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Le Président Paul Biya : les grands défis de la nouvelle année

A la veille de l’année 2022, le président Paul BIYA -à qui certains lancent des pierres comme sur un terrain de lapidation- a sidéré plus d’un de ses compatriotes dans son traditionnel message de vœux à 1a nation. Son ton ferme et déterminé sur certains sujets abordés ainsi que sa candeur inattendue ont ébahi de nombreux Camerounais.

Cet homme d’Etat « politicien chevronné, connu pour son habileté et son pragmatisme, sait comment se comporter dans les situations les plus délicates, faisant preuve de modération et de compréhension ». Ce portrait dessiné par Herbert A. Schott dans ses mémoires l’Hôtelier, est difficile à décrypter tant il peut être partiel et incomplet, s’agjssant d’un homme décrit par d’autres comme secret et contradictoire, sachant se réserver le matin plaisir de surprendre.

Mais il n’en demeure pas moins que c’est un président, préparant tes générations à leurs devoirs, obligations et droits, qui s’est adressé au peuple camerounais ce 31 décembre 2021 au point d’étourdir différents groupes de Camerounais par ta sévérité de son propos. Laisser croire que le président est indifférent à ce qui se passe dans le pays est un grand tort et une grave erreur d’appréciation.

Le regard porté sur les chantiers politiques, économiques, sociaux, menés au Cameroun, confirme l’ampleur des réformes à mener malgré des avancées observées ici et là. Pour autant, le président Paul BIYA n’a occulté ni les défis à relever, ni les fléaux à combattre. Il a fait le choix de mettre en lumière les potentialités du Cameroun et tes acquis qui serviront de leviers au développement du pays.

L’exigence et la nécessité de mieux appréhender les axes d’amélioration de nos politiques, n’ont pas échappé à ceux qui t’ont regardé à la télévision ou écoutés, agglutinés autour d’une radio dans les coins les plus oubliés du Cameroun. Le pari d’un changement progressif et patient dans ta mise en œuvre de la décentralisation est une posture révélatrice de la manière de gouverner du président.

Cependant, une certitude demeure : l’information du président BIYA est toujours plurielle et il demeure le seul arbitre de sa décision. Il est vrai que c’est le travail des collaborateurs que l’on saisit, mais beaucoup plus difficilement t’empreinte présidentielle.

Le chef de l’Etat demeure attentif à la valorisation des avancées porteuses d’espoir pour ta jeunesse et à ta recherche du retour de ta paix dans tes régions anglophones et de l’Extrême-Nord, qui sont des défis constants à relever, incontestablement, le président est porteur d’un idéal et d’un grand dessein pour le Cameroun qu’il convient d’implémenter avec le concours d’une technostructure compétente, loyale et patriotique et l’ensemble des Camerounais dans leur enrichissante diversité.

La Covid-19

Dans tous les pays du monde, la pandémie de la Covid- 19 est redoutée par les dirigeants. Trouver les mots justes pour parler avec gravité de ta situation sanitaire sans céder à ta peur et à la panique, et sans plonger le pays dans un climat d’anxiété, est un exercice à ta fois difficile et délicat.

Les nombreuses théories complotistes véhiculées par les médias et les réseaux sociaux ont laissé croire à une partie de ta population que ta Covid-19 est une arme du néocolonialisme et le vaccin un véritable danger. L’intervention salutaire du président BIYA per- mettra-nous t’espérons- de remettre les choses en ordre. La santé est un droit pour chacun.

L’internationalisation de ta crise sanitaire de ta Covid-19 invite chacun d’entre nous à faire preuve de responsabilités en se vaccinant et en respectant les gestes barrières et tes consignes des autorités sanitaires. La probabilité, voire l’éventualité, d’autres pandémies à des horizons plus ou moins lointains, nous interpelle.

C’est maintenant l’occasion pour nous de continuer à investir de manière colossale pour l’amélioration de notre système de santé. Les conséquences potentiellement désastreuses de la Covid-19 nous obligent à réarmer chaque jour nos hôpitaux et centres de santé. A l’heure actuelle, on n’a plus le droit de mourir d’une maladie que l’on peut éviter.

La décentralisation

Le président Paul Biya, principal artisan de la décentralisation, invite à la « prudence » et à la « patience » dans la conduite de cette importante réforme dont il a été l’inspirateur dans les années 1990. En effet, comme le précise le professeur Joseph Owona dans son ouvrage intitulé La décentralisation camerounaise, « la décentralisation /régionalisation a une base constitutionnelle faite de normes définies par la loi fondamentale ».

Mais elle est par ailleurs le résultat d’un compromis issu de la tripartite entre partisans du retour à la constitution de 1961 et le gouvernement sous le magistère du président Paul BIYA. Pourquoi la « prudence » et la « patience » ? La réponse réside dans le fait que, jusqu’à ce jour, l’organisation de l’Etat obéit à une rigoureuse hiérarchisation de l’héritage jacobin dans les régions francophone du pays.

La décentralisation fait cependant son chemin à un rythme qu’il convient de ne pas « précipiter ». Le Sénat- qui est la chambre des collectivités locales décentralisées-est fonctionnel. Les assemblées régionales sont installées. Le Cameroun profond aspire à jouer son rôle dans le choix de son destin. En parfait connaisseur de son pays, le président est au fait des limites que pose l’appropriation de cette réforme et les graves préjudices qui peuvent

en découler. Agjr par étape, mais surtout rester prudent et patient. Ceci d’autant plus que certains ministères dans le gouvernement se montrent de moins en moins décentralisateurs au fil des ans, car phagocytés par leur propre administration.

La mise en marche de la décentralisation a ouvert une nouvelle ère. De nombreux obstacles commandent de mener ce chantier avec méthode. La décentralisation répond cependant à une profonde attente de la société camerounaise. Sa réussite est un challenge.

Statut spécial du NOSO

La spécificité culturelle et linguistique reconnue au sein de la nation camerounaise, en faisant des régions du Noso des collectivités à statut spécial, est une des clés de la résolution de la crise anglophone. Il importe dès lors de rendre et concret les bénéfices de cette réforme pour les populations.

Cette mise en exergue passe par un ensemble de politiques publiques inclusives et d’approches participatives. Sans bouder notre plaisir, nous pouvons nous réjouir que la recherche effrénée de la paix ait conduit le président BIYA sur le choix d’un statut spécial pour les régions anglophones. Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls.

Herman Cohen, diplomate américain, détracteur impénitent des institutions camerounaises et partisan déclaré du séparatisme sécessionniste revient de sa méprise et déclare : « Après avoir efficacement empêché tes séparatistes anglophones d’atteindre leur objectif politique, le gouvernement du Cameroun devrait maintenant lancer un processus de réconciliation qui mettrait l’accent sur l’autonomie culturelle »

Le gouvernement camerounais n’aura pas attendu l’appel de M. Cohen pour organiser le Grand Dialogue National-forum de réconciliation- et engager la réforme du statut spécial. La volonté et l’approche constante de recherche de la paix et de l’unité du pays dans le respect strict de la constitution, sans pour autant exclure le dialogue, est un indicateur indéniable du patriotisme du président.

Dans cette crise comme dans d’autres, aucun observateur de bonne foi ne peut se priver de faire l’éloge de la patience du président Paul BIYA qui « sait admirablement attendre

Perspectives économiques

Dans un contexte économique international complexe, fortement marqué par la crise sanitaire due à la Covid-19, l’évolution positive des indicateurs macro-économiques après une régression de la croissance à 1,1% en 2020, les prévisions tablent en 2021 sur une croissance à 3,6% et un relèvement autour de 4,2% en 2022. Ça pousse à l’optimisme.

L’objectif de la politique économique est de remettre le pays sur le cap de l’émergence en 2030 par la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement. La recherche d’une croissance inclusive créatrice d’emplois pour une jeunesse sous-employée, est un impératif pour la relance de nos activités économiques.

N’oublions jamais que les conditions de vie de nombreux jeunes sont malheureusement misérables et peuvent être lourdes de menaces d’un point de vue politique. On comprend l’embrigadement et l’attraction exercée par la communication des séparatistes dans le NOSO et celle islamiste de Boko Haram dans l’Extrême-Nord, sur une jeunesse semi-scolarisée vivant dans la désespérance.

En offrant sur fond d’idéologje mortifère des gains immédiats issus du pillage, de nombreux jeunes sans espoir se sont laissés piéger par 1a barbarie et le crime. Grace au professionnalisme de nos forces de défense, nous avons évité l’effondrement du Noso, ce sera grâce à nos progrès économiques que nous saurons restaurer la confiance en l’avenir à la jeunesse camerounaise.

Lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite

La progression insidieuse de la corruption et des détournements de fonds publics gangrène véritablement notre gouvernance publique. Malgré les nombreuses institutions mises en place pour l’endiguer, le coût des pratiques corrompues et des atteintes à la fortune publique pèsent lourdement dans la gestion de nos finances publiques.

En termes clairs, le président BIYA dans son message du 31 décembre 2021, lance un appel et pas des moindres : que l’intérêt général cesse d’être bafoué. La volonté franche d’obtenir davantage d’honnêteté dans 1a gouvernance publique est un facteur de paix et de consolidation de notre processus démocratique.

La corruption peut détruire un pays. Une fois que l’éventualité d’un avantage personnel devient un facteur, il devient rapidement le seul facteur qui compte. Le coût, la qualité, la réalisation et autres considérations légitimes sont négligés dans l’octroi des contrats. Les exemples sont légion dans notre pays. Le président prévient et rappelle que la justice exercera son droit d’inventaire contre les détournements de fonds publics, qui hypothèquent parfois gravement l’avenir du Cameroun.

La création de trois universités

Trois conditions sont indispensables pour l’industrialisation d’un pays afin de s’assurer l’attractivité des fameux investissements directs étrangers (IDE).

1. Le niveau d’éducation et de formation

2. Le dynamisme de la recherche et de l’innovation

3. Les ressources financières

Dans un pays qui aspire à s’industrialiser, le développement humain s’impose et peut même devenir un préalable. Le rôle de l’université pour avoir de ressources humaines bien formées est prépondérant. La création de 3 nouvelles universités concourt à nos objectifs d’industrialisation. Notre offre éducative devra répondre aux besoins de modernisation de notre économie en vue de son insertion dans la chaine des valeurs de la mondialisation.

L’adaptation de la formation et de la recherche universitaire doivent être en adéquation avec les besoins de notre économie et nos objectifs de développement. Les nouvelles universités seront des acteurs primordiaux du développement, de la vitalité et du rayonnement économique des régions.

Elles devront développer la recherche technologique en collaboration avec les entreprises-publiques et privées- et les collectivités territoriales, afin de se retrouver par leurs actions plurielles au cœur des attentes et des besoins de la société dans leurs régions et largement au-delà.

CAN 2022

La réussite de la Can 2022 -d’un point de vue organisationnel- permettra à n’en point douter de redorer le blason du sport camerounais et faire rayonner l’image du pays au-delà des performances sportives souhaitées par tous. La qualité de l’accueil et de l’hospitalité de nos hôtes est un challenge que le pays des Lions indomptables saura relever, à travers une mobilisation sportive, saine et sans chauvinisme. « Impossible n’est pas camerounais ».

Nous avons toutes tes chances de pouvoir accrocher une nouvelle étoile au maillot des Lions indomptables. Nous devons être en communion avec le président Paul Biya, le douzième joueur. Notre souhait est une cette CAN soit un moment d’amitié et de fraternité entre peuples africains.

Par Jean-Simon ONGOLA OMGBA, Ancien député à l’Assemblée nationale du Cameroun

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