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« J’étais seul sur un lit froid et muet » : le témoignage poignant d’un malade guéri du Coronavirus

Victime du Covid 19, Gba Medja jeune ingénieur raconte sa prise en charge, son confinement et sa guérison après avoir passé 15 jours à l’hôpital central de Yaoundé.

Je suis confiné chez moi depuis le 15 mars, le 02 avril j’ai commencé à avoir un début de paludisme (je le pensais) le 05 avril j’ai demandé à un ami de venir me placer une perfusion contre le paludisme, ça m’a remonté, mais j’étais toujours fatigué et un de mes oncles m’a conseillé de faire un test Covid-19, alors j’ai appelé le 1510 et ils sont venu me prélever.

Je continuais à ne pas me sentir bien, le 08 avril vers 12h, je décide de voyager pour Abong-Mbang chez ma grand-mère, en allant vers Mvan, mon téléphone sonne et c’est le 1510 qui m’informe que je suis positif !

Je décide donc de retourner et me confiner puisque ces derniers me disent qu’ils viendront dans 14 jours pour me prélever à nouveau. Je devais rester confiné chez moi 14 jours sans soins. Le 10 avril mon état s’aggrave et je commençais à ne plus respirer et ma température augmentais, ma poitrine faisais mal.

Je toussais en même temps et c’était accompagné de violent maux de tête. J’avais perdu l’odorat, bref j’étais en train de mourir. Ne pouvant plus supporter, j’ai lancé un Sos sur le réseau social Facebook.

Jour 1

Une première équipe viens chez moi vers 14h pour â nouveau prendre mes paramètres et me font une ordonnance je leur dis qùe je vais aller acheter ça comment puisque je suis sensé être confiné ! Ils disent que je peux envoyer des amis et ils font demi-tour. Vu que j’avais fait le SOS, j’ai reçu plus de 200 appels ce jour.

Vers 16h, le professeur Eugène Sobngwui de l’hôpital central de Yaoundé m’écris sur WhatsApp et prends ma position GPS, il envoi donc une ambulance me prendre pour hospitalisation. J’arrive donc à l’hôpital central. C’était un traumatisme pour moi. On me déshabille et on me laisse uniquement avec un bermuda et mes téléphones.

Sur le lit, on me demande ma religion et le numéro d’un membre de ma famille. J’ai donc compris qu’ils faisaient cela pour alerter ma famille au cas où je mourrais. Je me suis mis à pleurer. J’étais abattu ! J’étais seul sur un lit froid et muet. Ils m’ont mis une perfusion et m’ont administré les soins.

Jour 2

Le lendemain d’étais déjà réveillé et une équipe de soignants est venu me faire des soins. C’était deux fois par jour. Le matin et le soir. Jjavais toujours peur de mourir, mais le personnel médical me rassurait. Les infirmières étaient très attentionnées et maternelles. Je me souviens j’avais envie d’un jus et une infirmière à acheter et m’a offert.

Jour 3

Je recevais quotidiennement de l’azitromicine et de la chloroquine et parfois du paracétamol. En fait, j’ai eu tous les symptômes connus du Covid-19. Quand on m’a placé la perfusion ces symptômes sont restés durant cinq jours. J’avais toujours les maux de têtes parfois à minuit ou heure du matin, je quittais mon lit et je recommençais à pleurer parce que ma tête me faisait mal.

Au-delà, même mes narines picotaient et faisaient très mal. J’ai fait un message au professeur Eugene Sobngwui par WhatsApp pour lui faire part, il m’a prescrit certains médicaments.

Jour 4

Après la prise des médicaments que m’a prescrit le professeur Sobngwui, les maux de têtes ont cessé, tout comme le mal que je ressentais aux narines. C’est après 13 jours que j’ai pu retrouver mon odorat. C’était le 22 avril. Durant mon hospitalisation j’avais perdu mon odorat. Entre temps je recevais chaque jour le traitement. Le matin et le soir. La prise en charge était parfaite. Je vous assure qu’il n’y avait pas une discrimination dans ces locaux. Nous étions tous traités avec égalité.

Jour 5

C’est au bout de cinq jours d’hospitalisation que j’étais rassuré que je n’allais pas mourir parce que j’étais seul, mais parce qu’il n’y a pas traitement pour le Covid 19. Cependant pour ce qui me concerne j’ai encore quelques questions qui persistent. Je me souviens que ma copine, avec qui j’ai dormi la veille du jour où l’ambulance est venue me chercher, est toujours là, sans aucun signe de la maladie. En plus ma ménagère. Je suis le seul à avoir contracté le Covid 19.

Jour 6

J’avais de l’espoir que la guérison était là. Je continuai mon traitement et, les soins quotidiens. C’était devenu mon train quotidien. Le matin, les soins et le soir, une autre équipe venait faire la même chose. La présence de ce personnel était rassurant. Le sourire et l’espoir jusqu’à la fatidique date du 22 avril où j’ai été déclaré guéri.

À votre retour chez vous, quel était le regard de votre entourage ?

Mes voisins n’ont pas mal pris la situation, au contraire ils m’ont félicité car j’ai pas voulu mettre leur vie en danger parce que je me suis confiné et j’ai attendu l’équipe médicale tout en restant dans ma chambre. Vous comprenez donc l’importance de rester chez soi et prendre des précautions peu importe si on est malade ou non. Il faut toujours se confiner.

Quel conseil à vos compatriotes ?

Mon message au Camerounais est simple : Restez chez vous et au cas où vous ne pouvez pas le faire, prenez un maximum de précaution. Vous pouvez ne pas être malade mais être à l’origine de la mort de quelqu’un à qui vous avez transmis la maladie sans le savoir. Lorsque on est venu m’évacuer de chez moi, j’étais avec ma copine, ma ménagère, et deux de mes amis. Tous ont été par la suite testé positif, mais aucun d’eux n’a fait la maladie.

Source: Le Jour

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