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« J’aime mon pays » : un monument sur le trajet de l’autoroute

Il était prévu un échangeur au Boulevard du 20 mai, précisément à l’endroit où on peut désormais lire « J’aime mon pays le Cameroun ».

Il avait été inauguré à la veille de la fête nationale du 20 mai. L’objectif de présenter ce monument au chef de l’Etat dont le cortège passe par là pour la tribune présidentielle située à quelques 150 mètres plus loin était évident. « J’aime mon pays le Cameroun », peut-on lire sur ce monument.

En dehors de son coût que certaines sources évaluent à 300 millions de francs CFA, du retard accusé par ce chantier qui était prévu pour aiguayer la capitale pendant la CAN, cette infrastructure pose un problème d’emplacement. Car situé exactement à’ l’endroit où un échangeur était prévu. D’où la polémique qui enfle depuis l’inauguration de ce monument.

« Ce patriotisme qui agace ‘! Ni l’amour ni le patriotisme ne se résume à la fourberie. Quand ils nous demandent d’aimer notre pays, voici le sens qu’il donne à cette phrase ! Selon eux, aimer son pays, c’est de les laisser voler encore et encore ; aimer son pays c’est de les laisser envoyer leurs enfants dans les grandes écoles à recrutement direct; aimer son pays c’est de les laisser envoyer leurs enfants dans les plus grandes universités d’Europe ; aimer son pays, c’est de les observer arracher impunément les terres de pauvres citoyens ; aimer son pays, c’est de les laisser réserver des postes de prestiges à leurs progénitures dans la fonction publique », fulmine Riphin Ngoppe.

Pour ce directeur de publication de la Voix du Moungo, l’amour de son pays doit avoir pour socle, le bien-être du citoyen. « Aimer son pays, c’est d’encenser leurs enfants qui dépensent des millions dans les boîtes de nuit ; Non! Humour pour son pays n’est pas un décret présidentiel, mais la recherche permanente du bien-être de tous les citoyens. La jeunesse de 1985 n’est pas celle de 2022 beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et il faut urgemment changer de paradigme », dit Kevin Foist).

Il est rejoint dans cette grille de lecture par le journaliste Kevin Fotso. « Le problème que j’ai avec ce monument c’est qu’il est un peu le symbole des théories sur le patriotisme qui se résume à » Aimez votre pays et fermez vos yeux. «El ce n’est pas un hasard si en dessous des deux messages on a un ballon de football.

C’est bien parce ce sport est un opium très fort capable de faire oublier qu’il y’a ni eau, ni électricité quand Toko Ekambi marque à la dernière minute à Blida. Il y’a aussi cette tendance à pousser les victimes du manque de patriotisme de certains (suivez mon regard) à se culpabiliser et à remettre en question leur propre amour pour le Cameroun. Non ! Arrêtez ça ! Vous n’avez aucune* leçon de patriotisme à donner aux gens », affirme l’homme de média.

« Le patriotisme, le vrai, c’est l’attachement à son pays et la volonté de le défendre. Le patriotisme ne se décrète pas. Il se construit dans le cadre d’une relation qu’un citoyen entretien avec son pays. Ce sentiment d’affection vis-à-vis de sa patrie est aussi le fruit de l’apport de l’état dans l’émancipation de ce dernier. Vous n’êtes même pas capable d’offrir des CNI aux gens mais vous dîtes, aimez votre pays.

Aimez votre pays même si malgré vos diplômes, vous n’y obtiendrez jamais un emploi équivalent. Aimez votre pays jusqu’au jour où vous allez vous décider à mourir lors de la traversée de lu méditerranée à la recherche d’une vie meilleure ailleurs. Aimez votre pays sans attendre rien en retour et si vous l’aimez vraiment de tout votre cœur ne vous plaignez pas…

Vous n’avez aucune leçon de patriotisme à donner à une jeunesse résiliente qui tacle sous le soleil de Nkoulouloun par 38 degrés C° en observent les fonctionnaires qui touchent 280 milles Francs CEA de salaire construire les gratte- ciels », insiste-t-il chez nos confrères de Actucameroun.com.

Expression Economique

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