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Pourquoi le Tchad a rappelé son ambassadeur au Cameroun

Les premières suites de l’affaire de la nationalisation des actifs de la compagnie pétrolière Esso Chad ont commencé à émerger. Dans un communiqué rendu public le 20 avril 2023 par le secrétaire général de la Présidence du Tchad, Gali Ngothé Gatta, l’on apprend que depuis des semaines, des différends, rendant la collaboration et le partenariat entre le Tchad et le Cameroun sur la gestion du pipeline préoccupante, existent et persistent. Ceux-ci portent sur la «prétendue acquisition des actifs de l’ex-Esso Tchad par la nébuleuse Savannah Energy ».

En fait, depuis des semaines, le Tchad est sérieusement préoccupé par « les agissements inamicaux et contraires aux intérêts du Tchad» des représentants camerounais dans les conseils d’administration de Cameroon Oil Transportation company (Cotco) et Tchad Oil Transportation company (Totco). «Plusieurs de lettres de suite ont été adressées aux autorités camerounaises ; lettres qui sont restées sans réponse », souligne le secrétaire général de la Présidence de la République du Tchad dans son communiqué.

Autre sujet de préoccupation dans cette affaire de nationalisation des actifs d’Esso au Tchad, le Tchad dénonce également les pressions des personnalités camerounaises qui gravitent autour de Savannah Energy sur des officiels tchadiens. Des « interférences » dont goûtent très peu Ndjamena.

Non content de cet état de choses, la Société nationale des hydrocarbures et Savannah Energy, derrière le dos de l’Etat tchadien, vont conclure « un accord prévoyant la cession par une filiale de Savannah Energy Plc de 10% du capital social de Cotco à la SNH ». Un acte qui courrouce au plus haut point à Ndjamena, d’autant plus qu’il viole les conventions et statuts de Cotco.

Cette démarche unilatérale des autorités camerounaises, notamment de la SNH, en contradiction avec les conventions et statuts de Cameroon Oil Transportation Company, a mis la puce à l’oreille du Tchad, qui s’est souvenu que sur un tout autre plan, le Cameroun ne joue pas franc jeu avec lui. Car, dans le cadre de l’acquisition des actifs de Petronas, le Tchad a déposé un dossier d’agrément en bonne et due forme auprès des autorités communautaires de la Concurrence.

« Plus d’un mois après, il revient que seul le Cameroun n’a pas répondu aux lettres de demande d’avis de non-objection adressée par la Cemac  aux ministres du Commerce  des pays membres », révèle Sg de la Présidence. Ces lettes, précise-t-il, sont utiles à la convocation de la commission de la concurrence qui devra statuer sur l’acquisition des actifs de Petronas par le Tchad.

Cet ensemble d’agissements et d’attitudes pour le moins questionnables, poussent ainsi le Tchad à « défendre ses intérêts et sa respectabilité », d’autant plus qu’ils « mettent à mal, dans ces deux dossiers, les relations entre les deux pays ». Aussi, tout en les dénonçant, le pays a-t-il décidé du rappel de son ambassadeur en poste à Yaoundé pour consultation.

Cette situation est l’aboutissement d’un bras de fer larvé qui dure depuis des semaines et qui aujourd’hui est révélé par cette sortie de l’Etat tchadien qui en a marre du jeu trouble du Cameroun dans ces dossiers.

Eco Matin

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