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Arbitraire : quand les pressions sur la Justice se montrent

Un magistrat sollicite l’intervention du président de la République suite à une décision rendue contre le Dg du Port autonome de Douala. Dans une autre affaire, la présidence de la République qui exige la libération d’un cadre des impôts écroué pour les faits de corruption. Des faits surmédiatisés par les réseaux sociaux qui montrent un système judiciaire en péril.

FelixAgbor Balla, avocat au barreau du Cameroun, analyste politique et fervent défenseur des droits de l’homme affirme que le rôle de la justice est de faire respecter les règles dé la vie d’une société, de protéger les personnes. Il ajoute que tout Etat dit démocratique, a l’obligation de rendre performant son système judiciaire. Cette performance se traduit par la confiance du peuple en la justice et l’adhésion du public au respect des décisions prises ou rendues par les autorités judiciaires. Une décision de justice vise l’intérêt général et non l’intérêt particulier.

L’avocat se dit choqué de voir comment la justice dans son pays est manipulée par les clans au point de perdre sa réputation et son équilibre. « Les gens se servent de la justice pour résoudre leurs problèmes à leurs adversaires c’est ridicule », lance l’avocat. Il revient sur les procédures judiciaires sujettes à des batailles dont certaines personnalités se livrent depuis quelques jours. Les affaires ont d’ailleurs laissé les salles d’audience pour inonder les réseaux sociaux.

Depuis vendredi 3 juin 2022, une correspondance qu’un magistrat en service au tribunal de grande instance de Douala Bonanjo a adressé au président de la République. Ce magistrat sollicité l’intervention de Paul Biya, président du Conseil de la magistrature. Lé magistrat informe au président de la république que le jugement de condamnation infligée en 2021 contre Cyrus Ngo’o, directeur général du port autonome de Douala contre la Société- Canas Bois lui a été imposée par sa hiérarchie.

« En effet, dans ce dossier la décision m’a été dictée et imposée par ma hiérarchie directe monsieur le président du tribunal de première instance de Douala Bonanjo contre mon avis sollicité au préalable qu’il était de déclarer Sieur Ngo’o Cyrus non coupable au regard des faits et du droit », relève le magistrat ; en effet le Dg du Port autonome de Douala a été condamné en août 2021 à payer à la justice une somme de 163.426.900 FCfa. Mais le Dg du pad avait payé la die somme par deux chèques tirés sur les comptes bancaires de l’entreprise au lieu de le faire sur ses comptes, personnels.

Le paiement a été rejeté en décembre 2021 par le trésorier payeur général de Douala. La somme d’argent était censée être payée dans les six mois après la décision de justice faute de quoi un mandat d’incarcération devrait être émis contre le dg du Port autonome de Douala. Le 29 mai dernier, un avis de recherche a été émis contre le directeur général du port autonome de Douala alors que ce dernier vaque sereinement à ces occupations professionnelles.

Cet avis de recherche précisait que le Dg du port fait l’objet d’un mandat d’incarcération et qu’en cas d’interpellation, il devrait être conduit sous bonne escorte à la Division régionale de la police judiciaire du Littoral. Le 3 juin 2022, c’est le procureur général de la Cour d’appel du littoral a saisi le commandant du groupement de gendarmerie territoriale du Wouri d’aller procéder à l’arrestation de Cyrus Ngo’o:

L’autre affaire qui fait jaser l’opinion depuis quelques jours est liée à l’interpellation d’Eme- line Mvogo, chef du centre régional des Impôts pour le Centre. Cette dame a été écrouée à la prison centrale de Kondengui le 19 mai 2022 pour tentative d’escroquerie d’une importante somme à Jean Pierre Amougpu Belinga, le Pdg du Groupe l’Anecdote. Il se passe que dans la journée du 3 juin 2022, le ministre de l’Etat, ministre de la Justice Laurent Esso a reçu les instructions « téléphonique » du secrétaire général de la présidence de la République. Les instructions de la présidence sollicitaient la libération de dame Mvogo.

Dans une correspondance adressée au ministre d’Etat secrétaire général de la présidence de la République, il a été mentionné par Laurent Esso qu’au stade la procédure, dame Mvogo ne pouvait pas être libérée pour la simple raison que ses avocats ont introduit une requête pour récuser le juge qui a signé le mandat de dépôt. La demande de mise en liberté provisoire rejetée le 30 mai sera réexaminée et finalement agréée par la chambre de contrôle de l’instruction de la Cour d’appel du Centre.

Me Meli relève et souligne cette révolution numérique qui informe, et de temps en temps désinforme aussi. « L’image positive c’est que toutes les entraves classiques à la circulation de l’information se brisent au profit de la fonction normale de l’information. Il faut ajouter aussi que ces barrières brisées permettent de se rendre compte que les institutions, particulièrement l’institution judiciaire, nagent dans la boue, de sorte que cela crédite les thèses soutenues par ceux qui lui ont retiré la confiance nécessaire à son bon fonctionnement. »

Le Jour

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