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Voici comment Atanga Nji a façonné 40 ans de règne Paul Biya

Paul Atanga Nji
L'entrée triomphale de la longue marche, Atanga Nji dans la ville de Mbouda

Le nom Paul, qui signifie humilité, s’est manifesté à travers les siècles à travers différentes figures masculines, laissant un héritage inspirant. Au sein de la foi chrétienne, le nom Paul a été redéfini avec l’avènement de l’apôtre Paul et l’impact spirituel et matériel considérable qu’il a eu dans l’évangélisation et la diffusion de l’Évangile de Jésus-Christ.

Le Paul biblique incarnait une profonde spiritualité, simplifiant les réalités spirituelles et formant des figures emblématiques de la foi.

Mais dans l’histoire de la transition du Cameroun, de l’ère du président Ahmadou Ahidjo à l’arrivée au pouvoir du président Paul Biya, certains hommes ont joué et continuent de jouer un rôle particulier, facilitant le leadership de l’homme du Nouveau Pacte depuis le 6 novembre 1982.

Parmi ces hommes, celui qui a témoigné sans crainte ni complaisance des combats et des sacrifices qu’il a consentis pour soutenir le président Paul Biya est Paul Atanga Nji.

Aujourd’hui, en tant que ministre de l’Administration territoriale, il jouit d’une grande popularité, témoignant d’un soutien indéfectible au chef de l’État et défendant avec vigueur le respect des institutions étatiques.

Ce n’est pas un changement récent : cela fait partie intégrante de sa culture, qu’il considère comme du patriotisme, du soutien à celui qui incarne les institutions de l’État et du service à la nation.

Dans son livre intitulé « Paul Atanga Nji : 37 ans de fidélité sans faille au chef de l’État et aux institutions étatiques », le ministre Atanga Nji dévoile aux Camerounais une facette inédite de sa vie.

Certains ont peut-être entendu parler, ou même été témoins, de son soutien indéfectible au régime en place, mais dans ses mémoires, le ministre de l’Administration territoriale révèle au grand jour l’immense chemin parcouru pour rester aux côtés du chef de l’État, quelles que soient les circonstances.

L’auteur ajoute que ce livre permet de mieux comprendre « son combat permanent pour le respect de la légalité républicaine ».

Dans son livre, Atanga Nji révèle qu’il a, pendant des décennies, fait preuve de ténacité et de vision pour garantir la force de l’État et le soutien indéfectible au président Paul Biya, même lorsque les Cassandre prédisaient la fin de son règne, afin qu’il puisse continuer à guider le Cameroun.

Contrairement aux opportunistes et à ceux qui se sont hissés du jour au lendemain aux postes publics et aux sphères du pouvoir, l’histoire d’Atanga Nji est celle d’un jeune homme qui, depuis des décennies, démontre une profonde compréhension des raisons pour lesquelles l’État, et le leadership de Biya en particulier, ne doivent jamais être mis à genoux.

Dès ses débuts dans le monde des affaires, Atanga Nji a toujours considéré le Cameroun sous l’angle du soulagement des souffrances de ses citoyens et du soutien aux autorités, notamment au chef de l’État, pour la réussite de ses dirigeants.

Son livre met en lumière, à travers des récits et des preuves visuelles, sa position inflexible lors des moments les plus délicats du parcours démocratique du Cameroun.

Au mieux, il n’est pas réputé pour être toujours en phase avec l’opinion publique, mais une chose ressort de ses récits et de ce qu’est le Cameroun aujourd’hui : Atanga a souvent vu juste.

Il se présente comme l’homme qui a toujours été du bon côté de l’histoire et des enjeux économiques, notamment en ce qui concerne les 43 dernières années, et ce n’est pas fini, de la présidence de Paul Biya.

Atanga Nji est resté un phénomène tout au long de ces décennies. Lorsqu’il a été initialement incité à soutenir le président Biya, il était simplement un Camerounais soucieux du bien-être de son pays.

Son histoire, telle que racontée dans son livre, illustre parfaitement le fait qu’Atanga Nji n’a pas lutté pour arriver là où il est aujourd’hui. Le pouvoir et l’appel à servir à un niveau supérieur sont venus après lui.

Atanga Nji, l’homme qui voyait le présent hier

Depuis sa base à Douala, Atanga Nji, homme de convictions, sillonnait le monde pour ses affaires et a su influencer les institutions de l’État tout en analysant en profondeur la direction prise par le président Biya au Cameroun.

Son parcours n’a pas été sans embûches. Il a œuvré sans relâche, n’hésitant pas à risquer ses ressources et parfois même sa vie pour défendre son pays et son dirigeant, Paul Biya.

Paul Atanga Nji
Paul Atanga Nji remet au Secrétaire d’Etat Enoni Ephraïm du ministère des Finances, un chèque certifié de 1 million de FCFA

Un soutien désintéressé à l’État dans les moments difficiles

Ayant vécu la période de transition sous la présidence d’Ahmadou Ahidjo, qui avait appelé ses compatriotes à soutenir sans réserve son successeur constitutionnel, Paul Biya, Atanga Nji s’est pleinement investi dans ce nouveau chapitre de l’histoire nationale.

Ainsi, comme le relate son livre, dès les premières années de la présidence de Biya, et plus particulièrement durant les moments difficiles de l’incertitude post-électorale de 1990, Atanga Nji a été l’un des piliers qui ont permis de remettre le pays sur les rails.

Le 18 août 1988, Atanga Nji a offert 57 millions de francs CFA au gouvernement et au RDPC, le parti au pouvoir. Parmi ses autres dons désintéressés, on peut citer celui d’une Renault 12, de deux motos Yamaha et de quatre ordinateurs IBM à Ahmadou Ali, alors secrétaire d’État auprès du ministre d’État chargé de la Gendarmerie nationale.

Toujours en 1988, Atanga Nji fit don d’une ambulance médicalisée, de dix lits et de matelas au ministère de la Santé publique. Ce don fut alors remis au ministre, le professeur Joseph Mbede.

Le ministère des Affaires sociales bénéficia également de machines à coudre, de tricycles et d’autres fournitures offerts par Atanga Nji et destinées au centre pour personnes handicapées d’Etoug-Ebe.

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Au ministère de l’Agriculture de l’époque, il offrit un tracteur et des brouettes pour soutenir les jeunes agriculteurs. Il fit également d’importants dons au RDPC et apporta un soutien financier au ministère des Finances.

Parmi les autres institutions étatiques ayant bénéficié de sa générosité patriotique, comme il le relate dans son livre, figurent la Délégation générale à la sécurité nationale et la prison centrale de Yaoundé.

Âgé d’environ 27 ans à l’époque, Atanga Nji expliqua que ces dons répondaient aux appels du président Biya invitant les citoyens à contribuer à atténuer les effets de la crise économique mondiale de l’époque.

Entre 1990 et 2005, Atanga Nji a révélé qu’au sein de l’Association des Jeunes pour le Progrès et la Solidarité, il avait financé la formation de plus de 1 000 jeunes compatriotes dans divers domaines.

De 1990 à 1995, le ministre Atanga Nji s’est activement engagé auprès de nombreux jeunes, qu’il a décrits comme manipulés par l’opposition et poussés à manifester dans les rues.

Par le biais de l’association qu’il dirigeait, Atanga Nji a déclaré avoir investi entre 50 000 et 200 000 FCFA par bénéficiaire afin de les aider à reconstruire leur vie.

Il se souvient s’être rendu à plusieurs reprises au marché d’Etoudi et au marché central de Yaoundé, ainsi qu’au marché de Mbobbi à Douala, pour suivre la situation de ces jeunes compatriotes.

Il a également mené des actions d’investissement social, comme le nettoyage des rues de Yaoundé et le financement de dépistages médicaux gratuits pour 1 500 personnes.

Comment Atanga Nji a paralysé les villes mortes en 1990

Lorsque la guerre civile a secoué le pays, et notamment ses grandes villes comme Douala, dans les années 1990, la confusion régnait. Même les plus hautes sphères du pouvoir se sentaient impuissantes.

C’est grâce à Atanga Nji qui, en homme d’affaires, a constaté la souffrance de la population, a interpellé les autorités de Yaoundé et investi pour contrer les opérations de police.

Selon son témoignage publié dans son livre, Atanga Nji a investi au moins 122 millions de francs CFA pour acheter des taxis qui ont ensuite été mis en circulation. Il a soumis une proposition que le gouvernement de l’époque a acceptée.

C’est ainsi que la circulation a repris à Douala, une ville paralysée, au détriment du pays.

Il a précisé qu’une Toyota KE70 coûtait 2 500 dollars américains en 1991, affirmant avoir dépensé 250 000 dollars américains pour soutenir le gouvernement.

Alors que la circulation était rétablie et que la vie reprenait son cours normal, Atanga Nji a négocié et convaincu plusieurs partisans inconditionnels de l’opération de ville fantôme et des sympathisants de l’opposition de se rallier au Parti républicain.

Paul Atanga Nji
Paul Atanga Nnji remet à monsieur Benoît Namvou, Gouverneur de la Région du Centre, représentant du ministre de l’Administration territoriale, des kits sanitaires, des vêtements et chaussures pour la prison centrale de Yaoundé

Une idylle avec Lapiro de Mbanga contre les troubles civils

L’ancien magnat des affaires, aujourd’hui directeur de MINAT, révèle dans son livre comment il s’est efforcé de convaincre le musicien Lambo Sandjo Pierre Roger, plus connu sous le nom de Lapiro de Mbanga (paix à son âme), de se désolidariser des instigateurs des villes fantômes.

Atanga Nji explique que c’est grâce à lui que Lapiro a produit son album « No Make Erreur », qui mettait en garde les citoyens contre les dangers de la désobéissance civile.

Il raconte avoir eu connaissance de certains acteurs, tels qu’Anicet Ekane, alors membre du parti UPC, le militant Mboua Massock et Djeukam Tchameni, qui tentaient de développer la ville fantôme de Douala, mais qu’il est parvenu à déjouer leurs plans grâce à son ingéniosité.

Opposition à la conférence nationale souveraine

Lorsque les lois sur les libertés sont entrées en vigueur fin 1990, l’année 1991 a débuté sous la pression de l’opposition, qui a exigé l’organisation d’une conférence nationale souveraine.

Dans son autobiographie, Atanga Nji, qui relate son soutien au régime en place, révèle avoir été le premier des trois chargés d’expliquer aux citoyens pourquoi une telle conférence était inutile.

Les personnes chargées de cette tâche pour le compte de l’État, confie-t-il dans son livre, s’étonnaient qu’il ait su démontrer l’intérêt de ne pas organiser une telle conférence, alors que des intellectuels de renom, pris de panique, perdaient leur temps et n’osaient pas agir face à l’urgence de la situation.

Paul Atanga Nji
L’entrée triomphale de la longue marche, Atanga Nji dans la ville de Mbouda

Conférence pananglaise avortée

Alors que certains anglophones se ralliaient à Buea en septembre 1993 pour proclamer la Conférence pananglaise,

Atanga Nji a révélé avec audace comment, depuis Douala, il avait déployé des efforts considérables pour convaincre le chef de l’État de dissocier les populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest de cette réunion.

De l’organisation de réunions parallèles à Douala à son déplacement à Yaoundé où il fut reçu par le président Paul Biya, Atanga Nji a affirmé avoir fait passer le message au chef de l’État : les anglophones n’avaient aucun problème avec cette initiative.

Il continue d’insister sur le fait que les organisateurs de la réunion cherchaient à défier l’autorité de l’État et à semer la division parmi les Camerounais.

Il cite Simon Achidi Achu, alors occupant de l’immeuble Star, qui aurait reçu sa délégation sur les instructions de Biya, et le félicite d’avoir ainsi évité aux anglophones un camouflet.

Le ministre a également rappelé avoir créé l’Union des anglophones contre le fédéralisme pour lutter contre le retour au fédéralisme au Cameroun.

Il a précisé que cela remontait à 2003, lorsque les organisateurs de la Conférence pananglaise souhaitaient tenir une nouvelle réunion à Buea.

Atanga Nji tient le même discours concernant la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Dans sa publication, il insiste sur le fait que le président Biya a fait bien plus que nécessaire pour les anglophones.

Ce membre influent du MINAT dresse le portrait des postes clés occupés par des autochtones des deux régions anglophones au sein du gouvernement, affirmant que la population doit continuer à soutenir Biya.

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Il maintient cette position malgré les protestations des anglophones. Il a même publié des articles indiquant que les anglophones, qui représentent 20 % de la population du pays, occupent 35 % des postes importants dans l’administration.

La plus longue marche de soutien à Biya

En 2005, Atanga Nji a entrepris ce qu’il considère encore aujourd’hui comme la plus longue marche de soutien au président Paul Biya de l’histoire contemporaine.

Atanga Nji et quelques autres personnes ont parcouru à pied la distance entre Bamenda et Yaoundé, soit 405 kilomètres.

Cela s’est déroulé du 12 au 20 août 2005. À chaque étape, il s’est adressé à la foule, encourageant le soutien à Biya.

Paul Atanga Nji
Les partisans du RDPC accueillent Atanga Nji à Yaoundé après une marche pro-Biya de 405 km en 2005

L’architecte du projet de présidence à vie de Biya, amendement constitutionnel de 2008

Lorsqu’on évoque l’amendement constitutionnel de 2008 qui a supprimé la limitation des mandats présidentiels, le nom d’Atanga Nji n’est jamais mentionné.

Pourtant, dans un ouvrage détaillant son soutien indéfectible à Biya, le ministre révèle comment il a mûri cette idée alors qu’il était président de la section Mezam du RDPC.

Atanga Nji explique que les travaux ont débuté le 17 février 2008 et que, lorsque le RDPC a célébré son 23e anniversaire en mars de la même année, des personnalités comme le ministre, le professeur Fame Ndongo, avaient adhéré à son idée et que d’autres sections du RDPC à travers le pays étaient sur le qui-vive.

L’auteur explique que le projet a été lancé à Bamenda (région du Nord-Ouest), Monatele (région du Centre) et Bafoussam (région de l’Ouest), et que d’autres régions ont été impliquées.

Atanga Nji affirme qu’il avait jugé judicieux de lever ces obstacles des années à l’avance afin de garantir que la réélection de Biya ne rencontre aucun obstacle le moment venu.

Aujourd’hui, l’ouvrage présente Atanga Nji comme l’homme qui s’est battu pour prolonger le mandat de Biya à la tête de l’État, mandat qui aurait dû prendre fin en 2011.

Lutte contre les barons du régime pour faire adopter la réforme constitutionnelle

Bien que l’idée ait été approuvée au niveau du Cabinet civil de la Présidence, Atanga Nji raconte qu’au sein du gouvernement, certains poids lourds du régime étaient réticents à y adhérer.

Il déclare que leur attitude l’a amené à se demander si tous œuvraient réellement pour apporter un soutien sans faille à Biya.

Le ministre a relaté avoir reçu un message du ministre d’État chargé de l’Administration territoriale et de la Décentralisation de l’époque, Marafa Hamidou Yaya, transmis par le gouverneur de la région du Nord-Ouest, Koumpa Issa, le mettant en garde contre toute discussion sur la réforme constitutionnelle. Il cite Koumpa, qui aurait déclaré que son supérieur de l’époque craignait de provoquer la colère de l’opinion publique.

Ce message, a-t-il écrit, date du 20 mars 2008, jour de son arrivée à Bamenda après avoir fait imprimer 30 000 appareils électroniques pour lancer le projet le 24, lors du rassemblement du RDPC.

À son retour à Yaoundé, Atanga Nji a indiqué avoir informé Biya des réticences de certains ministres à soutenir le projet de réforme constitutionnelle.

Paul Atanga Nji
Atanga Nji lors de l’offensive de 1988 pour soutenir les institutions de l’État

Production musicale de campagne financée par des sponsors

Ayant ouvert la voie à la réélection de Biya, Atanga Nji a révélé avoir financé la production de la chanson « Paul Biya, ton mandat n’est pa fini a Etoudi », soit « Paul Biya, votre mandat à Etoudi n’est pas encore terminé ».

À sa grande surprise, l’épouse du chef de l’État, Chantal Biya, lui a écrit pour le féliciter de la chanson.

Franchement dévoué au président Biya

Atanga Nji a documenté avec une grande précision son engagement auprès du président Biya ces 37 dernières années, et ses actions récentes sont également relatées dans sa dernière publication.

Il détaille les mesures prises pour mettre en œuvre les directives présidentielles visant à renforcer la sécurité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Le ministre revient sur son travail à la tête du MINAT, notamment sur la distribution de l’aide présidentielle aux victimes d’atrocités dans les régions anglophones et ailleurs dans le pays.

Comme à son habitude depuis 37 ans, Atanga Nji n’a pas dit son dernier mot en matière de soutien au chef de l’État.

Il est le premier membre du gouvernement à se rendre sur le terrain après l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 pour parcourir le pays, faire le point et insister sur la nécessité de la paix, du vivre-ensemble et de l’unité nationale.

Ceux qui ont lu le récit des épreuves, des conflits et des tempêtes qu’Atanga Nji a surmontées pour soutenir Biya affirment qu’il demeure un homme politique hors pair et un patriote sans égal.

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NB : Cet article a été initialement publié dans l’édition n° 3627 du journal The Guardian Post, le lundi 17 novembre 2025, et traduit pas la rédaction

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