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Grève des enseignants : la suspension du mot d’ordre divise les syndicats

Au terme d’une réunion de travail avec le ministre du Travail et de la sécurité sociale tenue le 17 mai dernier à Yaoundé, certains syndicats ont décidé de suspendre le mot d’ordre de grève tandis que d’autres restent de marbre.

Plusieurs mois après le début de la grève lancée par les enseignants du primaire et du secondaire, le trouble constaté au niveau des enseignements est encore loin de se calmer. Au cours de la séance de travail tenue avec le ministre du Travail et de la sécurité sociale (Mintss) le 17 mai dernier à Yaoundé, les représentants des syndicats des enseignants ont maintenu activé leur mot d’ordre de grève. C’est le cas du Syndicat des enseignants du Cameroun pour l’Afrique (Seca).

« Le Seca sort de cette concertation insatisfaite parce qu’il n’y aucune échéance qui a été donnée pour la signature du statut spécial qui tient à cœur aux enseignants. (En conséquence) le mot d’ordre de grève n’a pas été suspendu par le Seca », a précisé le secrétaire national à la communication et à la presse du Seca et par ailleurs communicant des mouvements Ots et Ota. Selon lui, la grève ne peut être suspendue que si leurs revendications sont résolues et au cas échéant, après convocation du bureau national.

« Nous avons trois revendications : l’automatisation des actes de carrière ; la signature du spécial des enseignants et le paiement de la dette envers les enseignants dans un bref délai », a-t-il énuméré. Et d’ajouter « (toutefois), nous allons convoquer un bureau national pour débattre de ces différents points de revendications et c’est au sortir de là que nous allons voir avec Ots et Ota si le mot d’ordre de grève peut être suspendu ».

Une décision que ne partage pas le Syndicat national des instituteurs contractuels et maitres des parents. A en croire le chargé de la communication, Tchouyem Gabriel Michel, le mot d’ordre de grève est pour le moment, suspendu au regard des mesures déjà prises par le gouvernement avec notamment le paiement des arriérés des dossiers de non logement aux mois de mars et d’avril derniers. « Pour le moment, le Snicomp est en train de sus- pendre le mot d’ordre de grève qui a été lancé depuis le 02 février 2022 », a-t-il annoncé.

Cependant, précise-t-il « nous comptons revenir à la charge au cas où le gouvernement ne continue pas à appliquer toutes les décisions qui ont été prises au cours de cette réunion. Notamment, la tenue effective du forum national de l’éducation au cours duquel sera toiletté le statut particulier des enseignants qu’on attend depuis 22 ans ; la facilitation du traitement des dossiers de frais de relève, des dossiers de suggestion, d’intégration, d’avancement, etc. Egalement la prise en compte des années précaires de ceux qui ont travaillé 11 ans sans salaire. Il y a aussi la prorogation de l’âge de recrute- ment des instituteurs qui sortent de l’Enieg et de l’Eniet de 40 à 45 ans et également que l’Etat commence à subventionner les syndicats particulièrement le Snicomp qui n’a jamais été subventionné depuis 10 ans de son existence ».

Convention collective

Etait aussi présent à la table de négociation, le Syndicat des travailleurs des établissements scolaires privés du Cameroun. Bien que selon les textes en vigueur au Cameroun, les enseignants du secteur privé ne sont pas payés par l’Etat, ils ont néanmoins saisi le ministre du Travail et de la sécurité sociale, Grégoire Owona, sur la nécessité de veiller à l’appli- cation effective de la Convention collective du secteur de l’éducation par les responsables des établissements scolaires privés.

« Nous attendons que la Convention collective des travailleurs de l’éducation soit appliquée pour que les fondateurs des établissements scolaires privés ne traitent plus leur personnel de façon dérisoire puisque ce sont eux qui sont censés nous payer et non l’Etat », a asserté le président dudit syndicat, Djomo Luc.

Au terme de ces échanges, Grégoire Owona a rassuré les différentes parties de la prise en compte effective de leurs doléances et a invité chacune d’elle à jouer sa partition.

« Nous notons avec un grand intérêt les préoccupations sur les- quelles vous souhaitez qu’on revienne pour trouver des solutions, notamment la tenue des états généraux de l’éducation, le statut spécial de l’enseignant et l’accélération des procédures. Nous allons donc rester dans le travail et nous souhaitons que les différentes commissions dans lesquelles les syndicats sont d’ailleurs représentés, se mettent au travail non seulement pour suivre ce qui est fait mais aussi aider à accélérer le processus », a-t- il recommandé.

Le Messager

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