La polémique autour de l’absence de Charlotte Dipanda à la cérémonie des Canal 2’Or 2026 remet en lumière les prises de position politiques exprimées par la chanteuse ces dernières années. Dans une déclaration antérieure (voir vidéos ci-dessous), l’artiste avait notamment plaidé pour une alternance à la tête de l’État camerounais, estimant que le pays avait besoin d’une nouvelle gouvernance pour répondre aux aspirations de sa jeunesse.
La controverse a pris de l’ampleur après la cérémonie organisée le 31 octobre au Palais des Congrès de Yaoundé. Présentée, selon les informations relayées autour de l’événement, comme l’invitée vedette de la soirée, Charlotte Dipanda n’a finalement pas été aperçue sur scène. Son absence a suscité des interrogations et des réactions.
À ce stade, les circonstances précises de cette absence ne sont pas publiquement établies. Aucun élément confirmé ne permet d’affirmer qu’elle serait directement liée aux déclarations politiques de l’artiste.
Une prise de position en faveur de l’alternance
Dans une intervention antérieure, Charlotte Dipanda avait abordé la question de la diversité culturelle du Cameroun avant d’évoquer son avenir politique.
La chanteuse expliquait alors n’avoir connu que le président Paul Biya à la tête de l’État. Elle disait souhaiter l’émergence d’une nouvelle proposition politique, en phase avec les aspirations d’une jeunesse davantage ouverte sur le monde et attentive aux évolutions internationales.
« Tant qu’il n’y a pas d’alternance, il n’y a pas véritablement de développement possible », affirmait-elle dans cette intervention.
Charlotte Dipanda estimait également que le pouvoir en place avait atteint les limites de ce qu’il pouvait proposer au pays et qu’il gagnerait à céder la place à une nouvelle gouvernance.
Lire la déclaration de Charlotte Dipanda :
« Effectivement, j’ai vraiment eu la chance en tant que Camerounaise d’aller dans plusieurs régions du Cameroun. C’est un atout parce que les Camerounais à l’intérieur du pays ne voyagent pas beaucoup. Donc chacun reste dans sa région, dans sa ville.
Souvent, on nait, on grandit et puis les autres, on les voit toujours comme si c’était un peu des étrangers. D’où l’appellation de l’Afrique en miniature. C’est vraiment un pays qui, du nord au sud, est complètement différent.
Les gens ont des postures différentes, des cultures différentes. D’ailleurs, on a plus de 200 langues au Cameroun. D’où la difficulté, même pour un chef d’État, de diriger tous ces Camerounais de tous bords, différents.
Mais j’avoue que moi, par exemple, je n’ai connu que le président actuel. Qu’est-ce que ça me ferait du bien d’avoir une autre proposition, de se dire que c’est une époque qui est inéluctablement révolue aujourd’hui et qu’on a besoin de voir ce que ce pays peut apporter à cette jeunesse-là qui est différente. Parce que c’est une jeunesse qui est ouverte aussi à l’extérieur, qui voit ce qui se passe ailleurs et qui a le devoir, en tout cas l’espère aussi pour son pays.
Donc moi je pense qu’il est temps qu’on nous propose autre chose. Il est temps que le Cameroun se développe, parce que tant qu’il n’y a pas d’alternance, il n’y a pas véritablement de développement possible. Je pense que l’État actuel est arrivé à bout de ce qu’il pouvait proposer au Cameroun et qu’humblement il gagnerait à céder la place à une nouvelle gouvernance sans rancune« .

