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Cameroun : le sous-préfet de Mbankomo interdit la vente de boissons dans les lieux de deuil

Le sous-préfet de l’arrondissement de Mbankomo dans la région du Centre du Cameroun, Thierry Cosmas Nama, a signé le 11 mai 2022 un communiqué interdisant la vente d’alcool lors dans les lieux de deuil. Selon lui, l’activité est honteuse et devrait être stoppée sur tout le territoire du district de Mbankomo.

« J’ai l’honneur de vous réitérer que cette mesure reste en place et vous devez la respecter sérieusement » a-t-il noté dans le communiqué. Le communiqué a également déclaré que ceux qui tenteraient d’aller à l’encontre des mesures seraient exposés aux horreurs des forces de l’ordre.

A noter que c’est la deuxième fois en l’an 2022 que le sous-préfet de Mbankomo signe un communiqué, interdisant la vente d’alcool lors des funérailles. Le premier a été signé le 4 février 2022.

L’arrondissement de Mbankomo n’est pas un cas isolé au Cameroun. En général, la plaie est profonde. Dans un tel contexte, l’on s’interroge sur la mise en œuvre effective d’une telle décision.

En effet, les lieux de deuils se transforment de plus en plus en lieux de fête et de débordements de toute forme. Pendant ces cérémonies funestes, la tristesse tend à laisser la place aux réjouissances. Il suffit de voir la consistance des buffets lors de la collation pour s’en convaincre. De plus, ces rassemblements sont devenus des marchés spontanés.

Les riverains profitent de l’arrivée des personnes en vue de la cérémonie de requiem pour écouler les marchandises. Les produits échangés sont de plusieurs ordres. Il s’agit des produits agricoles comme le plantain, la banane, le macabo, les bâtons de manioc et d’autres. Mais il s’agit aussi et surtout des boissons alcoolisées.

A cet effet, les vendeurs prennent d’assaut les lieux des obsèques. Pour se faire plus d’argent, ils ramènent les débits de boissons vers les consommateurs. En ville comme en campagne, les mentalités ont ainsi changé et de nouvelles expressions telles « grand deuil », « pleurer le deuil » sont apparues.

« Pleurer le deuil » c’est se réunir autour des bouteilles de bière, du vin ou du vin de palme au point de partager un verre. Ceux qui sortent un peu lucides de cette partie arrosée rentrent avec le reste d’alcool. C’est lorsqu’une personne a consommé à satiété qu’elle peut apprécier l’organisation de la cérémonie. Elle peut donc conclure « ces enfants ont bien pleuré leur père (leur mère) ».

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