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« Entrer au gouvernement n’est pas un mal » : la déclaration qui bouscule l’opposition

Le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) ne ferme plus la porte à une éventuelle entrée au gouvernement.

L’information a été rendue publique à travers une sortie médiatique de l’un de ses cadres, Maître Roger Bébé, sur le plateau de la chaîne STV. Une déclaration qui marque un tournant notable dans la ligne politique de ce parti d’opposition, longtemps présenté comme irréductiblement hostile à toute collaboration avec le régime en place.

Interrogé sur la possibilité pour le PCRN d’accepter de rejoindre l’exécutif en cas de sollicitation, maître Roger Bébé s’est montré sans équivoque : le parti pourrait répondre favorablement, à condition que certaines exigences essentielles soient respectées. Parmi celles-ci, la liberté d’action et la possibilité de travailler concrètement au service des populations figurent en bonne place.

« Entrer au gouvernement n’est pas une mauvaise chose en soi, à condition qu’on vous laisse travailler », a-t-il insisté, rappelant que le gouvernement n’est pas celui d’un parti politique, mais celui de la République du Cameroun.

Cette prise de position est perçue par de nombreux observateurs comme un véritable volte-face. En effet, lors de la période préélectorale de la dernière élection présidentielle, Cabral Libii, président national du PCRN, avait affirmé avec fermeté qu’il ne pourrait jamais coaliser avec un ancien ministre du régime de Paul Biya.

Selon lui, tous ceux qui avaient travaillé avec le chef de l’État portaient une part de responsabilité dans la misère des Camerounais. Une ligne dure qui semblait exclure toute participation à un gouvernement dirigé par le RDPC.

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Pourtant, les signaux de détente se sont multipliés ces derniers mois. Maître Roger Bébé a défendu l’idée d’une large ouverture politique, appelant le président de la République à associer non seulement le régime en place, mais aussi l’opposition et la société civile, afin de favoriser une véritable décrispation politique dans un contexte postélectoral tendu. Selon lui, rester dans un entre-soi politique ne ferait que prolonger les blocages observés depuis plusieurs décennies.

Le cadre du PCRN a également mis en avant l’expérience du parti à l’Assemblée nationale, où, malgré un effectif réduit de députés, il affirme avoir contribué à faire évoluer certaines lignes à travers des amendements adoptés. Un argument destiné à démontrer que le PCRN peut produire des résultats concrets lorsqu’il bénéficie d’un minimum d’espace politique.

Ce repositionnement intervient dans un climat politique déjà chargé. Cabral Libii avait été le premier candidat de l’opposition à féliciter Paul Biya après sa proclamation comme président élu par le Conseil constitutionnel, alors même que les résultats du scrutin restent vigoureusement contestés par Issa Tchiroma Bakary, qui continue de revendiquer la victoire. Un geste qui avait surpris et alimenté les débats sur la stratégie réelle du leader du PCRN.

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En ouvrant désormais la porte à une éventuelle participation gouvernementale, le PCRN s’expose à des critiques, notamment de la part de ceux qui y voient une contradiction avec son discours antérieur.

Le parti, de son côté, se défend en invoquant la cohérence de son action et la primauté de l’intérêt général, affirmant que toute entrée au gouvernement ne pourrait se faire que dans la transparence, avec la possibilité de démissionner si les conditions de travail ne sont pas réunies.

Reste à savoir si cette main tendue trouvera un écho du côté du pouvoir et si elle se traduira, à terme, par une recomposition du paysage politique camerounais.

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