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Péril foncier à Douala : Ivaha Diboua et sa coterie défient la Cour suprême

Voici comment l’Etat du Cameroun, à travers le ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, a mordu la poussière dans un litige foncier où le gouverneur du Littoral et une bande de prévaricateurs ont tenté de faire main basse sur une parcelle de terrain à Douala. Fort heureusement, la Justice Camerounaise a dit le droit, rien que le doit.

Il faut remonter jusqu’en 1998 pour comprendre tout ce qui se passe aujourd’hui au lieu-dit Yassa, en rapport à l’acquisition d’un lot d’une superficie de 4,5 hectares. En effet, le sieur Gabriel Kondo Ebelle a acquis régulièrement cet espace après une transaction en bonne et due forme avec la famille Manga; légitime propriétaire de la parcelle aujourd’hui querellée.

Quelle ne fut pas la surprise de l’acquéreur lorsqu’il va découvrir non sans stupéfaction, en 2017 que le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (Mindcaf), va annuler son titre foncier au profit d’une bande de 39 personnes clairement identifiées.

Parmi les nouveaux acquéreurs, se trouvent en bonne place des noms bien connus, le gouverneur de la région du Littoral, Dieudonné Ivaha Diboua, le fils gouverneur du Centre, Bea Bea Wanta, Essoga Raymond, l’honorable Thomas Tobbo Eyoum (ex délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala), sénateur et élite du Wouri), le président du Conseil d’administration de l’Anor, Mohamadou Bayero Fadil (par ailleurs sénateur suppléant, et membre du Comité central du Rdpc), sans oublier un certain Georges Arnaud Kemayo (avec un titre foncier n°7639/WB muté au profit de Kemayo Georges Arnaud Bloc 03 lot I p2 sup . 500m2 Cep 3676M/W3 du 20.09.2021 NE 72 05/2021).

Le gouverneur du Littoral quant à lui s’en sort avec une superficie de 1000 m2 (bloc, lot Cep 55 IM/W3 du 10.01.2019, NE 017/019 le 10.01.2019).

Voilà comment sans se soucier du sort des légitimes propriétaires, Dieudonné Ivaha Diboua, a décidé de s’écarter de ses missions de facilitateur. Dans le Wouri, l’on ne se cache plus pour soutenir que depuis qu’il a été porté à la tête de la région, le malaise des populations du département est plus que jamais grandissant.

Face à ces têtes couronnées de la République, Gabriel Kondo Ebelle doit s’estimer heureux aujourd’hui, même si la mafia continue de défier la Justice. En remontant le temps, il convient de relever que les procédures judiciaires successives ont donné raison à ce Sawa, si l’on s’en tient au jugement rendu le 6 octobre 2021 par la Chambre administrative de la Cour suprême, dans l’affaire qui l’opposait à l’Etat du Cameroun (Mindcaf).

Sous anonymat, des avocats approchés confient que la bande du gouverneur ne va pas s’avouer vaincue. Elle va entreprendre un hold- up sur ce terrain qui en principe ne fait plus l’objet d’un contentieux au sens juridique. Nombreux sont ceux qui, dans le Wouri soutiennent aujourd’hui que Gabriel Kondo Ebelle reste l’unique vestige de la grande classe des hommes d’affaires qui jadis ont rythmé la vie de Douala, après les disparitions des Soppo Priso, Kondo Samuel, etc.

D’après des informations collectées à bonne source, l’affaire Kondo Ebelle s’apparente fort bien à celle de Dikolo qui continue de tenir en haleine l’opinion nationale et internationale. Comme ces familles traumatisées, frustrées, sans abris qui attendent que justice soit faite avec l’intervention du Chef de l’Etat. N’eut été la ténacité de sieur Kondo Ebelle Gabriel, la messe serait longtemps dite.

La volonté gouvernementale bafouée

Dans tous les discours officiels, tous les Camerounais sont libres de s’installer partout où ils le désirent, sous réserve des considérations liées à l’ordre public ou aux bonnes moeurs.Le préambule de la Constitution camerounaise, dont la valeur juridique n’est plus contestée, va dans le même sens, c’est-à-dire, la liberté reconnue à chacun de s’installer n’importe où, de manière à se sentir chez soi partout sur l’ensemble du territoire national.

Mais le hold-up foncier est condamnable, surtout lorsqu’il vient des autorités administratives censées prêcher par l’exemple. Le cas du gouverneur du Littoral, Dieudonné Ivaha Diboua, est flagrant. Il y a lieu de relever que depuis l’indépendance du pays en I960, tous les gouvernements qui se sont succédés ont concentré leurs efforts autour de la question de l’unité nationale, et la question foncière n’en a pas échappé.

La volonté gouvernementale dans la recherche de la paix et de l’unité, tranche avec l’attitude des autorités préfectorales qui ont seulement à cœur de se faire des lopins de terre, à tout prix et à tous les prix, au lieu de protéger les droits fonciers.

L’exemple de Dikolo est vécu comme une menace à la cohésion d’un groupe autochtone. Parmi les antagonistes dans l’affaire Kondo Ebelle Gabriel, il y en a qui entretiennent avec ce dernier, d’excellentes relations en apparence. Dans les soupes populaires à Douala, il se murmure que le cas de ThomasTobbo Eyoum est triste et révélateur de la rivalité sourde entre deux frères Sawa.

Selon des sources concordantes, l’ancien délégué du gouvernement de la Communauté urbaine de Douala est celui-là même qui a poignardé son frère Sawa dans le dos. Il avait, apprend-on, pourtant pris une part active lors de la cérémonie au cours de laquelle les notabilités du Canton Bakoko ont cautionné la transaction d’acquisition de cette parcelle de terrain par M. Kondo Ebelle. Mais aujourd’hui, il se retrouve parmi les acquéreurs.

L’Indépendant

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