Serge Espoir Matomba, candidat à la présidentielle à deux reprises, a critiqué le projet du gouvernement de créer de nouvelles divisions et subdivisions, le qualifiant de stratégie de « diviser pour mieux régner ».
M. Matomba, chef du parti PURS, soutient que la multiplication des unités administratives accentue les divisions entre les Camerounais. Il propose de réduire le nombre de régions du pays de dix à cinq et celui des divisions, actuellement de cinquante-huit, à trente.
Sa déclaration fait suite à un fax du ministre de l’Administration territoriale, daté du 2 décembre, enjoignant les gouverneurs régionaux à soumettre des propositions pour la création de nouvelles divisions et subdivisions.
Le ministre Atanga Nji, signataire du message, a indiqué que cette mesure visait à améliorer la couverture du territoire national.
« Le découpage actuel n’a pas été conçu par les Camerounais eux-mêmes et ne reflète ni nos réalités culturelles, ni notre contexte environnemental, ni nos aspirations à une gouvernance moderne », a affirmé Serge Espoir Matomba.
« Toutefois, il est crucial de souligner que pour nous, le redécoupage électoral ne signifie pas multiplier les unités administratives. Au contraire, il s’agit de rationaliser, de consolider et de construire des entités territoriales plus cohérentes et efficaces », a-t-il ajouté.
Réduire le nombre d’unités administratives dans le pays, a-t-il affirmé, permettra de « renforcer la cohésion nationale en dépassant les clivages artificiels et en valorisant les affinités culturelles et géographiques ».
Il estime également que cela permettra de réduire les coûts de fonctionnement, d’améliorer la coordination des politiques publiques, d’accélérer la décentralisation et de favoriser un meilleur vivre-ensemble.
La carte territoriale du Cameroun est structurée en régions (10), qui constituent le niveau supérieur de l’administration territoriale, suivies des divisions (58) et des subdivisions ou districts (360).
Établie sur le modèle de la structure de gouvernance coloniale française, cette organisation a souvent été critiquée pour sa concentration du pouvoir entre les mains des gouverneurs, des préfets et des sous-préfets, qui sont nommés et non élus.
D’autres estiment que la multiplicité des unités administratives favorise les divisions entre les Camerounais plutôt que l’autonomie.
« La politique du “diviser pour mieux régner” a montré ses limites dans notre contexte. Il est temps de tourner la page sur le découpage territorial et d’adopter une vision audacieuse, inclusive et tournée vers l’avenir », a déclaré Espoir Matomba.
« Le redécoupage administratif que nous préconisons est un acte de souveraineté, de justice territoriale et de modernisation de l’État. Il doit être mené avec rigueur, transparence et dans un esprit de participation afin que chaque Camerounais puisse s’y reconnaître et le soutenir pleinement », a-t-il ajouté.
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