules de consommateurs allant généralement jusqu’au cœur de la nuit voire au petit matin, au mépris de la prescription gouvernementale édictée en la matière, certains usant de dérobades pour tromper la vigilance des pouvoirs publics.

En ce qui concerne le respect de la régulation des flux dans les marchés et autres lieux de commerce, force est de constater là aussi que les mêmes cas d’indiscipline se multiplient, avec dans certaines situations, des actes d’agression perpétrés contre des Autorités administratives ou des Forces de Sécurité en plein exercice de leurs prérogatives de contrôle du respect des prescriptions gouvernementales.

D’un autre côté, les surcharges de personnes dans les moyens de transport public se poursuivent allègrement, comme si de rien n’était, qu’il s’agisse de taxis, de moto-taxis ou de bus de transport. Quant aux recommandations de l’OMS, nombre de camerounais rechignent encore à se laver les mains ou à les désinfecter sous de fallacieux prétextes de carence en eau ou de manque de solutions hydroalcooliques.

Il en est de même des salutations avec poignées de mains, des accolades ou du non-respect de la distanciation sociale fixée à un mètre au minimum.

En tout état de cause, le constat du non-respect des mesures de prévention et de riposte contre le COVID-19 par nombre de Camerounaises et de Camerounais, leur insouciance, voire leur apparente indifférence face à toutes les alertes qui sont données jusqu’à date, semblent justifier pour une part déterminante, l’accélération de la propagation du virus observée ces derniers jours dans certaines de nos grandes agglomérations notamment Yaoundé, Douala et Bafoussam.

Et comment ne pas évoquer, pour le regretter et le stigmatiser ici, le comportement délibérément irresponsable et l’incivisme de certaines personnes qui, placées en quarantaine dès leur entrée sur le territoire national, parce qu’en provenance de pays fortement touchés par la pandémie, ont choisi de rompre leur confinement, pour se fondre dans la nature, alors qu’elles étaient déjà contaminées, contribuant ainsi à démultiplier les statistiques de propagation, là où on avait jusque-là réussi à les contenir à un niveau tout à fait raisonnable

Face à de telles situations qui mettent en péril la santé de la Nation tout entière, il est important de rappeler à toutes et à tous que le coronavirus est une pandémie d’une gravité extrême.

Il n’y a qu’à voir pour s’en convaincre la désolation qu’il sème dans la quasitotalité des pays du monde, y compris ceux disposant des systèmes de santé les plus avancés. Les records de contamination, de propagation et de mortalité enregistrés sont là pour le témoigner, s’il en était encore besoin.

Ceux qui persistent dans le non-respect et dans des comportements mettant en danger leur santé et celle de leur entourage, doivent savoir que ce faisant, ils se rendent responsables de la propagation exponentielle de cette terrible maladie.

De la même façon, on a pu constater une prolifération de fausses nouvelles et d’allégations fantaisistes sur des modes de prévention ou de traitement des infections à coronavirus, ainsi que des informations dénuées de tout fondement circulant à travers les réseaux sociaux dans le seul but de dérouter l’opinion ou d’entretenir la psychose parmi les populations.

Le Gouvernement condamne fermement de tels comportements, qui sont inadmissibles et doivent impérativement cesser. L’heure n’est pas à la rigolade ni aux fantasmes de plaisantins cyniques et irresponsables.

Au demeurant, tout en continuant la sensibilisation des populations, le Gouvernement passera dès à présent à la phase coercitive, et ceci conformément aux directives du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, prises sur Très Hautes Instructions du PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE et contenues dans sa déclaration du 24 mars 2020, au terme de la réunion du Comité interministériel chargé d’évaluer la mise en œuvre du plan gouvernemental de riposte contre la propagation de la pandémie du coronavirus au Cameroun.

Nous tenons à rappeler que l’article 260 du Code Pénal prévoit à cet effet « un emprisonnement de trois (03) mois à trois (03) ans » pour toute personne qui par sa conduite, facilite la transmission d’une maladie contagieuse et dangereuse.

A cet égard, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, indiquait dans sa déclaration que des instructions fermes ont été données aux Autorités administratives et municipales, ainsi qu’aux Forces de Maintien de l’Ordre, pour opérer des contrôles systématiques visant à repérer tout contrevenant aux prescriptions gouvernementales.

Les auteurs de ces actes auront donc à répondre de leurs écarts devant les juridictions compétentes, dans les conditions prévues par la loi.

Pour sa part, le Gouvernement entend prendre toutes ses responsabilités, pour veiller sur la vie des Camerounaises et des Camerounais, ainsi que sur celle de toute personne résidant ou de passage sur le territoire national, en les protégeant d’une contamination massive au coronavirus.

Face à la situation d’urgence nationale qui prévaut aujourd’hui dans notre pays, je réitère aux professionnels des médias, l’appréciation du Gouvernement, pour leur implication dans cette campagne de sensibilisation des populations, et je leur demande de s’engager davantage dans cette dynamique constructive, en vue d’apporter à nos concitoyens, une information fiable, tant il est vrai que la’ guerre contre le coronavirus est une affaire de tous, les médias aux avant-postes, qu’il soient publics ou privés.

Cette sensibilisation accrue de la Nation entière face à cet ennemi commun qu’est le coronavirus, est le gage de la réussite de la riposte du Cameroun face à ladite pandémie.

Il en va de notre survie commune.

Nous ne pourrons vaincre cette pandémie que si tous, individuellement et collectivement, nous en faisons notre défi, un défi que nous ne pouvons relever qu’en-semble.

Le Ministre de la Santé Publique va à présent prendre la parole, pour donner un point général de la situation de la pandémie, telle qu’elle se présente à ce jour au Cameroun.

Je vous remercie de votre bien aimable attention. »

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