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Au cœur de la Francisque et du Frankisme ou comment le pouvoir suprême pourrait être transmis encore au Cameroun

Il y a 40 ans, l’ancien Président de la République, feu Ahmadou Ahidjo passait le pouvoir à son dauphin constitutionnel, le Premier ministre Paul Biya. On apprendra plus tard, qu’Ahmadou Ahidjo avait été piégé par la France, plutôt dire par François Mitterrand. Nous allons faire l’économie des raisons de ce limogeage qui ne dit pas son nom, pour montrer la similitude des faits qui se sont déroulés en France pendant la course à la présidence et sous le règne de Mitterrand devenu chef de l’Etat, et qui auraient été dupliqués au Cameroun.

Voici un autre extrait de l’histoire de François Mitterrand, racontée par Nicolas Miguet dans les dossiers du Quotidien N°6 et intitulé «Mitterrand, le roman vrai de François Mitterrand le four- be ». Rappelons que le Président Paul Biya est devenu le meilleur élève de Paris, donc de la France sous Mitterrand. Ci-des- sous, l’histoire.

Le futur chef de l’Etat termine une journée une chaude journée d’automne ce 15 Octobre 1959. Une interview d’un homme politique a fait sensation dans un journal. Il dit notamment « qu’il faut s’attendre à des attentats » et que «des commandos de tueurs ont déjà franchi la frontière espagnole », de quoi donner des frissons.

Ce soir-là François Mitterrand refuse la présence d’un ami qui voudrait comme à l’accoutumée se faire raccompagner à son domicile par lui. Dayan est un ami de longue date de l’ancien garde des sceaux. Mitterrand rentre chez lui ce soir-là lors- qu’il remarque la présence d’une Dauphine qui le suit. Il change d’itinéraire à plusieurs reprises, la Dauphine égale- ment. Il va ranger son véhicule devant un square très obscurcit par la végétation. Il bondit par-dessus une haie de fleurs et se cache derrière le feuillage.

La Dauphine s’arrête, la glace arrière gauche s’abaisse, et un canon surgit. Manque de chance ! Un couple d’amoureux descend la rue Auguste comte vers le Boulevard Saint Michel. Le canon (de pistolet ?) rentre précipitamment à l’intérieur de la Dauphine. Elle redémarre, fait le tour du square et revient se garer au même endroit. Une voix de femme retentit dans la nuit, surgie d’on ne sait où «alors, allez-y.» Le chauffeur de la Dauphine, descendu de son véhicule, y remonte.

La Dauphine démarre, avance de quelques mètres ; Elle se trouve dans l’axe de la 403. Un bruit énorme réveille tout le quartier. Une rafale de mitraillette vient d’être tirée sur la Peugeot. Il est minuit quarante-cinq, François Mitterrand vient de faire l’objet d’un attentat. Il est devenu à ce moment précis «le leader» de la gauche anti gaulliste, désigné comme tel de fait par le choix des assassins qui l’ont visé. On ne veut tuer que ceux qui gênent. Du moins on est tenté de le penser.

La vouture des «terroristes» démarre en trombe et prend la fuite. Elle est disparue à l’horizon lorsque Mitterrand sort des buissons, se rapproche de sa voiture et constate que les tireurs n’ont pas raté leur cible. Une dizaine d’impacts sont relevés à la hauteur du siège avant gauche. Si le conducteur, le futur président de la république était resté au volant il serait mort.

L’attentat a échoué, il ne reste plus à l’ancien ministre de jouer son rôle de victime. Il va faire la «une» des journaux. Il alerte la presse. Cette tentative d‘assassinat braque les projecteurs sur lui et atténue sur sa gauche, la concurrence Mendes France. Il va rester à la une de l’actualité encore pour quelques jours, il est âgé de 42 ans.

La chance l’abandonne très vite le 22 Octobre 1959, une semaine jour pour jour après le pseudo attentat, l’hebdomadaire Rivarol publie une information exclusive. Le journal n’y va pas du dos de la cuillère. En manchette de «Une» après un encadré marqué «exclusif » les gros titres s’étalent sur quatre lignes et toute la page Une les aveux du tueur l’homme qui a tiré sur François Mitterrand nous fait le récit complet de l«‘attentat bidon».

Le journal révèle que l’ancien ministre garde des sceaux a organisé sa propre tentative d’assassinat. C’est un ancien député du RPF qui a mis au point l’attentat bion avec la complicité de François Mitterrand. Il a choisi un adversaire politique pour faire le coup et le rendre crédible. Il a choisi de le faire la veille de la sortie médiatique d’un adversaire politique pour créer dans le pays un «boom» retentissant contre les ultras. Mitterrand avait déjà prévu de nier les fais s’ils se faisaient prendre pendant l’attentat bidon.

L’attentat bidon avait pour but une lutte contre les ultras. Pour que l’action contre les ultra soit parfaite, Mitterrand avait prévu un second attentat bidon contre Mendes France son adversaire le plus coriace et lui. Pendant son audition, Mitterrand a nié les fait, racontant une histoire différente de celle de son complice, Pesquet. Après la confrontation, même si on sait que Pesquet n’est pas un homme à la réputation particulièrement établie Mitterrand deviendra la risée du tout Paris. La suie, dans la prochaine livraison.

Par Irène Sidonie Ndjabun, Journaliste ; Directrice de la publication de l’hebdomadaire privé « Notre Santé »

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