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Qu’est-ce qui pourrait retarder les examens du barreau camerounais ?

Le besoin de plus d’avocats est actuellement en hausse compte tenu de l’augmentation des conflits et des taux de criminalité dans le pays. Comment le pays peut-il alors assurer l’accès à la justice sans avocats ? Depuis plusieurs années, les autorités concernées n’ont pas lancé les examens du barreau du Cameroun, ce qui a amené les avocats à se poser de nombreuses questions.

Avec plus de 10.000 diplômés en droit qui attendent avec impatience ces examens, certains ont cherché d’autres options comme l’inscription dans les écoles de droit dans les pays voisins comme le Nigeria et le Rwanda, dont ils passent par des dépenses lourdes juste pour obtenir le serment, CNA appris.

Ceux qui n’ont pas les moyens de se rendre dans d’autres pays n’ont d’autre choix que de se tourner vers d’autres professions, et beaucoup sont frustrés.

Selon Nformi Ronald Ngeh, avocat à la Cour suprême du Cameroun et du Nigeria, aucune raison concrète n’a été donnée par les autorités pour expliquer pourquoi ces examens n’ont pas été lancés. Il se demande pourquoi les examens de l’École nationale de la magistrature et de l’administration (ENAM) sont lancés chaque année alors que les examens du barreau en sont exemptés.

 » Je pense que le problème majeur est la centralisation du pouvoir … Le Barreau devrait être habilité à organiser ses examens … le Barreau devrait également faire plus de pression sur le gouvernement pour lancer ces examens », a-t-il déclaré à CNA dans une interview.

Pour lui, le barreau camerounais devient progressivement la risée des autres barreaux des pays voisins : « Je pense qu’en quelque sorte, il a trop supprimé notre barreau dans le sens où nous devons mendier pour que des avocats soient ajoutés à nos rangs, ce qui est une situation terrible… ».

Selon certains avocats, il s’agit d’une stratégie utilisée par le gouvernement pour supprimer les pouvoirs du Barreau.

 » Cela montre à quel point le Barreau est impuissant face au gouvernement et indique le manque de volonté de la part du gouvernement, par le biais de son ministre de la Justice, de promouvoir le respect de l’État de droit ». a expliqué le Barrister Ronald.

Selon lui, le nombre insuffisant d’avocats a entraîné une surcharge de travail pour les avocats chevronnés. « Cette situation affaiblit encore plus le barreau, car de nouveaux avocats sont censés venir renforcer les anciens, mais ce n’est pas le cas. C’est un problème sérieux pour le Barreau camerounais ».

En décembre 2022, certains avocats ont traîné le ministre de la Justice, Laurent Esso, devant les tribunaux pour ne pas avoir lancé les examens du Barreau.

Ils l’ont accusé d’aller à l’encontre du décret n° 91/305 du 4 juillet 1991, sections 1 et 2, qui stipule que l’examen d’aptitude à l’exercice de la profession d’avocat est organisé chaque année au mois de décembre et que le ministre de la Justice en fixe les conditions, indique la date et le lieu et publie la liste des candidats. Cependant, aucune information concrète n’a été révélée sur le déroulement de l’affaire.

Les examens du barreau visent à qualifier les avocats en formation et à les admettre dans l’institution. Bien que la loi prévoie que les examens soient organisés chaque année, ce n’est pas le cas depuis 9 ans puisqu’il a été lancé pour la dernière fois en 2014 au Cameroun.

CNA

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