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Pourquoi le mandat d’amener de Ngoh Ngoh est désormais classé

Des sources suffisamment bien introduites indiquent que des instructions allant dans ce sens ont été données par le président de la République, au cours d’une séance de travail tenue lundi dernier, avec Ferdinand Ngoh Ngoh, le ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République. Le Garde des sceaux se serait immédiatement exécuté.

Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est un véritable coup qui vient d’être asséné à ces gourous et leurs courtisans ringards et perfides qui veulent à tout prix voir tomber la tête de Ferdinand Ngoh Ngoh, le ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République, dans l’affaire Covidgate.

En effet, au cours d’une séance de travail tenue pendant plus d’une heure avec son ministre d’Etat secrétaire général à la présidence de la République (Sgpr), le président de la République a instruit que le mandat d’amener émis à l’encontre de Ferdinand Ngoh Ngoh soit désormais classé. C’est du moins ce qu’apprend votre journal.

Selon des sources entrecroisées, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux aurait été sommé d’arrêter cette mascarade et se serait immédiatement exécuté en le faisant savoir aux services qu’il avait imprudemment sollicités. En effet, ainsi que votre journal l’avait fait savoir, le décret de répartition des 180 milliards par le Premier ministre ne mentionnait nulle part le ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République.

Votre journal ainsi que l’opinion s’étaient étonnés de cet acharnement contre le Sgpr pendant que les responsables des malversations, pourtant nommément identifiés dans le rapport de la chambre des comptes, bénéficiaient de la curieuse mansuétude du Tribunal criminel spécial (Tes). L’on se souvient de cette tentative d’évasion de Mohamadou Dabo, l’un des principaux acteurs du Covidgate par le commissaire divisionnaire Oko Petis, chef de la division des enquêtes du corps spécialisé du Tcs.

C’est lui en effet qui adresse, le 8 avril 2022, un message-porté au Sed, au directeur de la police des frontières, au chef Ben Interpol et aux commissaires des aéroports internationaux de Yaoundé, de Douala et de Garoua en ces termes :

« Agissant en exécution instructions haute hiérarchie. Stop. Relative affaire gestion des fonds affectés lutte contre coronavirus. Stop. Détournement biens publics. Stop. Honneur vous demander. Stop. Bien vouloir lever temporairement. Stop. Pour cause d’évacuation sanitaire sur une période de 03 mois à compter de ce jour. Stop. Mesure interdiction sortie territoire national. Stop. Prise par mon message N°0000860/Tcs/Pg/Cso pj/De/S du 25/06/2021. Stop. Encontre nommé Mohamadou Dabo. Stop. Né vers 1959 à Hainare. Stop. De Abdou et de Zeinabou. Stop. Consul honoraire de la Corée du Sud. Stop. Domicilié à Bastos Yaoundé. Stop. Cni N°20190018039310113. Stop. En cas quelconque difficulté rencontrée dans exécution présent message. Stop. Aviser d’urgence division enquêtes corps spécialisé officiers police judiciaire à Yaoundé. Stop. (…) ».

Voilà comment ce commissaire divisionnaire tente d’exfiltrer le principal suspect du Covidgate. Malheureusement, au petit matin du mercredi 27 avril 2022, Mohamadou Dabo se verra notifier à l’aéroport international de Nsimalen, son interdiction de quitter le territoire national et son passeport lui sera immédiatement retiré, séance tenante.

Parce que, informé par les services spécialisés de la République, comme nous l’indiquions dans l’édition N°670 de votre journal, le président Paul Biya, en personne, aura ainsi su éventrer à temps réel le complot ourdi ainsi par le procureur général près le Tes sous la férule de Laurent Esso, ministre d’Etat, ministre de la Justice Garde des Sceaux. Selon nos sources, Mohamadou Dabo avait déjà pris des dispositions pour aller s’installer au Niger via le Togo.

Par ailleurs, à propos de la séance travail tenu hier au palais de l’Unité entre le chef de l’Etat et le ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République, la question sécuritaire sur toute l’étendue du territoire, et surtout l’organisation de la commémoration du 40ème anniversaire de l’accession du président camerounais à la magistrature suprême, auraient été abordé.

Et à ce sujet justement, apprend-on, il est prévu dans les tout prochains jours, la tenue d’une réunion stratégique entre le ministre de l’Administration territoriale (Minât), Paul Atanga Nji, et les gouverneurs de régions. Nos sources vont ajouter qu’au cours de la séance de travail entre le chef d’Etat et Ferdinand Ngoh Ngoh, instruction a été donnée de poursuivre sereinement les différentes enquêtes concernant la gestion calamiteuse des chapitres 94 du Minepat et 65 du Minfi.

Un cinglant désaveu pour ces apprentis sorciers qui, aujourd’hui, cachent mal leur inextinguible soif de s’accaparer du fauteuil d’Etoudi par des manoeuvres obliques. Quitte à effacer tout sur leur passage. Point n’est d’ailleurs besoin aujourd’hui de verser dans l’art de la divination pour imaginer où se trouve la culasse d’où partent tous ces feux d’artifice, avec à la manoeuvre des francs-tireurs et autres snipers et flagelleurs publics qui excellent davantage dans l’art de la désinformation sur les réseaux sociaux, devenus leur véritable exutoire.

Si ces crapauds ont aujourd’hui tombé le masque, leurs croassements, bien que d’une vacuité évidente, méritent plus d’un haussement d’épaule. Le florilège de contrevérités sur Ferdinand Ngoh Ngoh ayant permis de mettre en évidence la mauvaise foi chronique traînée en bandoulière par ces émirats de bras cassés qui ont juré allégeance à leurs gourous quelles que soient les circonstances.

Que n’a-t-on pas d’ailleurs entendu à ce sujet ? En effet, depuis quelques jours, le nom de Ferdinand Ngoh Ngoh ne cesse d’alimenter les débats dans certains salons huppés et autres buvettes de passage. Ainsi, entre sa convocation au Tribunal criminel spécial (Tes), et rémission d’un mandat d’amener à son encontre, c’est chacun qui y va désormais de sa petite anecdote.

Enquêtes

Pourtant la vérité est implacable à savoir que Ferdinand Ngoh Ngoh n’est en rien concerné par les enquêtes diligentées par les fins limiers du Tes. Ce qui, pour de nombreux observateurs, justifie à plusieurs égards, son comportement face aux sollicitations de cette juridiction. Et comment cela peut d’ailleurs en être autrement ?

Pour lever toute équivoque, de nombreux observateurs conseillent de parfaitement scruter la correspondance à l’origine de l’enquête diligentée au sein du Tes. Celle adressée par le Sgpr le 6 avril 2021 au ministre d’Etat, ministre de la justice Garde des Sceaux, avec pour objet : « audit des fonds affectés à fa iutte contre le co- ronavirus ».

Ferdinand Ngoh Ngoh précise en effet : « En vous faisant tenir ci-joint thermocopie du rapport de fa Chambre des comptes de la Cour Suprême, relatif à l’objet repris en marge, j’ai l’honneur l’honneur de vous répercuter les hautes directives du chef de l’Etat, prescrivant l’ouverture d’une enquête judiciaire contre les auteurs, coauteurs et complices des cas de malversations financières y relatives. »

En des termes clairs, le chef d’Etat lui-même délimite le champ d’application des enquêtes, et surtout les personnes indexées : « auteurs, coauteurs et complices » du Covidgate. Alors question : En quelle qualité Ferdinand Ngoh Ngoh a- t-il alors été convoqué au Tcs ? Serait-il auteur, coauteur ou encore complice dans le scandale Covidgate ? Difficile à dire. Surtout quand on sait c’est Ferdinand Ngoh Ngoh qui a pris le gouvernail dans la cadre de la Task Force, bien après le déclenchement du scandale Covidgate.

En réalité, Ferdinand Ngoh Ngoh se présente plutôt comme le sapeur-pompier venu éteindre les flammes qui embrasaient déjà les fonds affectés à la lutte contre le coronavirus. Ces 180 milliards de Fcfa logés dans le Compte d’affectation spécial (Cas) se trouvant au sein du Trésor public et repartis au sein de 24 administrations sectorielles par le Premier ministre, Joseph Dion Ngute. C’est d’ailleurs la gestion de ces fonds qui a fait l’objet d’un rapport d’étape de la Chambre des comptes, qui a relevé des dysfonctionnements à l’origine de l’enquête du Tcs.

Prévaricateurs

C’est pour cela que, comme le relève le rapport de la Chambre des comptes, le quasi- monopole des marchés spéciaux est accordé à l’entreprise « Mediline Medical Cameroon SA » pour la livraison des tests de dépistage, pour un montant de 24,5 milliards de Fcfa. Ainsi qu’à une autre société dénommée « Moda Holding Hong Kong », actionnaire de « Mediline Medical Cameroon SA » qui facture à l’Etat 1400 000 tests de dépistage à 17 500 Fcfa, le prix du test à l’unité.

Selon le même rapport de la Chambre des comptes sur un certain Diaby, acteur du Covidgate ; très proche de Mohamadou Dabo, on découvre que deux marchés spéciaux attribués à deux entreprises différentes de son frère ont été payés sur un même compte de l’une de ces entreprises. Ce qui, estiment certains analystes pointilleux, est très grave en termes de procédure.

Deux personnes morales différentes ne sauraient avoir le même compte. Maintenant que l’arbitre suprême a remis la balle au centre et a instruit d’arrêter avec les diversions, on ose espérer que les véritables prévaricateurs des fonds Covid vont enfin rendre des comptes, ainsi que ceux des lignes 65 et 94.

La Nouvelle

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