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Tribunal criminel spécial : ce que Bernadette Mebe Ngo’o a déclaré à la barre

Vêtue d’un Kaba (ndlr robe) de couleur vert fluo, la tête enserrée d’un foulard de la même couleur, Bernadette Mebe Ngo’o était face à la collégialité.

L’épouse de l’ancien ministre délégué à la Présidence de la République chargé de la Défense est accusée de complicité de détournement de biens publics de 5, 237, 375,575 FCFA. Elle est par ailleurs accusée de complicité de corruption et de blanchiment d’un montant avoisinant 5 milliards de F CFA.

Dans le détail, l’accusation assure que Bernadette Mebe Ngo’o est mêlée à des détournements de fonds dans le cadre de 4 marchés publics signés entre 2010 et 2013 avec la société Magforce international (Société spécialisée dans les équipements militaires). Le ministère public assure notamment que l’entreprise dirigée par Bernadette Mebe Ngo’o (ndlr Limousine prestige services) aurait perçu de l’argent en lieu et place de la société de fournitures d’équipements militaires.

Des chefs d’accusation que la femme de 61 ans rejette en bloc. En effet, Bernadette Mebe Ngo’o, a assuré devant le collège de juges ‘présidé par Annie Noëlle Batende ne rien savoir de toutes ces accusations. «Je ne me reconnais pas dans ce qui m’est reproché. Je n’en sais rien».

Où sont les preuves?

Pour sa défense, l’épouse de l’ex Mindef accuse le ministère public de ne pas détenir de preuves pour soutenir ses affirmations. « C’est vraiment de la magie. Comment une société comme Limousine prestige peut remettre ses documents à une entreprise comme Magforce international pour se faire payer en lieu et place de cette dernière ? Ces documents administratifs là sont où ? Ont-ils été produits par l’Accusation et admis comme preuve par le tribunal ? Je m’interroge, avec quel pouvoir et quels moyens je vais influer sur ces marchés? L’Accusation peut-elle m’opposer un seul acte posé par moi ? » a questionné l’accusée.

Cette dernière a par ailleurs souligné son éloignement des affaires du Mindef alors qu’elle est accusée d’être la complice de son mari. «Qui suis-je pour attribuer un marché à qui que ce soit? Je n’avais ni la fonction, ni les moyens de donner des Instructions à qui que ce soit. Comment je pouvais mettre la main sur ces milliards? La prorogation ou l’aide de ma part sont tout simplement impossible pour la commission de cette infraction» a-t- elle indiqué.

Limousine prestige services

Bernadette Mebe Ngo’o et ses conseils ont également mis en avant l’existence de la société «Limousine prestige services», qui serait antérieur à l’occupation du poste de Mindef par Edgard Alain Mebe Ngo’o.

«J’ai commencé à exercer des activités génératrices de revenus en 1984 avant que mon mari ne soit nommé. C’est lorsque mon mari est nommé préfet du Mfoundi en 1987, que je crée cet établissement de prestation de service. Qui s’appelait MND et qui deviendra en 2007 «Limousine prestige service». Donc bien avant la nomination de mon époux comme ministre. Cet établissement ria donc pas été créé pour aider mon Mari à détourner de l’argent».

Au-delà de l’argument portant sur l’antériorité de l’entreprise, la Défense s’est également attardée sur la distinction entre l’entreprise «Limousine prestige services» et Bernadette Mebe Ngo’o qui la dirigeait. Notant particulièrement l’absence de ladite entreprise de la procédure judiciaire.

« C’est le juge d’instruction qui connait de quoi il s’agit Durant toute l’information judiciaire, «Limousine» n’a jamais été entendue. À chaque audience, Madame la présidente de îa collégialité, vous nous appelez, je n’ai jamais entendu le nom de Limousine. Mais curieusement les biens de cette société ont été placés sous scellé sans explication et de nombreux employés mis au chômage. Alors que les personnes morales sont responsables depuis le Code pénal de 2016.

Les avocats ont déposé de nombreuses requêtes pour que cette injustice soit réparée sans succès. Nous attendons votre décision Mme la Présidente, pour que cette injustice soit réparée. On n’inculpe pas une personne morale quand on la met sous scellés », a assuré Bernadette Mebe Ngo’o incarcérée depuis le 11 Mars 2019.

L’audience a été renvoyée au 31 octobre prochain.

La Nouvelle Expression

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