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Covid-19: Attention à la détresse respiratoire !

Dr Ubald Olinga Medjo, pneumologue, HôpitalJamot de Yaoundé.

Depuis que la pandémie du Covid-19 sévit dans le monde, des experts expliquent que 80 % des personnes atteintes ont des symptômes légers. Pour le resté, des complications pulmonaires surviennent et nécessitent une hospitalisation. Environ 5 à 10 % de ces patients ont besoin de soins intensifs et d’une assistance respiratoire.

Si la prise en charge dans un centre spécialisé et bien équipé n’est pas rapide, la mort n’est pas bien loin. La détresse respiratoire étant régulièrement pointée du doigt, CT a approché un pneumologue pour comprendre comment on en arrive-là afin d’amener les uns et les autres à davantage se protéger et à protéger leurs proches de ce dangereux virus. La prévention est comme le disent les médecins, la seule mesure capable de barrer la route au Covid-19 et à ses complications pouvant être fatales.

Avec la pandémie du Covid-19, on parle beaucoup de détresse respiratoire. Comment en arrive-t-on là?

La détresse respiratoire est une difficulté extrême à pouvoir respirer. Il ne s’agit pas seulement d’être essoufflé mais d’un essoufflement extrême. Au point où il est difficile de tenir une respiration correcte, même au repos. Cette détresse est due au manque d’oxygène dans le sang et dans tout l’organisme.

La détresse respiratoire n’est pas une maladie. Mais un état clinique pendant lequel, la personne respire mal, en utilisant d’autres muscles n’étant pas au départ impliqués dans la respiration. Dans le cadre du Covid-19, la détresse respiratoire peut-être due au fait que le virus provoque une infection du poumon. Plus le parenchyme pulmonaire est atteint, moins vous avez de l’oxygène pour respirer. C’est ainsi que vous entrez en détresse respiratoire. Un autre mécanisme qui explique la détresse respiratoire est que le sang ne circule plus bien dans les vaisseaux.

Quelles sont les personnes les plus touchées ?

Tout patient qui présente une maladie à coronavirus peut développer une détresse respiratoire. Homme, femme, vieux comme jeune, tout le monde peut en souffrir. Mais la forme grave du Covid-19 se rencontre surtout chez les personnes âgées, celles qui ont d’autres problèmes de santé tels que le diabète, l’hypertension et l’obésité.

L’expérience a montré que ces personnes font beaucoup facilement les complications du Covid-19. Des complications qui sont beaucoup plus respiratoires. Mais cette détresse respiratoire n’est pas spécifique au Covid-19. D’autres maladies en causent également. Notamment une pneumonie, une pleurésie, l’asthme, une masse dans la cage thoracique ou une insuffisance cardiaque entre autres, peuvent aussi être à l’origine de la détresse respiratoire.

Comment se fait la prise en charge des patients en détresse respiratoire ?

En plus du traitement médical (antibiotique, chloroquine…), ces patients doivent être mis sous oxygène. Si l’état du malade ne s’améliore pas malgré cette intervention, on peut aller jusqu’à l’endormir et le faire respirer par les machines. A ce stade, on est dans une situation extrême, au cours de laquelle, le pronostic vital est souvent très engagé.

Beaucoup de patients en détresse respiratoire s’en sortent-ils souvent ?

Cela dépend de l’évolution de la maladie. Beaucoup de personnes qui entrent en détresse respiratoire ne récupèrent pas. Si elles ne sont pas arrivées à temps dans les centres spécialisés, l’issue fatale arrive parfois. Il faut également relever que certains s’en sortent. Mais si le patient arrive tard à l’hôpital, il est parfois difficile de le remettre sur pied.

Nos hôpitaux sont-ils équipés pour sauver de tels cas ?

A l’heure actuelle, il ne faut pas se demander combien de respirateurs ou d’extracteurs d’oxygène sont installés dans nos hôpitaux ou que le pays devrait avoir pour la prise en charge des malades. Il est question d’évaluer individuellement ce que nous faisons pour nous protéger et protéger nos proches de cette maladie.

C’est pour cela que je demande aux uns et aux autres, d’appliquer les gestes barrières. Prévenir vaut mieux que guérir. Cette assertion n’a jamais aussi été vérifiée. Il ne faut pas prendre cette maladie comme un fait divers. C’est très sérieux. Même les pays dits développés sont en grande difficulté.

Notre premier allié dans la riposte, c’est la prévention. Elle vaut mieux que la guérison. S’agissant des équipements, il est bon de savoir qu’avant cette pandémie, nous n’avions pas beaucoup de respirateurs dans nos grandes villes. Mais l’Etat camerounais a fait ce qu’il avait à faire, en important un grand nombre de ces appareils

Quels conseils donnez-vous aux Camerounais afin qu’ils évitent la détresse respiratoire qui conduit beaucoup au cimetière ?

La pandémie est déjà dans la communauté. Donc si une personne a de la fièvre, le nez qui coule, le mal de gorge, une toux sèche, des maux de tête ou des douleurs thoraciques, ces symptômes doivent amener à consulter son médecin. Ceci bien avant que l’essoufflement n’arrive. Car si on atteint ce niveau, cela veut dire que la maladie est déjà à un stade avancé.

Source : Cameroon Tribune

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