Selon l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART), les Camerounais délaissent de plus en plus les appels et SMS traditionnels au profit de la communication par internet.
Le dernier rapport de l’ART indique que l’utilisation des appels et SMS GSM classiques a diminué de 14 %, tandis que de plus en plus d’abonnés adoptent les services OTT (Over-The-Top) tels que WhatsApp et Messenger. L’ART précise que cette tendance s’inscrit dans un contexte de croissance constante du nombre d’abonnements internet mobile actifs à l’échelle nationale.
Dans les rues de Douala, de nombreux utilisateurs constatent que les appels et SMS classiques deviennent progressivement obsolètes, le coût étant la principale raison invoquée.
« Quand je passe un appel WhatsApp, je ne crains pas de manquer de crédit. Cela consomme des mégaoctets et coûte moins cher. Avec les appels traditionnels, il faut parler vite, même avec un forfait », explique un utilisateur de téléphone portable.
L’économiste David Kuate souligne que les principaux opérateurs de télécommunications ont également contribué à cette transition par des pratiques de facturation souvent mal comprises des consommateurs.
« Depuis 2017, la plupart des services auparavant gratuits sont désormais payants. Ce qui inquiète les consommateurs et les distributeurs, notamment les opérateurs de paiement mobile, c’est l’augmentation constante des prix de divers services tels que les SMS et les transferts d’argent », a déclaré Kuate.
« Les associations de défense des consommateurs n’ont pas été en mesure d’expliquer clairement le fondement juridique de ces frais, ce qui décourage de nombreux abonnés et les pousse vers des alternatives moins coûteuses. »
Kuate appelle désormais à une meilleure protection des consommateurs et à une plus grande responsabilisation des opérateurs de télécommunications.
« Une réglementation adéquate permettrait d’établir un cadre clair expliquant l’évolution des prix depuis 2017, année où certains services étaient gratuits, jusqu’en 2022, 2024 et maintenant 2025, où les coûts ont continué d’augmenter. Il est urgent que ce secteur soit mieux réglementé afin de protéger les consommateurs », a-t-il ajouté.
ART rapporte que le Cameroun comptait 31,5 millions d’abonnés en 2024, dont 15,09 millions d’abonnés internet actifs, soit une augmentation de 19,15 %.
Le trafic de données Internet s’est élevé à 779,8 millions de gigaoctets (Go) en 2024. Bien qu’inférieur au pic de 1,25 milliard de Go enregistré lors de la crise sanitaire de 2020, ce chiffre représente une augmentation de 25,87 % par rapport à l’année précédente, témoignant d’une évolution significative des habitudes de communication mobile.
Malgré la préférence croissante pour les appels et la messagerie via Internet, les Camerounais restent partagés. Si beaucoup privilégient les plateformes OTT pour leur prix abordable, d’autres continuent de s’appuyer sur les appels traditionnels en raison d’une mauvaise connexion Internet, de perturbations du réseau et de délais de réponse inhérents à la communication en ligne.
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