MTN Cameroun se retrouve une fois de plus au cœur d’une vague d’indignation après que des centaines d’utilisateurs ont exprimé leur mécontentement sur les réseaux sociaux, accusant l’opérateur de débiter leur crédit de communication et leurs comptes de mobile money sans leur fournir les données internet payées.
Ces accusations, qui se sont intensifiées au cours de la semaine écoulée, surviennent alors que les Camerounais sont déjà confrontés à une mauvaise qualité de réseau, à des coupures internet fréquentes et à des tarifs de données parmi les plus élevés d’Afrique centrale.
De Douala à Bamenda, des clients furieux ont inondé Facebook, Twitter et WhatsApp de captures d’écran et de témoignages illustrant des achats de données non effectués. Nombre d’entre eux affirment avoir été débités immédiatement après leur inscription, mais n’avoir jamais reçu le forfait de données payé.
Certains rapportent que leurs tentatives répétées de contacter le service client sont restées vaines, les agents invoquant des « problèmes techniques » ou conseillant aux clients de se rendre dans les agences MTN pour obtenir de l’aide.
Cette frustration est d’autant plus grande que l’accès à internet au Cameroun est déjà peu fiable et coûteux. Des rapports récents d’organismes de surveillance de la connectivité tels que NetBlocks et le projet CADE ont confirmé des ralentissements et des coupures généralisées dans plusieurs régions du pays, notamment lors de périodes politiquement sensibles. Les critiques accusent désormais les opérateurs télécoms, en particulier MTN, d’exploiter leurs clients tout en ne fournissant pas les services de base.
MTN Cameroun, qui revendique plus de 12 millions d’abonnés, n’a pas publié de déclaration publique claire face à la vague croissante de plaintes. Sur son site web, l’entreprise affirme que les utilisateurs ne sont facturés qu’après l’activation réussie de leur forfait et que le crédit d’appel ne devrait pas être déduit automatiquement une fois le forfait de données épuisé. Cependant, cette politique officielle semble contredire la réalité vécue par des milliers d’utilisateurs qui ont perdu leur argent sans aucun recours ni remboursement.
Cette controverse est symptomatique d’une crise plus profonde du secteur des télécommunications au Cameroun, où les opérateurs jouissent d’un pouvoir quasi monopolistique, les infrastructures se dégradent et le contrôle réglementaire reste insuffisant. Le réseau national de fibre optique, contrôlé en grande partie par l’entreprise publique Camtel, continue de subir des pannes fréquentes, aggravant la connectivité à l’échelle nationale.
Pour de nombreux Camerounais, l’indignation actuelle porte moins sur les infrastructures que sur la responsabilité. « C’est du vol pur et simple », a écrit un utilisateur sur X, reprenant un sentiment partagé par beaucoup. « Nous payons plus cher chaque jour, et MTN continue de nous soutirer de l’argent sans nous fournir de données. Ils nous volent au grand jour. »
Face à la colère grandissante de l’opinion publique, la pression s’accentue sur MTN pour qu’elle rembourse les clients concernés et explique la disparition des forfaits de données. Sans action rapide ni transparence, l’entreprise risque de perdre le peu de confiance qui lui reste auprès de consommateurs déjà exaspérés par un service médiocre et des prix en constante augmentation.
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